Assemblée annuelle des actionnaires - CGI veut prospecter de nouveaux marchés

Numéro un de Groupe CGI depuis 30 ans, Serge Godin a annoncé hier aux actionnaires l'abandon de certaines de ses responsabilités. Il aura ainsi plus de temps pour prospecter les marchés, trouver de nouveaux clients et acquérir des entreprises du secteur des services en technologies de l'information et de gestion des processus d'affaires. Les États-Unis sont dans sa mire pour une acquisition.

M. Godin abandonne donc le poste de président du conseil et chef de la direction du groupe informatique CGI pour devenir le président exécutif du conseil. Dorénavant les cadres supérieurs relèveront de Michael E. Roach qui passe de président et chef de l'exploitation à président et chef de la direction.

À l'issue de l'assemblée annuelle, M. Godin a averti qu'il ne fallait pas voir dans son repositionnement une sortie en douce vers la retraite, mais plutôt la volonté de profiter de l'évolution rapide du marché des technologies de l'information. «Je n'ai jamais vu un marché aussi effervescent. On estime qu'au Canada, en Europe de l'Ouest et aux États-Unis [les trois marchés de CGI], le marché inexploité de l'impartition représente plusieurs billions de dollars», a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse. D'où sa décision de se consacrer à des activités stratégiques.

«Je souhaite renforcer nos relations d'affaires avec nos clients établis et favoriser les relations nécessaires afin de conclure de nouveaux grands contrats d'impartition ainsi que des acquisitions qui créent de la valeur», a-t-il expliqué.

«Il y a de grandes occasions qui sont en train de se présenter en Europe et on veut positionner l'entreprise pour aller chercher de grands dossiers», a-t-il commenté. En fait, il ambitionne de doubler la taille de l'entreprise d'ici trois à cinq ans. On y compte présentement 25 000 personnes, dont près de 1000 en Inde.

«On se veut encore plus présent dans nos trois marchés [Canada, États-Unis et Europe de l'Ouest]», a-t-il avancé. La décision d'intensifier les activités dans une région du monde ou une autre découle finalement des besoins des clients internationaux de CGI.

«Sur les 100 plus grands clients de CGI, 62 ont à la fois des opérations informatiques en Amérique du Nord et en Europe et, de ce même groupe, 30 font des affaires en Asie-Pacifique. Il faut suivre nos clients en technologies de l'information», a indiqué M. Godin.

«Il faudrait s'attendre à ce que CGI augmente sa masse critique en Europe et aux États-Unis», a-t-il ajouté. À ce dernier endroit, CGI détient de nombreux contrats avec les gouvernements et les organismes gouvernementaux, mais entend développer le secteur commercial. Une acquisition fait partie des plans. Comme les contrats d'impartition sont de plus en plus importants, M. Godin prévoit que plusieurs joueurs de petite taille ou de taille intermédiaire ne pourront faire autrement que se joindre aux plus gros, dont CGI.

Les profits augmentent

Au premier trimestre 2006 terminé le 31 décembre, Groupe CGI a vu ses profits augmenter alors que ses revenus diminuaient. Au cours de la période, le bénéfice net de l'entreprise a atteint 56,9 millions, ou 13 ¢ par action, comparativement à 53,3 millions, ou 12 ¢ par action, un an auparavant. Les revenus de CGI sont pour leur part passés de 929,1 millions au premier trimestre 2005 à 898,5 millions au premier trimestre de l'exercice en cours.

Les mouvements des taux de change ont eu une incidence négative de 18,5 millions, ou de 2 %, comparativement au premier trimestre de l'exercice antérieur. Il reste qu'au cours des quatre dernières années, CGI a augmenté ses revenus et ses profits d'un peu plus de 25 %.

CGI signera cette semaine un contrat avec la compagnie d'assurances Royal & SunAlliance pour des services en technologies de l'information (TI) d'une durée de sept ans, évalué à 90 millions.