Le Devoir

Les plateformes environnementales décortiquées

Stade olympique de Montréal

Les plateformes environnementales décortiquées

16 septembre 2021

À peine quelques semaines après d’importants feux de forêt et des records de chaleur à travers le pays, l’environnement a occupé une place plus importante que jamais dans les programmes électoraux des partis. Le Devoir a effectué une analyse lexicale de leurs plateformes afin de chiffrer le poids qu’ils ont accordé à l’environnement.

Longueur des plateformes

Cette année, tous les partis ont une section portant sur les enjeux environnementaux dans leur plateforme. Mais quelle place prend celle-ci dans l’ensemble de leur programme?

Autres sections
Section sur l'environnement

Comme on pouvait s’y attendre à cause de sa mission, le Parti vert du Canada (PVC) est celui qui a accordé le plus d’espace aux questions environnementales dans sa plateforme. En effet, plus de 30 % du document de 121 pages est uniquement consacré à l’environnement.

À l’opposé, le Bloc québécois figure au dernier rang, avec seulement 8 % de sa plateforme consacrée à la lutte contre les changements climatiques et à la transition écologique. Rappelons qu’il s’agit également du parti qui a présenté la plateforme la plus courte — elle fait seulement 30 pages.

Si le Parti conservateur du Canada (PCC) a publié la plus longue plateforme, il consacre toutefois une faible proportion de celle-ci aux défis environnementaux (10 %). Sur les plus de 61 000 mots de son plan, on en compte 6325 dans la section consacrée à ce thème.

Pour leur part, les libéraux ont utilisé près de 10 400 mots dans leur chapitre sur l’environnement, soit 18 % de leur plateforme. Chez les néodémocrates, c’est 13 % de leur plateforme qui a été consacrée aux questions environnementales, soit un peu plus que celle des conservateurs.

Palmarès des mots les plus utilisés par tous les partis politiques
Carbone
Émission
Changement
1.
2.
3.
4.
5.
PLC
PVC
PCC
NPD
BQ

Thèmes collectifs

Bien que les partis n’aient pas tous abordé les mêmes thèmes environnementaux, quelques-uns ont trouvé une résonance dans l’ensemble des formations. La campagne électorale, déclenchée quelques jours après le rapport alarmant du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), aura certainement ramené la question des émissions de gaz à effet de serre à l’avant-plan.

En effet, les termes « carbone » et « émission » sont, parmi les mots liés au thème de l’environnement, les plus répandus dans chaque plateforme. Dans l’ensemble, ils ont respectivement été mentionnés 173 et 150 fois. Les mots « gouvernement » (145) et « changement » (118) figurent aussi parmi les plus récurrents.

Le Parti libéral du Canada (PLC) et le Nouveau Parti démocratique (NPD) ont davantage fait mention de la carboneutralité, tandis que le Bloc a plutôt mis l’accent sur les changements climatiques. La réduction des émissions a été mentionnée par les conservateurs et les verts.

Thèmes spécifiques

Les partis ont également mis en avant des enjeux singuliers dans leur programme. Par exemple, le Parti libéral utilise 43 fois le terme « dollar » dans son chapitre sur l’environnement. Le parti de Justin Trudeau a effectivement énuméré plusieurs investissements financiers effectués au cours de ses derniers mandats, et annoncé des engagements s’il est réélu.

Pour leur part, les néodémocrates ont mis l’accent sur le concept de communauté, mot que l’on compte à 26 reprises dans leur programme environnemental. Le NPD y souligne entre autres les effets des changements climatiques et de la pollution sur les communautés autochtones et d’autres communautés marginalisées.

Le PVC soulève de façon particulière les défis liés aux systèmes agricoles et aux systèmes alimentaires. Le parti y consacre notamment un chapitre entier. Le secteur des transports est aussi dans sa ligne de mire, ce terme apparaissant 40 fois dans sa plateforme.

Dans leur plateforme comme dans les discours de leur chef, les conservateurs reprennent fréquemment le mot « plan ». Le PCC a ciblé plusieurs mesures liées aux émissions de carbone, soit les deux mots les plus utilisés dans sa plateforme environnementale.

Sans surprise, le Québec est couramment nommé dans la plateforme du Bloc québécois, qui aborde particulièrement les changements climatiques, mais aussi les énergies propres et vertes.

Plastique, climat et océans

Les déchets plastiques, le réchauffement climatique et la protection des océans sont trois sujets majeurs soulignés par les groupes environnementaux. Quel parti en a le plus traité dans son programme?

En ce qui concerne le plastique, les libéraux s’y sont attaqués, s’engageant à éliminer ces déchets d’ici 2030. On retrouve ce terme 29 fois dans leur plateforme, soit un peu plus que dans celle des conservateurs, qui ont aussi misé sur cette question. Les conservateurs s’engagent à en interdire l’exportation vers d’autres pays.

La question du climat a largement été soulevée par le PVC, qui en fait mention 74 fois dans sa plateforme. Le parti, qui évoque souvent l’urgence climatique, propose de baisser les émissions de GES de 60 % d’ici 2030, soit une cible encore plus ambitieuse que celle proposée par le GIEC.

Qui a le plus parlé de la protection des océans? Comme pour la lutte contre le plastique, le Parti libéral s’est penché sur ce sujet dans sa plateforme. Contrairement aux autres partis, celui de Justin Trudeau propose notamment des mesures pour favoriser la protection des espèces marines et l’adaptation des écosystèmes aux répercussions des changements climatiques.