Taux de chômage

La tendance à la baisse du taux de chômage observée après le soubresaut de la crise financière de 2008 s’est entamée sous le gouvernement Harper et s’est poursuivie sous celui de Trudeau. Elle a été interrompue net par la pandémie de COVID-19, en 2020.

La crise sanitaire a perturbé fortement le marché de l’emploi, mais de manière très inégale. Par exemple, les jeunes de moins de 30 ans ont été beaucoup plus nombreux à se retrouver sans emploi que les travailleurs plus âgés. Les jeunes étaient proportionnellement plus nombreux à demander des prestations, comme la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

L’emploi est toutefois en train de croître au fil des assouplissements sanitaires au pays, pour revenir tranquillement vers les taux prépandémiques.

Note: La donnée inscrite pour 2021 est la valeur du seul mois de juin 2021. Le taux de chômage annualisé pour 2021 devrait différer.

Source: Statistique Canada. Tableau 14-10-0020-01 Taux de chômage, taux d'activité et taux d'emploi selon le niveau de scolarité atteint, données annuelles. Le Quotidien, Statistiques Canada, juin 2021.

Immigration économique et familiale

En 2017, le gouvernement de Justin Trudeau a annoncé qu’il augmenterait graduellement les seuils d’immigration. Ces seuils étaient restés plutôt stables auparavant. Le fédéral avait essentiellement pour plan d’augmenter chaque année, jusqu’en 2020, le nombre d’immigrants accueillis au Canada dans la catégorie de l’« immigration économique », soit les travailleurs qualifiés.

Le plan a été perturbé par la pandémie de COVID-19. Comme ailleurs dans le monde, le Canada a connu une diminution brutale du flot d’immigrants.Pour la suite, le gouvernement fédéral entend procéder à un rattrapage et augmenter de 50 000 le nombre d’immigrants acceptés au Canada pour cette année et les deux suivantes, soit jusqu’en 2023. Aux fins de comparaison, Le Devoir a mis les réfugiés et immigration pour motifs d’ordre humanitaire dans une catégorie séparée.

Source: Citoyenneté et Immigration Canada. Rapport annuel au Parlement sur l’immigration.

Réfugiés et immigration pour motifs d’ordre humanitaire, et autres

L’accueil de réfugiés et de personnes vulnérables a été un sujet délicat dans le monde au cours de la dernière décennie. Le premier ministre Justin Trudeau a promis en 2015 d’accueillir 25 000 réfugiés syriens, ce qui se reflète dans les chiffres de 2016. En janvier 2017, le premier ministre a répliqué aux restrictions imposées par le président Donald Trump aux voyageurs de certains pays musulmans en écrivant sur Twitter : « À ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera indépendamment de votre foi. La diversité fait notre force. » Le Canada devient en 2018 le pays qui a accueilli le plus grand nombre de réfugiés sélectionnés à l’étranger par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), soit 28 100 personnes. De ce nombre, 5850 ont été accueillis au Québec, soit 21 %. La pandémie de COVID-19 entraîne une baisse de l’accueil pour 2020.

Les chiffres présentés ne tiennent compte que des personnes qui ont obtenu leur résidence permanente, ce qui peut prendre des années. Les statistiques excluent aussi les personnes sans statut au Canada, dont le nombre a explosé ces dernières années, notamment à la suite du passage de migrants par le chemin Roxham, au Québec.

Source: Citoyenneté et Immigration Canada. Rapport annuel au Parlement sur l’immigration.

Émission de GES (en mégatonnes d’équivalent en dioxyde de carbone)

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada sont restées très stables pendant toute la période du gouvernement Harper et celle du gouvernement Trudeau, à l’exception d’une légère baisse en 2020 et 2021 (anticipée) due au ralentissement économique provoqué par la pandémie. Un rebond des émissions est toutefois prévu à l’échelle mondiale. Faute d’avoir réalisé des progrès importants depuis 2015, le gouvernement Trudeau s’est engagé à réduire les GES du pays de 40 à 45 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 2005.

Note: Les données pour les années 2020 et 2021 sont des estimations, hormis la contribution comptable du secteur de l’affectation des terres, du changement de l’affectation des terres.

Source: Environnement et Changements climatique Canada.

Déficits (en milliards de dollars)

Les déficits budgétaires à Ottawa ont varié au gré de la santé de l’économie. Peut en témoigner le déficit historique (à l’époque) de 55,6 milliards en 2009-2010 sous le gouvernement Harper, conséquence directe de la crise financière de l’année précédente. Déjà critiqué pour son manque de plan pour un retour à l’équilibre budgétaire, le gouvernement Trudeau a vu la pandémie de COVID-19 faire exploser tous les records de déficits fédéraux. Pour l’année 2020-2021, les dépenses d’Ottawa ont dépassé de 354,2 milliards ses revenus. Le budget de 2021 prévoit un second déficit pandémique de 154,7 milliards cette année, soit approximativement le coût du maintien de différents programmes de relance, comme la subvention salariale d’urgence et la prestation canadienne de relance économique ainsi qu’une trentaine de milliards pour un programme de garderies pancanadien. Le solde budgétaire devrait s’améliorer chaque année, suivant la reprise économique du pays, pour atteindre un déficit d’une trentaine de milliards de dollars pour 2025-2026, se rapprochant de la situation d’avant la pandémie.

Note: Les données pour les années 2006-07, 2007-08 et 2014-15 execèdent la valeur indiquée. Les données pour les années 2021-22 et 2022-23 sont des prévisions.

Source: Finances Canada et Budget 2021.

Ratio dette/PIB

Les déficits accumulés du Canada représentent la dette nationale. Aux fins de comparaison, on apprécie la taille de la dette par son poids par rapport à l’ensemble de l’économie, calculé selon le produit intérieur brut (PIB). Le ratio dette/PIB a été plutôt stable durant une décennie, à environ 32 %, la croissance de la dette étant équivalente à celle de l’économie. Tout cela a changé en 2019-2020, lorsque le gouvernement Trudeau a dépensé l’équivalent de 19,6 % du PIB canadien pour faire face à la pandémie de COVID-19. Le ratio de la dette va continuer de se détériorer cette année, pour atteindre 51 % du PIB. Malgré ce saut très important, le Canada sera, toute proportion gardée, beaucoup moins endetté que le Royaume-Uni (98,1 % de son PIB en 2020) ou les États-Unis (106,8 %).

Note: La donnée pour l'année 2021-22 est une prévision.

Source: Finances Canada et Budget 2021.

Budget de la Défense nationale (en millions de dollars)

Le budget militaire augmente considérablement depuis 2017, sous les libéraux de Justin Trudeau, après cinq ans de compressions amorcées sous Stephen Harper. Le projet du gouvernement libéral est de bonifier de 70 % les fonds alloués à la Défense nationale en 10 ans.

Le Canada se classait en 2017 au 7e et dernier rang des pays du G7 en matière de dépenses militaires, y consacrant 1 % de son PIB. Selon le plan, le Canada devrait débourser, en 2026, 32,6 milliards pour son armée, ou 1,4 % du PIB du pays. C’est encore moins que les 2 % suggérés par l’alliance des pays de l’OTAN. Par comparaison, les États-Unis dépensent plus de 700 milliards par an pour leur armée, la mieux financée du monde.

Source: Défense nationale Canada.

Aide internationale (en millions de dollars)

Les montants consacrés à l’aide internationale ont connu une hausse constante depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Trudeau, pour atteindre un record de 6,6 milliards de dollars en 2019-2020. Ce montant a été principalement versé sous forme d’aide au développement et d’aide humanitaire internationale. L’Afrique est le continent qui bénéficie le plus de l’aide canadienne (2,5 G$), suivie de l’Asie (1,3 G$), des Amériques (856 M$) et du Moyen-Orient (682 M$). Parmi les pays, l’Afghanistan trône au sommet du classement des bénéficiaires de l’aide canadienne, suivi de l’Éthiopie, du Bangladesh et de la République démocratique du Congo. Les données pour 2021 ne sont pas encore publiées, mais le gouvernement Trudeau a promis de verser 400 millions supplémentaires pour le développement et l’aide humanitaire pour lutter contre la COVID-19.

Source: Rapport statistique sur l’aide international 2012-2013 à 2019-2020; Statistical report on international assistance 2008 à 2020;

Transferts aux provinces (en millions de dollars)

Une partie de l’argent de vos impôts fédéraux retourne dans les coffres des provinces sous forme de transferts, qui ont augmenté d’une manière constante peu importe la couleur du gouvernement. Cela comprend les paiements de péréquation, les transferts pour programmes sociaux et surtout les transferts en matière de santé. Ce dernier type de transfert était jusqu’en 2017 bonifié chaque année de 6 %, en vertu d’une entente avec les provinces.

Le gouvernement Trudeau en a modifié les termes pour n’augmenter les transferts en santé que de 3 %, en plus d’une enveloppe de ​​11,5 milliards de dollars devant être partagée sur 10 ans. Depuis, les gouvernements des provinces réclament le retour des hausses de 6 %, plus 28 milliards supplémentaires pour couvrir les coûts de la pandémie de COVID-19. Cela leur a été refusé, par crainte d’une décote du Canada.

Pour sa part, l’Alberta a annoncé la tenue d’un référendum sur l’élimination de la péréquation, qui est du ressort du fédéral. La province n’en bénéficie pas, puisque trop riche. Ce référendum est prévu pour octobre 2021.

Source: Tableaux de transferts historiques: 1980 au présent. Principaux transferts aux provinces et aux territoires.

Aides à l’industrie du pétrole et du gaz (par l’entremise d’Exportation et Développement Canada, en millions de dollars)

Le bilan des années Trudeau montre une légère augmentation des coups de pouce donnés à l’industrie du pétrole et du gaz par rapport aux années Harper. Bien que le gouvernement fédéral promette la fin des subventions aux combustibles fossiles depuis 2009, il n’a pas diminué son aide à ces compagnies polluantes par l’intermédiaire de son agence Exportation et Développement Canada (EDC) depuis 15 ans, et ce, peu importe sa couleur.

Ces données ne tiennent pas compte des montants investis dans le projet de pipeline Trans Mountain depuis 2018, qui se chiffrent à au moins 7,75 milliards de dollars et qui sont inscrits dans une autre catégorie comptable. Des experts et des groupes de pression considèrent que le gouvernement Trudeau a échoué à tenir sa promesse de 2015 d’éliminer l’aide financière publique aux combustibles fossiles. Une part inconnue des aides d’EDC peut être qualifiée de subvention. La société d’État promet depuis 2021 de devenir carboneutre pour 2050.

Source: EDC, données supplémentaires fournies à la demande du Devoir.

Taux de pauvreté des enfants

Il y a beaucoup moins d’enfants pauvres au Canada depuis l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, en 2015. La tendance à la baisse était par contre déjà observable sous le gouvernement précédent. Selon une étude de Statistiques Canada, 566 000 enfants vivaient sous le seuil de la pauvreté au Canada en 2018, comparativement à un million en 2012.

Le gouvernement Trudeau s’attribue le crédit de ce progrès social. En remplaçant en 2016 une panoplie de plus petites prestations par l’Allocation canadienne pour enfants (ACE), il calcule avoir mis plus d’argent dans les poches de 9 familles canadiennes sur 10.

Même s’il est clair que la pauvreté recule au Canada, la manière de la calculer a changé en 2020, pour mettre à jour la mesure du panier de consommation. Selon ce nouveau calcul, le taux de pauvreté des enfants se situait à 9,7 % en 2020. Le Devoir s’est basé sur l’ancienne définition aux fins de comparaison, mais la tendance sera la même.

Note: Statistique Canada est tenu de réviser régulièrement la MPC afin qu’elle reflète le prix courant d’un panier de biens et de services correspondant à un niveau de vie de base modeste au Canada. La MPC de la base de 2018 correspond à la plus récente révision (voir Rapport du deuxième examen approfondi de la mesure fondée sur un panier de consommation pour plus d’information). Comme la comparabilité historique est importante selon la description ci-dessous, il est acceptable d’utiliser la base de 2008 pour couvrir une plus longue période. Les niveaux de la base de 2018 sont plus élevés, mais la tendance sera la même.

Source: Statistique Canada, tableau 11-10-0135-01 Statistiques du faible revenu selon l'âge, le sexe et le type de familles.