Le Devoir

Zoom sur 8 États pour comprendre l'élection présidentielle américaine

Zoom sur 8 États pour comprendre l’élection présidentielle américaine

4 novembre 2020

Bien que le dépouillement des voix ne soit pas complété dans tous les États, voici un décryptage de l’élection présidentielle américaine.

Au lendemain d’une élection présidentielle serrée, l’issue du vote n’était toujours pas connue dans au moins quatre États américains. Joe Biden pourrait toutefois remporter de justesse la course à la Maison-Blanche que l’on sait d’ores et déjà contestée par son adversaire, Donald Trump.

Arizona

Joe Biden a réussi une percée majeure en parvenant à s’imposer en Arizona : cet État du Sud des États-Unis est aux mains des républicains depuis près de 70 ans, à l’exception d’un intermède démocrate en 1996 avec Bill Clinton à la présidence. Joe Biden semble avoir gagné la faveur du comté multiethnique de Maricopa, à forte présence d’Américains d’origine hispanique, qu’il avait pourtant du mal à courtiser.

« Peut-être même qu’à l’avenir, l’Arizona va devenir pourpre et non plus seulement rouge », croit Frédérick Gagnon, titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand et directeur de l’Observatoire sur les États-Unis.

Texas

La quasi-victoire de Beto O’Rourke contre le républicain Ted Cruz, aux élections sénatoriales d’il y a deux ans, avait donné espoir aux démocrates de pouvoir mettre la main sur le Texas. En vain. Dans cet État remporté encore une fois par les républicains, pratiquement rien n’a changé par rapport à il y a quatre ans.

« Quand on regarde dans le détail les comtés qui ont été remportés, j’ai l’impression que c’est la même carte électorale qu’en 2016!  » constate Frédérick Gagnon, de la Chaire Raoul-Dandurand.

Floride

Les démocrates ont eu du mal à faire le plein de votes dans l’État de la Floride. Non seulement Joe Biden ne l’a pas gagné, mais la marge avec laquelle son adversaire l’a emporté est beaucoup plus importante que lors de l’élection de 2016. Encore une fois, dans le « Sunshine State », le vote latino-américain (plus diversifié qu'on ne peut le croire) convoité par les démocrates n’a pas été au rendez-vous.

Géorgie

Dans une fin de course extrêmement serrée et au moment où 97 % des votes ont été dépouillés mercredi, Donald Trump possède une légère avance avec 50 % des voix. Joe Biden le talonne avec 48,8 % des suffrages dans ce château fort républicain. Que l’État échappe au président sortant ou non, le candidat démocrate aura néanmoins réussi à récolter l’appui d’une très forte majorité d’Afro-Américains, qui représentent 30 % des 10 millions d’habitants.

Pennsylvanie

État « tortue » par excellence, la Pennsylvanie fait partie de ces États dont les résultats mettent du temps à sortir, parce qu'il accepte les votes envoyés par la poste le jour de l’élection et qui sont donc reçus quelques jours plus tard. Au moment d'écrire ces lignes, mercredi en fin de journée, les républicains (51,5 %) avaient une légère avance sur les démocrates (47,3 %), en pleine remontée. Le vote par anticipation, qui est plutôt prodémocrate, est compté à la fin et pourrait renverser la tendance. Le suspense pourrait durer jusqu’à vendredi.

Michigan

Dans cet État démocrate depuis 25 ans, une incartade trumpienne en 2016 avait semé le doute, mais Joe Biden a réussi à le lui reprendre. Avec 98 % des votes dépouillés, la marge de sa victoire est faible — environ 50 000 voix —, mais elle est plus importante que celle de Donald Trump il y a quatre ans, lorsqu’il a gagné par à peine 10 704 votes. Selon les analystes, le candidat démocrate doit sa victoire au taux de participation très élevé dans la ville de Detroit, où Hillary Clinton avait échoué à convaincre les Afro-Américains de voter.

Wyoming

Rouge à 70 %. Il n’y a pas plus gros château fort pour les républicains que l’État du Wyoming, qui ne change pas d’allégeance depuis une quarantaine d’années. Cet État rural à faible densité (et le moins peuplé des États-Unis) est fait de grands espaces semés de quelques petites villes, où l'on prêche la liberté de faire ce qu’on veut, y compris de porter une arme, rappelle Frédérick Gagnon, titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand.

Washington D.C.

Bleu à 93%. Washington D.C. est un bastion démocrate, et le mot est faible. Si la capitale des États-Unis a plébiscité Joe Biden par une écrasante majorité, c’est qu’elle concentre les élites socioéconomiques, les intellectuels et des gens hautement scolarisés, et qu’elle compte une importante population afro-américaine qui vote démocrate. Bien qu’il ne fasse élire personne au Sénat ou à la Chambre des représentants, le District de Columbia joue pourtant un rôle dans l’élection présidentielle.