D’où proviennent les émissions de gaz à effet de serre au Canada ?

D’où proviennent les émissions de gaz à effet de serre au Canada ?

26 septembre 2019

En cette semaine d’action pour le climat et en pleine campagne électorale au Canada, les partis politiques rivalisent de promesses pour satisfaire l’appétit des électeurs soucieux des changements climatiques. Subventions à l’industrie des énergies fossiles, voitures électriques, transport en commun, changements dans le secteur agricole, sait-on vraiment à quels grands producteurs de gaz à effet de serre il faut s’attaquer d’abord ?

716 mégatonnes

Au Canada, les émissions de gaz à effet de serre sont comptabilisées en mégatonnes d’équivalent en dioxyde de carbone (Mt). Pour les calculer, 7 gaz à effet de serre émis par l’activité humaine sont pris en compte : le dioxyde de carbone, le méthane, l’oxyde nitreux, l’hexafluorure de soufre, les perfluorocarbures, les hydrofluorocarbures et le trifluorure d’azote.

En 2017, dernière année pour laquelle nous avons accès aux données complètes, le Canada avait produit 716 mégatonnes. C’est un peu plus que l’année précédente, lors de laquelle 708 Mt avaient été rejetées dans l’atmosphère canadienne, moins toutefois que le pic de 744 tonnes atteint en 2007.

Les émissions sont divisées en 7 catégories distinctes. Le secteur de l’exploitation pétrolière et gazière domine largement le bilan national avec 195 Mt, suivi du transport. Ces deux secteurs produisent plus de la moitié des émissions totales du Canada.

Au pays du pétrole

Les émissions produites par le secteur de l’exploitation pétrolière et gazière ont pratiquement doublé depuis 1990. Le total de 2017 est d’ailleurs le plus élevé jamais comptabilisé depuis que les émissions de gaz à effet de serre sont suivies par le gouvernement du Canada.

Les 174 Mt produites par le secteur de transport représentent un bilan plutôt stable comparativement aux 5 dernières années. Le transport de marchandises par camion est l’activité la plus émettrice, mais une fois la voiture, le camion léger et les transports collectifs additionnés, on calcule que le transport de passagers a engendré près de 94 Mt en 2017.

Les émissions de l’industrie du bâtiment se chiffrent à 85 Mt, une quantité qui est restée plutôt stable depuis 1990.

L’amélioration du bilan dans le secteur de l’électricité explique en partie la baisse observée dans le bilan national, les émissions de cette industrie ayant reculé presque tous les ans depuis 2011, et de 21 % au total depuis 1990.

L’industrie lourde, qui comprend certains secteurs d’activité connus comme étant très polluants, le ciment et les pâtes et papiers par exemple, a produit 73 Mt en 2017, un léger recul par rapport à l’année précédente.

L’agriculture a un bilan équivalant à celui de l’industrie lourde et de l’électricité, avec 72 Mt en 2017. La production est restée très stable depuis 1990.

La catégorie « déchets et autres », qui regroupe notamment l’industrie manufacturière légère, fait sonner la balance à 42 Mt, en queue de peloton.