La Chambre des communes sous la loupe

La Chambre des communes sous la loupe

11 septembre 2019

La 42e législature a pris fin le 11 septembre. Les électeurs sont conviés aux urnes le 21 octobre prochain afin d'élire les 338 députés qui siégeront à la Chambre des communes. Avant de faire place à la 43e législature, «Le Devoir» vous propose de revisiter la composition de la Chambre à sa dissolution.

Bien que les 338 sièges soient répartis sur l'ensemble du territoire canadien, chaque province envoie un nombre distinct de députés à Ottawa. L'attribution de ces sièges est calculée selon le poids démographique des provinces et des territoires. Ainsi, une province de huit millions d'habitants aura plus de députés au Parlement qu'une autre comptant quatre millions d'habitants. Tour d'horizon de cette répartition.

L'Ontario, la plus populeuse province du pays (14,4 millions d'habitants), fera élire 121 députés.

En deuxième position, avec 8,5 millions d'habitants, le Québec est représenté par 78 élus.

Dans l'Ouest, la Colombie-Britannique et ses cinq millions d'habitants enverront 42 représentants à Ottawa.

L'Alberta (34), la Saskatchewan (14) et le Manitoba (14) possèdent à eux trois 62 sièges à la Chambre.

Dans l'Est, les Maritimes sont découpées en 32 circonscriptions réparties entre la Nouvelle-Écosse (11), le Nouveau-Brunswick (10), Terre-Neuve-et-Labrador (7) et l'Île-du-Prince-Édouard (4).

Au nord, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut sont chacun représentés par un député au Parlement.

La carte électorale de 2019, composée de 338 circonscriptions, est identique à celle de 2015. Un redécoupage électoral en fonction des changements démographiques est prévu tous les 10 ans. Le dernier a eu lieu entre 2012 et 2013.

Structure des Communes

Regard, parti par parti, sur la composition de la Chambre avant sa dissolution.

Parti libéral du Canada

À la dissolution du Parlement, le parti mené par Justin Trudeau constituait un gouvernement majoritaire avec 177 sièges répartis dans dix provinces et deux territoires.

Forts de 40 députés au Québec, les libéraux y étaient la principale force politique.

Dans les Maritimes, le parti détenait la quasi-totalité des sièges (31 sur 32).

Parti conservateur du Canada

Avec 95 sièges, la troupe d'Andrew Scheer formait l'opposition officielle.

Historiquement très forts dans les Prairies, les conservateurs étaient le premier parti, en matière de représentation, en Alberta et en Saskatchewan.

Au Québec, les conservateurs étaient la troisième force politique avec 11 députés, derrière les libéraux et les néo-démocrates.

Nouveau Parti démocratique

De leur côté, les néodémocrates, menés par Jagmeet Singh, totalisaient 39 sièges avant la dissolution du Parlement.

Le parti était principalement présent au Québec, avec 14 députés, et en Colombie-Britannique, avec 12 députés.

Bloc québécois

Le Bloc québécois a terminé la 42e législature comme il l'avait commencée, soit avec 10 sièges. Cela a toutefois failli ne pas être le cas.

Rappelons qu'en 2018, le parti a souffert d'une crise interne. La cause: des dissidences entre des députés et la cheffe de l'époque, Martine Ouellet. Sept députés avaient alors claqué la porte. Tous avaient réintégré le caucus bloquiste à la dissolution du Parlement.

Le parti indépendantiste est aujourd'hui dirigé par Yves-François Blanchet.

Parti vert du Canada

Pendant huit ans, la cheffe et députée Elizabeth May a été l'unique représentante des verts aux Communes. Puis, en mai 2019, à la suite d'une élection partielle, un second vert a rejoint le Parlement.

Ainsi, Paul Manly et sa cheffe étaient les deux députés verts à siéger au Parlement à sa dissolution.

Parti populaire du Canada

Nouvellement fondé, le Parti populaire détenait un seul siège, soit celui de Maxime Bernier. Le député de la Beauce avait initialement été élu sous la bannière conservatrice lors de l'élection de 2015, mais il a quitté ce parti en août 2018 pour cause de différends idéologiques.

Indépendants

Huit députés siégeaient à titre d'indépendants. Aucun d'eux n'avait toutefois été élu à ce titre. Certains ont claqué la porte de leur parti, alors que d'autres se sont vu montrer la porte.

Du lot, Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, deux noms bien connus en raison du scandale SNC-Lavalin, chercheront à se faire élire à titre de députées indépendantes.

Vacants

Cinq sièges étaient vacants au moment de la dissolution du Parlement. De ce nombre, deux appartenaient aux conservateurs Deepak Obhrai et Mark Warawa, décédés durant l'été.

Des ministres du Pacifique à l'Atlantique

Le Conseil des ministres de Justin Trudeau, composé de 17 femmes et de 18 hommes, rassemblait au moins un député de chaque province.

Si 6 des 10 provinces étaient représentées au Conseil des ministres par un seul élu, l'Ontario et le Québec en comptaient respectivement 14 et 9.

Qui étaient-ils ?

Portrait des parlementaires sortants en quelques indicateurs.

Les femmes... en minorité

Sur les 333 députés qui siégeaient à la dissolution du Parlement, seulement 91 étaient des femmes.

Ainsi, les femmes ne comptaient que pour 27,3 % des parlementaires, loin du plancher de la zone paritaire établi à 40 %.

Le portrait des provinces dresse un bilan comparable en matière de représentation des femmes. Aucune province n'atteignait le plancher de la zone paritaire. Celle qui s'en approchait le plus était la Saskatchewan, avec 5 femmes sur 14 élus (35,7 %).

L'Ontario arrivait en seconde position avec 41 femmes sur 121 élus (33,8 %).

De son côté, le Québec se classait cinquième sur dix, avec le même taux de représentation des femmes qu'à l'échelle nationale, soit 27,3 %. Elles étaient 21 parmi les 77 élus.

Élus d'origine autochtone

Selon le dernier recensement de Statistique Canada paru en 2016, 1,6 million de Canadiens sont d'origine autochtone. Ils représentent 4,9 % de la population.

Aux Communes, 11 députés d'origine autochtone siégeaient à la dissolution du Parlement sur les 333 sièges occupés. Ils comptaient pour 3,3 % des élus.

Trois d'entre eux ont déjà annoncé qu'ils ne chercheraient pas à se faire réélire.

Des millénariaux aux Communes

À la dissolution du Parlement, on dénombrait 28 élus de moins de 35 ans. Tous étaient âgés d'au moins 28 ans.

Qui était le benjamin du Parlement ? Nul autre que le néodémocrate Pierre-Luc Dusseault, député de Sherbrooke. Ce dernier a été élu pour la première fois en 2011 à l'âge de 19 ans et 11 mois, devenant ainsi le plus jeune député de l'histoire du pays.

Nouveaux visages

D'ici le 21 octobre, tous les députés sortants feront des pieds et des mains pour se faire réélire. Tous ? Non ! Une quarantaine d'entre eux ont déjà annoncé publiquement leur intention de ne pas se représenter.

Le NPD est le parti qui, proportionnellement au nombre d'élus, essuie les pertes les plus importantes. En effet, 10 élus néodémocrates, dont 5 au Québec, ont mis fin à leur carrière politique avant le déclenchement de la campagne électorale. Cela représente un quart du caucus. À noter que ces données ne tiennent pas compte des députés ayant quitté le parti avant la dissolution de la Chambre.

Chez les libéraux, 15 députés, dont 3 au Québec, ne chercheront pas à se faire réélire. La situation est semblable chez les conservateurs, où 12 élus ne se représenteront pas. Bien que supérieures en nombre, ces pertes représentent 8,4 % du caucus libéral et 12,6 % du caucus conservateur.