Portrait des pannes de métro

Avez-vous déjà eu à subir une panne du métro ? Avez-vous entendu ce fameux message où on nous annonce que « le service devrait reprendre vers... ». Le Devoir a fait une analyse des pannes de plus de 5 minutes survenues dans le métro entre janvier 2015 et mars 2019 en se basant sur des données provenant de la STM.

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La géométrie du métro est bien connue des utilisateurs des transports en commun montréalais.
Les stations en gris sont celles qui se trouvent aux intersections des lignes du métro. Si on les nomme dans le sens antihoraire, on obtient : Berri-UQAM (lignes verte, orange et jaune), Jean-Talon (lignes orange et bleue), Snowdon (lignes orange et bleue) et Lionel-Groulx (lignes orange et verte).
Quelles stations connaissent les plus longues pannes ?
En respectant la disposition des stations, nous utilisons un dégradé du rouge (50 minutes de retard) au noir (aucun retard) pour illustrer la durée moyenne des pannes à chaque station. Les pannes les plus longues en moyenne ont été observées aux stations Mont-Royal et Jolicoeur.
Le nombre de pannes pour chaque station est représenté par le rayon du cercle. Nous remarquons que la ligne bleue est celle qui rencontre le moins de problèmes. Étonnamment, la grande majorité des pannes se produisent en fin de ligne.
En isolant les arrêts de service causés par les usagers de ceux émanant de problèmes techniques, on remarque que les pannes de fin de ligne ont pour source des causes externes.
En revanche, toutes les lignes du centre-ville de Montréal ont des pannes dues aux utilisateurs du métro. C'est sur la ligne orange, entre les stations Berri-UQAM et Henri-Bourassa, que l'on observe le plus d'arrêts dus aux usagers.
Il est aussi intéressant d'observer la durée des pannes par année. Nous pouvons constater une tendance à la baisse des délais des arrêts de service depuis 2015 par la diminution de l'intensité du rouge à travers les années.
En revanche, il ne semble pas y avoir de stations particulièrement problématiques.
La représentation des arrêts de service par ligne au fil des années nous indique que les pannes sur la ligne orange sont en grande diminution depuis la livraison des trains Azur. Sur les lignes bleue, verte et jaune, le nombre d'arrêts de service a augmenté.
Les pannes au quotidien
Les arrêts de service du métro se produisent davantage aux heures de pointe, c'est-à-dire autour de 7 h le matin et de 16 h l'après-midi.
Les deux périodes les plus intensives sont en début de semaine et en début de fin de semaine.
Les fins de semaine connaissent en général moins de pannes.
En croisant les données déjà mentionnées avec celles de l'achalandage de Google Popular Time sur toutes les stations du métro, on semble pouvoir établir un lien entre les deux mesures. Les tendances générales qui se dégagent de part et d'autre sont en effet similaires.
En découpant la tendance entre les arrêts de service dus aux usagers et ceux qui ne le sont pas, on observe qu'une majorité des pannes qui ont une cause externe se produisent avant 7 h du matin.
En ce qui concerne les pannes qui surviennent après 22 h, ce sont les usagers qui semblent en être la cause. Les pannes provoquées par les usagers surviennent plus souvent pendant les périodes de fort achalandage que celles causées par des causes externes.
Les codes du métro
La STM utilise 98 codes internes pour classifier les pannes. Par exemple, « non-fermeture de porte » est un code, qui représente un peu plus de 20 % des cas de panne.
En représentant chaque code par un cercle dans un graphique où l'axe horizontal indique le nombre total de pannes et l'axe vertical, la durée moyenne de celles-ci, on obtient un portrait positif, la plupart des codes étant soit peu fréquents, soit de courte durée.
En moyenne, une panne dure environ 11,4 minutes. En tout, il s'est produit 4303 pannes depuis 2015.
La « non-fermeture de porte » est le cas qui cause le plus souvent un arrêt de service. Il s'est produit 918 fois depuis 2015. Or, il n'occasionne que 5 minutes de retard en moyenne.
La « perte d'alimentation Hydro-Québec » est le cas de panne qui dure le plus longtemps, soit près de quatre heures en moyenne. Heureusement, depuis 2015, seulement 16 cas ont été rapportés.
La « tentative de mort violente » est le cas le plus troublant. On compte 89 cas depuis 2015. Ce cas est particulier, car il occasionne de longs retards, de 49 minutes en moyenne.
Les appels à la bombe sont peu fréquents, mais ils causent des arrêts de service de presque 2 heures. Les malaises d'usagers sont fréquents, mais ils entraînent des arrêts de seulement 5 minutes. Les cas de personnes se trouvant sur les rails sont problématiques, car ils sont nombreux et provoquent de longs arrêts de service.
Codes pour désigner les causes
Les codes de la STM pour désigner les causes de pannes sont extrêmement nombreux, mais peuvent se résumer en huit catégories: usagers, opérateur, signalisation, coupure d'urgence, logiciel, infrastructure et environnement.
Les pannes dont la cause est le logiciel entraînent en moyenne les plus longs arrêts de service. Elles sont cependant peu fréquentes.
Le deuxième code le plus souvent évoqué est celui qui concerne les opérateurs de métro. L'arrêt de service moyen qu'il entraîne est de 6 minutes, ce qui n'est pas très long.
Le code qui concerne les pannes provoquées par les usagers du métro est le plus fréquent. Ces pannes entraînent des arrêts de service de 8 minutes, ce qui est beaucoup pour une cause aussi fréquente.

Infographies réalisées en collaboration avec le groupe jData de Polytechnique Montréal