Gouvernement du Québec
Cabinet de la première ministre


NOTES DE DISCOURS DE LA PREMIÈRE MINISTRE DU QUÉBEC
MADAME PAULINE MAROIS



À L’OCCASION DE L’OUVERTURE
DE LA 40e LÉGISLATURE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE


«UN QUÉBEC POUR TOUS»


QUÉBEC, le mercredi 31 octobre 2012


La version prononcée fait foi.


Monsieur le Président,

Permettez-moi de vous souhaiter, d’entrée de jeu, beaucoup de succès dans vos fonctions fort importantes pour le bon déroulement de nos travaux. À cet effet, vous pourrez compter sur mon entière collaboration et sur celle de toute l’équipe gouvernementale.

Je profite de cette occasion pour féliciter chacune et chacun des députés pour leur élection. J’ai une pensée spéciale pour notre doyen, le vice-premier ministre, qui a été élu député d’Abitibi-Ouest pour une dixième fois consécutive : bravo!

Nous avons également parmi nous le plus jeune député élu de toute l’histoire de l’Assemblée nationale, mon adjoint parlementaire à la jeunesse, le député de Laval-des-Rapides.

Le Québec doit miser sur sa jeunesse, l’écouter, l’accompagner, lui ouvrir des portes. Nous devons également nous appuyer sur nos aînés, leur expérience et leur sagesse. L’élection de notre doyen et celle du plus jeune député de l’histoire ont pour nous valeur de symbole : celui d’une alliance entre les générations.

Il y a là un signal fort : le gouvernement que je dirige sera ouvert, à l’écoute et misera sur ce qui rassemble tous les Québécois, de toutes les origines et de toutes les générations.

Nous allons gouverner pour tous.

J’en profite aussi pour saluer et féliciter le nouveau chef de l’opposition officielle, le député de Saint-Laurent, et toute son équipe.

Je salue également le chef du deuxième groupe d’opposition, le député de L’Assomption, de même que toute son équipe.

Enfin, je salue et félicite les deux élus de Québec solidaire, les députés de Mercier et de Gouin.

Nous voici donc réunis pour entamer les travaux de la 40e législature de l’Assemblée nationale. Nous avons en commun le privilège et la responsabilité de servir les Québécois. Le résultat des élections a produit un gouvernement minoritaire. Cela nous confère une responsabilité particulière. Au gouvernement aussi bien qu’à l’opposition, nous avons la responsabilité d’agir en fonction de l’intérêt général.

De notre côté, nous allons présenter le programme de notre gouvernement, mais soyez assurés que nous recevrons avec beaucoup d’ouverture les propositions constructives de l’opposition. Nous devons chercher, en toute occasion, les voies de passage qui nous permettront d’avancer, de bâtir un Québec plus intègre, plus prospère, plus solidaire et plus fier de son identité.

Nous partageons cette responsabilité collectivement et nous serons jugés selon notre capacité à nous entendre pour obtenir des résultats. Les Québécois comptent sur nous tous : agissons de façon responsable.

Un mandat pour remettre de l’ordre et bâtir un Québec pour tous

Monsieur le Président, par votre entremise, je vais m’adresser directement aux Québécois qui nous écoutent aujourd’hui.

Dans les dernières années, j’ai parcouru le Québec de long en large et je suis allée vous rencontrer partout où vous étiez. Vous m’avez dit votre déception, votre désarroi et votre sentiment d’impuissance devant le grand désordre qui semblait régner au sommet de l’État.

Les événements du printemps dernier ont mis en relief les limites d’une certaine façon de gouverner. Le manque d’écoute, la politique de division et le sentiment que l’État n’était plus au service de tous les Québécois.

Puis, aux dernières élections, vous avez choisi le changement dans une large majorité. Nous avons entendu tout cela. La mission que le nouveau gouvernement se donne pour la durée de ce mandat consiste donc à remette de l’ordre et à bâtir un Québec pour tous.

Comme j’ai eu l’occasion de le mentionner, le nouveau gouvernement s’appuie sur quatre piliers : l’intégrité, la prospérité, la solidarité et l’identité.

En cohérence avec ces quatre piliers, l’action gouvernementale va se déployer selon quatre priorités claires :

Briser la corruption;
Mettre de l’ordre dans nos finances et accélérer la croissance économique pour tous;
Rétablir la solidarité;
Promouvoir notre identité et défendre nos intérêts.

Voilà notre tâche. Voilà comment nous allons remettre l’État au service de tous les Québécois!

Dans le monde, les États les plus performants sont ceux qui peuvent compter sur une fonction publique solide et intègre. Pour appliquer notre programme ambitieux, nous avons justement la chance de pouvoir nous appuyer sur une fonction publique forte et dévouée à l’intérêt public.

Briser la corruption

L’intégrité doit traverser l’ensemble de l’action gouvernementale. Avant toute chose, il nous faut briser la corruption. Ce fléau s’est installé dans la noirceur et le silence. Il fallait donc commencer par faire la lumière.

Avec des milliers de Québécois, nous nous sommes battus contre l’ancien gouvernement pour obtenir une commission d’enquête. Notre combat n’aura pas été vain : la commission Charbonneau a entrepris ses travaux, la loi du silence est rompue et la corruption recule déjà.

Nous allons suivre attentivement les travaux de la commission et accueillir ses recommandations avec beaucoup de sérieux. D’ici là, nous devons agir sans attendre.

Je m’engage aujourd’hui devant vous à mobiliser l’ensemble du gouvernement pour faire un grand nettoyage, de fond en comble, jusqu’au bout. Devant la corruption, à partir de maintenant, ce sera tolérance zéro!

Dès demain, le gouvernement déposera la loi 1 favorisant l’intégrité en matière de contrats publics.

Chaque année, des milliards de dollars sont alloués à de tels contrats. Le gouvernement se doit d’agir pour que les contribuables québécois aient l’assurance que leur argent ne soit pas détourné par des pratiques malhonnêtes. C’est ce que nous sommes déterminés à faire. Dorénavant, les entreprises qui voudront obtenir des contrats du gouvernement, des villes ou des organismes publics devront faire preuve de probité et d’intégrité. Avec cette loi, il n’y aura plus d’échappatoire.

Je demande à tous les élus, de tous les partis, de faire en sorte qu’elle soit adoptée avant les fêtes.

Les élus, mais aussi les partis politiques, doivent être exemplaires en matière d’intégrité. Le gouvernement déposera donc rapidement un projet de loi instituant le financement essentiellement public des partis politiques.

Je tends la main à tous les élus réunis : Mesdames, Messieurs, inspirons-nous de René Lévesque et sortons l’influence de l’argent de la politique une bonne fois pour toutes. Adoptons ce projet de loi avant l’ajournement de décembre.

Je dois dire ici que la très grande majorité des élus municipaux est parfaitement intègre et digne de notre confiance. Malheureusement, les quelques-uns d’entre eux qui manquent d’intégrité ternissent la réputation de tous les autres et provoquent la colère justifiée des citoyens.

La loi 1

Le gouvernement est donc à la recherche d’un moyen législatif permettant de faire en sorte que les élus municipaux mis en cause par la justice dans des affaires criminelles en lien avec leur charge soient relevés de leur fonction.

Mon gouvernement étudie aussi activement des façons d’assainir les pratiques de financement politique dans les municipalités.

Enfin, la loi 1 favorisera également l’intégrité dans l’octroi des contrats municipaux.

Dans le domaine des transports, bien des faits troublants ont été portés à notre attention au cours des années et nous allons agir là aussi. Le ministère des Transports se concentrera sur les fonctions de planification, de conception des orientations et des grandes politiques.

Un projet de loi sur la création d’une agence des transports sera déposé. Cette agence sera chargée des fonctions opérationnelles. Comprenons-nous bien : la création d’une agence vise à renforcer le savoir-faire de l’État dans ce domaine. Elle sera en mesure de recruter des ingénieurs d’expérience et donc de se doter du savoir-faire nécessaire au contrôle des travaux. Elle sera plus transparente et plus imputable.

Cette réforme nous permettra de gérer avec beaucoup plus de vigilance les fonds publics investis dans les transports.

Tous les paliers de gouvernement ont le devoir de contribuer à cette vaste entreprise de lutte contre la corruption.

C’est pourquoi je demande au gouvernement fédéral de collaborer pleinement à cette offensive dans tous les domaines où sa responsabilité sera en cause.

Élections à date fixe

L’intégrité, cela concerne aussi la démocratie. La date des élections doit être déterminée en fonction de l’intérêt public. C’est ainsi que le gouvernement déposera avant les fêtes un projet de loi instaurant des élections à date fixe. Nous souhaitons que ce projet de loi soit adopté à l’unanimité.

À notre arrivée au pouvoir, nous avons découvert que le portrait des finances publiques évoqué par le précédent gouvernement était loin de correspondre à la réalité. Ce manque de transparence mine la confiance de la population, nourrit le cynisme et nuit à la qualité du débat démocratique. Il faut y mettre fin.

En sachant d’avance la date des élections, nous serons en mesure de publier un mois avant leur déclenchement un portrait impartial des finances publiques.

Toujours en vue de renouveler notre système démocratique, mon gouvernement proposera de limiter la durée des mandats du premier ministre ou de la première ministre du Québec.

Nous discuterons également avec les élus municipaux et avec les partis d’opposition de la possibilité de limiter à trois les mandats des maires des villes de plus de 5000 habitants.

Je conclus sur l’intégrité en soulignant le fait que les Québécois forment un peuple foncièrement honnête. Je sais que la très grande majorité des élus politiques, des employés de l’État, des entrepreneurs et des citoyens du Québec est parfaitement intègre.

Voilà une raison supplémentaire de combattre de toutes nos forces les individus et les organisations qui ont terni notre réputation. Évidemment, aucune société n’est à l’abri de la criminalité. La corruption n’est pas un phénomène québécois. S’en prémunir est un combat sans fin, une exigence que nous devons sans cesse renouveler.

Après ce printemps qui nous aura tellement divisés, unissons-nous pour faire de l’automne 2012 un moment important de notre histoire. Faisons en sorte que notre indignation collective se transforme en action et que le Québec redevienne l’une des nations les plus intègres et transparentes du monde. Voilà ce que doit être notre aspiration.

Mettre de l’ordre dans nos finances et accélérer la croissance économique pour tous

Une maison en ordre, cela passe par des finances en ordre. C’est la condition première de cette prospérité durable qui constitue le deuxième pilier de notre gouvernement. Or, nous avons eu de mauvaises surprises au lendemain du 4 septembre.

D’abord, la gestion des grands projets d’infrastructures a été déficiente. En ouvrant les livres, nous nous sommes aperçus qu’une vingtaine de projets d'infrastructure prioritaires au Québec enregistrent à l'heure actuelle des dépassements de coûts de l'ordre de 80 %!

C’est complètement inacceptable. Nous allons resserrer les règles de gestion. Nous effectuons en ce moment un examen systématique des investissements effectués dans certains projets. Je l’ai déjà souligné : nous avons besoin d’entretenir nos infrastructures et d’en construire de nouvelles. Il faut cependant le faire correctement. L’examen auquel nous procédons permettra d’identifier précisément les problèmes actuels et de les corriger, ce qui nous permettra de contrôler les coûts, sans remettre en cause ni retarder les travaux et les projets en cours.

De même, en décidant de déclasser la centrale nucléaire de Gentilly-2, nous économiserons des milliards de dollars.

Ces mesures ne suffiront cependant pas à remettre nos finances en ordre, car l’ancien gouvernement n’a pas respecté le cadre budgétaire qu’il s’était lui-même fixé. Pour l’année financière en cours, l’effort de contrôle des dépenses est déjà bien engagé dans tous les ministères, qui sont en lien constant avec le Conseil du trésor. Ce travail se fait avec soin dans le but de ne pas affecter les services aux Québécois.

Pour les années à venir, l’écart entre les revenus et les dépenses s’élargit rapidement et deviendra insoutenable si nous n’agissons pas maintenant. Le gouvernement devra prendre d’autres décisions dans les prochaines semaines. Si nous tardons à agir, la situation ne fera que se détériorer et d’ici quelques années, nous serons dans l’obligation de faire des compressions douloureuses dans nos services publics.

Pour assurer une gestion responsable et prudente, j’ai demandé au ministre des Finances d’évaluer toutes les options qui s’offrent à nous.

Que ce soit une déclaration ministérielle, un énoncé budgétaire et, si nécessaire, la préparation d’un budget dès l’automne.

La rigueur constitue la seule voie possible si nous voulons protéger notre capacité collective d’agir. C’est la seule façon d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2014 et de réduire le ratio de notre dette sur le PIB. En remettant nos finances en ordre rapidement, nous pourrons envisager l’avenir avec beaucoup de confiance.

Notre gouvernement s’est donné le mandat d’accélérer la croissance et d’en faire bénéficier tous les Québécois. C’est une priorité pour nous. Je veux que le message soit clair, qu’il soit entendu avec force.

Nous voulons un développement moderne, durable, responsable et rassembleur. Un  développement économique juste et équitable, qui répond aux exigences du XXIe siècle et non à celles du profit à tout prix et à courte vue. Il n’est pas question de faire comme l’ancien gouvernement et de créer une croissance illusoire en augmentant les dépenses et la dette publiques.

Un Groupe d'action ministériel

Par conséquent, nous mettons donc en place immédiatement le Groupe d’action ministériel pour la mise en œuvre des projets d’investissement privé, que je présiderai.

Il sera composé du ministre des Finances et de l’Économie, de la ministre des Ressources naturelles, du ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, de la ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique, ainsi que des PDG d’Hydro-Québec et d’Investissement Québec.

Ce groupe d’action aura pour mandat de s’assurer que les projets d’investissement remplissent rapidement toutes les conditions définies par nos lois et nos règlements.

Pour jeter les bases d’une économie durable et solide, notre gouvernement agira donc sur trois fronts :

L’exploitation responsable de nos ressources naturelles;
La mise en place d’une stratégie économique qui mise sur les entrepreneurs et l’innovation;
Et la relance de nos exportations.

Exploiter les ressources naturelles

L’exploitation des ressources naturelles contribue à l’économie québécoise depuis très longtemps. Ces richesses immenses, nous devons les exploiter de façon responsable.

Au début des années 2000, le gouvernement du Parti Québécois avait conçu un plan de développement intégré du Nord. Ce développement est complexe, le territoire immense et la réalité nordique unique.

La coordination de l’ensemble de l’appareil gouvernemental est essentielle et pour en assurer la cohérence, j’annonce la création d’un secrétariat au développement nordique.

Le développement du Nord constitue un formidable potentiel de création de richesse pour tous. Nous avons l’intention de mettre en place un nouveau régime de redevances minières qui fera en sorte d’enrichir davantage les Québécois à qui appartiennent les ressources. Mon gouvernement veut également inciter les entreprises à transformer bien davantage chez nous ces ressources qui nous appartiennent.

Enfin, nous voulons nous assurer que les meilleures pratiques environnementales soient appliquées.

Tous ces changements se feront en consultation avec les nations autochtones, les populations nordiques et avec les entreprises. Cela permettra au Québec de s’inscrire parmi les nations qui ont pris le virage du développement durable, respectueux de l’environnement et des communautés. Il s’agit d’un réel plan de développement du Nord : Le Nord pour tous.

Parmi nos ressources naturelles, il y en a une qui demande une solide réflexion si nous voulons partir du bon pied. Je parle du potentiel pétrolier du Québec. Nous sommes déterminés à l’exploiter, mais à partir des pratiques les plus élevées en matière de protection de l’environnement, d’acceptabilité sociale. Quand nous produirons du pétrole, ce sera pour enrichir tous les Québécois, y compris les prochaines générations. Quand nous produirons du pétrole, ce sera pour enrichir tous les Québécois.

Et puis, il y a la forêt québécoise, ce joyau qui nous ravit et fait vivre des centaines de communautés. On parle d’une ressource renouvelable qui a un bel avenir devant elle, en autant qu’on décide de la mettre en valeur.

Nous finaliserons d’abord la mise en œuvre du nouveau régime forestier dont l’entrée en vigueur est prévue le 1er avril 2013.

Nous allons mieux planifier les travaux sylvicoles, de sorte qu’ils débutent à temps. Le gouvernement favorisera l’utilisation du bois en produits de valeur ajoutée.

Pour ce faire, nous adopterons rapidement une charte du bois qui engagera les différents partenaires à faire la promotion de l’utilisation de la ressource bois sous toutes ses formes.

Il serait temps, par exemple, de favoriser la construction d’édifices en bois de six étages comme ailleurs dans le monde. Nous demanderons à la Régie du bâtiment d’agir en conséquence en permettant la construction en bois de tels édifices. J’espère que le message est clair. Le gouvernement est déterminé à relancer l’industrie forestière.

Innovation et entrepreneuriat

Pour l’avenir, il faut mettre l’accent sur l’innovation et l’entrepreneuriat. Le gouvernement s’est fixé l’objectif d’augmenter les investissements publics et privés en recherche et développement à 3 % du PIB.

Pour y parvenir, le gouvernement prépare une politique nationale de la recherche et de l’innovation. Une politique qui suscitera l’adhésion de l’ensemble des composantes de la société : institutions d’enseignement, communauté scientifique, entreprises et citoyens. Cela doit devenir une préoccupation du gouvernement et de la société québécoise dans tous les domaines.

Nous devons également soutenir nos entrepreneurs, ceux qui investissent pour créer de la richesse et des emplois chez nous et pour exporter notre savoir-faire. Le gouvernement les aidera en déposant un projet de loi créant la Banque de développement économique du Québec.

Avec les centres locaux de développement comme partenaires privilégiés, la banque simplifiera l’octroi de l’aide financière aux entreprises dans chacune des régions, y compris à celles œuvrant dans le domaine de l’économie sociale.

Nous devons aussi nous projeter loin dans l’avenir et imaginer ce que sera l’économie du Québec en 2020 ou en 2030.

Dans les années 1990, les gouvernements du Parti Québécois ont mis une telle vision de l’avant. Elle nous profite encore aujourd’hui dans les domaines des sciences de la vie, du multimédia et des transports. C’est cette même vision qui nous guide au début de notre nouveau mandat.
C’est aussi le souvenir de René Lévesque et de Jean Lesage qui, il y a 50 ans cette année, nationalisaient l’électricité et créaient trois ans plus tard la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Transports et énergies propres

Mon gouvernement invitera tout le Québec à un nouveau chantier qui jettera les bases de l’économie québécoise du XXIe siècle en lançant une stratégie industrielle pour le développement des transports et des énergies propres.

Nous fabriquons déjà des autobus, des trains, des voitures de métro, des batteries pour véhicules électriques et plusieurs autres composantes. Nous sommes également en train d’investir de façon importante dans les transports collectifs : autobus, trains de banlieue, prolongation du métro de Montréal.

Le Québec regorge d’entreprises prometteuses dans les technologies de l’environnement et dispose de sources abondantes d’énergie propre pouvant se substituer au pétrole importé.

Réduisons nos importations de pétrole en les remplaçant par l’électricité et on va s’enrichir. Fabriquons, inventons des techniques pour électrifier nos transports, édifions un savoir-faire québécois que nous pourrons ensuite exporter partout dans le monde. Utilisons notre énergie propre pour attirer des investissements à valeur ajoutée.

Cette stratégie d’enrichissement nous permettra du même coup d’atteindre notre objectif de réduction de 25 % de nos émissions de gaz à effet de serre. La protection de l’environnement n’est pas un obstacle au développement économique. Au XXIe siècle, c’est un facteur d’enrichissement pour tous.

Pour nous donner une perspective à long terme, nous entamerons des consultations et des analyses pour établir une politique d’indépendance énergétique.

Le troisième front sur lequel nous voulons agir sera celui du commerce. L’économie québécoise est plombée par un déficit commercial de 22 milliards de dollars par année. Près de la moitié s’explique par la croissance des importations de pétrole brut. Ainsi, entre 2002 et 2011, la facture de nos importations internationales de produits pétroliers a augmenté de 10 milliards de dollars.

Le réflexe de certains consisterait à nous fermer sur nous-mêmes, à freiner le commerce. Nous ferons exactement le contraire.

En France, j’ai invité les dirigeants d’entreprises européennes à investir au Québec, soulignant que nous étions la porte d’entrée idéale pour tout le marché nord-américain.

Dès le début de son mandat, le gouvernement a confirmé son appui au libre-échange et participe au bon déroulement des négociations de l’Entente Canada-Union européenne. Grâce à cette entente, nous avons la possibilité d’avoir un meilleur accès à un marché de 500 millions de personnes. Nous travaillons aussi sur un plan de développement du commerce extérieur.

Bref, nous voulons attirer les investissements internationaux et nous déployer sur les marchés étrangers en relançant nos exportations.

Des secteurs importants de notre économie seront mis à contribution pour relancer la croissance. Le secteur agricole fournit des dizaines de milliers d’emplois dans toutes les régions du Québec. On l’oublie trop souvent, mais le secteur agroalimentaire est le plus important employeur manufacturier du Québec.

Mon gouvernement entend donner un nouveau souffle à l’agriculture et en particulier à l’agriculture familiale au Québec. Nous allons soutenir les producteurs en portant une attention particulière à la relève. Tandis que la souveraineté alimentaire sera au cœur de notre politique. Elle nous permettra de créer des emplois, de soutenir nos entreprises et de mettre toujours plus de produits de chez nous dans notre assiette.

Le gouvernement misera également sur le tourisme, une industrie qui permet d’attirer des capitaux précieux dans notre économie, en déployant un plan de développement ambitieux.

Et puis, il est un secteur souvent sous-estimé qui pourtant contribue fortement à notre prospérité et c’est l’économie sociale. Nous croyons en l'économie sociale et notre gouvernement entend donc déposer une loi-cadre pour la reconnaître, la promouvoir et la développer.

Exploiter nos ressources naturelles de façon respectueuse; relancer les investissements privés; miser sur l’esprit d’entreprise et sur l’innovation pour jeter les bases de l’économie de l’avenir; et rééquilibrer notre balance commerciale en relançant nos exportations. Nous avons tous les atouts pour faire du Québec un des endroits les plus prospères des Amériques. Une prospérité fondée sur le développement durable; une prospérité mise au service de tous.

A suivre: Suite du discours inaugural Pauline Marois

(les intertitres sont du Devoir)