Exode féminin à l'Assemblée nationale: 22 élues quittent la vie politique

QUÉBEC - Les hommes restent, les femmes partent.

Simple coïncidence ou signe d’un malaise profond qu’éprouvent les femmes en politique, ce sont elles qui, dans la grande majorité des cas, ont choisi de dire adieu au Salon bleu, en renonçant à se porter candidates aux prochaines élections. Souvent après un seul mandat.

Si on fait une analyse comparative entre élus féminins et masculins, on constate que le nombre de femmes qui s’apprêtent à quitter la vie politique paraît disproportionné, surtout dans le caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ).

L’Assemblée nationale compte 125 députés. Plus du quart d’entre eux s'apprête à tirer sa révérence. Au total, 34 (27 %) élus ont annoncé qu’ils mettaient un terme à leur carrière politique, au terme du présent mandat. De ce nombre, on compte pas moins de 22 femmes.

C’est donc dire que parmi ces nouveaux retraités de la politique, on trouve 64,7 % de femmes et 35,3 % d’hommes. Elles sont donc associées à près des deux tiers des départs, alors qu’elles occupent moins de la moitié des sièges (44 %) du parlement.

Bien sûr, chacune a son histoire et ses raisons, souvent très personnelles, pour choisir le moment du départ, mais il est difficile d’imaginer que cet exode des élues n’a rien à voir avec l’adaptation souvent pénible de plusieurs d’entre elles à la joute politique, partisane et parlementaire, aux jeux de coulisses, aux rivalités parfois cruelles. Certaines n'arrivent jamais à trouver leurs marques, et partent, déçues ou brisées, tout en s'efforçant d'afficher le sourire de celles qui se montrent capables d'encaisser.

Neuf élues caquistes quittent

C’est le parti au pouvoir, la CAQ de François Legault, qui remporte la palme de la plus grande disproportion hommes-femmes: trois départs sur quatre visent une femme.

Au total, 12 élus caquistes sur 76 ont signifié leur décision de ne pas solliciter un autre mandat, soit trois hommes et neuf femmes (75 %), dont trois ministres (Marguerite Blais, Danielle McCann et Nadine Girault) et deux ex-ministres exclues du cabinet (MarieChantal Chassé et Marie-Eve Proulx).

Les quatre autres élues caquistes qui cèdent leur place sont Suzanne Dansereau, Émilie Foster, Claire Isabelle et Lise Lavallée.

De l'ensemble du caucus caquiste féminin, 31 % des députées quittent, contre seulement 6 % du caucus masculin.

C'est sans compter Claire Samson, élue sous la bannière de la CAQ et passée depuis dans le camp du Parti conservateur d'Éric Duhaime. Elle aussi a annoncé qu’elle ne serait pas candidate cette fois.

PLQ: huit sur 13

La situation n’est guère plus rose du côté du Parti libéral du Québec (PLQ), dont le caucus est paritaire. Le PLQ a vu la moitié de ses députés (13 sur 27) annoncer son retrait de la vie politique, en majorité des femmes.

Parmi les 13, on compte cinq hommes et huit femmes (61 %). La plupart étaient très expérimentées, mais une d’entre elles, Paule Robitaille, n’aura fait qu’un seul mandat.

Les autres sont Francine Charbonneau, Hélène David, Nicole Ménard, Christine St-Pierre, Monique Sauvé, Lise Thériault et Kathleen Weil.

On pourrait ajouter le nom de la députée indépendante Marie Montpetit, ex-ministre dans le cabinet Couillard, élue en 2014 et réélue en 2018 sous la bannière libérale.

PQ et QS

Sur un total de sept députés, le Parti québécois a perdu deux hommes et deux femmes, Lorraine Richard et Véronique Hivon.

Québec solidaire compte 10 députés, un caucus composé à moitié de femmes. Une seule a choisi de quitter, Catherine Dorion.

Départs masculins

Chez les hommes, les députés qu’on ne reverra plus au Salon bleu sont, dans les rangs de la CAQ, François Paradis, Marc Picard et Denis Tardif, chez les libéraux, Pierre Arcand, Gaétan Barrette, David Birnbaum, Carlos Leitao et Jean Rousselle, au PQ, Sylvain Gaudreault et Martin Ouellet, auxquels il faut ajouter les indépendants ex-péquistes Harold Lebel et Sylvain Roy.

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