Le SPVM arrête un suspect en lien avec le meurtre de l'adolescente Meriem Boundaoui

MONTRÉAL - Un premier pas a été franchi dans le dossier du meurtre de l'adolescente Meriem Boundaoui, tuée à l'âge de 15 ans en février 2021 dans l'arrondissement de Saint-Léonard. Un premier suspect a été arrêté, lundi, mais l'enquête du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ne fait que commencer.

Salim Touaibi, âgé de 26 ans, a été accusé au palais de justice de Montréal en lien avec le meurtre de l'adolescente. Celle-ci s'était retrouvée au milieu d'une fusillade pendant qu'elle était assise sur le siège passager d'une voiture stationnée.

Le suspect était déjà détenu dans un centre provincial depuis le mois de mars en lien avec une autre affaire de violence et de possession d’arme à feu. Il a comparu brièvement lundi après-midi et sera de retour en cour le 22 juillet pour faire face à des chefs d'accusation de meurtre au premier degré, en plus de quatre tentatives de meurtre.

Bien que satisfaisante pour les enquêteurs, qui travaillent sur ce dossier depuis plus de 16 mois, cette arrestation ne représente pas un aboutissement pour le SPVM, puisque le suspect n'a pas agi seul.

«Ce que je peux vous confirmer, c'est qu'on sait que le suspect arrêté n'était pas seul et qu'il a participé directement. C'est pourquoi il a été accusé de meurtre au premier degré», a indiqué en conférence de presse le commandant du SPVM Salvatore Serrao — en insistant sur le mot «directement».

Afin de ne pas nuire à la suite de l'enquête qui est toujours en cours, le commandant Serrao s'est fait avare de commentaires sur les détails qui ont mené à l'arrestation du suspect.

Pas question pour lui de confirmer que Salim Touaibi est celui qui a ouvert le feu sur l'adolescente, ni si le véhicule qu'ont utilisé les assaillants a été retrouvé.

Au mauvais endroit au mauvais moment

Le meurtre de Meriem Boundaoui était survenu vers 18h sur la rue Valdombre, non loin de la rue Jean-Talon, dans l'arrondissement de Saint-Léonard le dimanche 7 février 2021.

Elle se trouvait à bord d'une voiture stationnée en compagnie d'un jeune homme, qui discutait avec des gens en bordure de la rue. C'est à ce moment qu'une autre voiture s'est approchée et que des coups de feu ont été tirés.

Meriem Boundaoui a été touchée par balle et a été transportée d'urgence à l'hôpital. Elle a finalement succombé à ses blessures et les policiers ont annoncé son décès le lendemain matin.

Un homme se trouvant sur le trottoir a aussi été atteint au haut du corps. Selon des témoins de la scène, la dispute à l'origine des coups de feu aurait éclaté entre les passagers du véhicule suspect et les gens sur le trottoir.

Même si les détails entourant cette dispute n'ont pas été divulgués par les policiers, le commandant Serrao a été clair: Meriem Boundaoui n'avait «rien à voir» dans cette altercation.

«On sait que c'était un conflit entre deux groupes d'individus. Ce que je peux vous confirmer, c'est que la jeune Meriem n'avait rien à voir avec le conflit et n'était pas reliée aux deux groupes», a-t-il précisé.

Selon ce qu'avait rapporté le SPVM au lendemain de la fusillade, deux hommes se trouvaient à bord du véhicule suspect, mais ils portaient des masques, rendant difficile pour les policiers d'en obtenir une description précise.

Travail de longue haleine

Questionné sur le délai de 16 mois entre le meurtre de l'adolescente et la première arrestation dans ce dossier, le commandant Serrao a défendu le processus d'enquête du SPVM.

«La force d'une enquête policière, c'est vraiment la rigueur, a-t-il souligné. La rigueur, ce n'est pas quelque chose qu'on peut faire rapidement, c'est quelque chose qui prend du temps.

«Pour ne pas perdre notre suspect, pour rendre justice aux familles, on prend notre temps et on fait bien les choses.»

Sur une note plus personnelle, M. Serrao a reconnu que l'arrestation du «meurtrier d'une jeune fille, dans un quartier résidentiel», apporte son lot de fierté aux enquêteurs, qui se dévouent complètement à leur travail dans ce type de dossier.

Mais l'heure n'est pas encore à la fête au SPVM, puisque l'enquête pour retrouver d'autres suspects potentiels se poursuit. La police invite d'ailleurs les personnes qui pourraient détenir des informations sur cette fusillade à contacter Info-Crime.

«Toute information que vous nous donnez pourrait-être le morceau manquant au casse-tête», a lancé le commandant Serrao à la population.

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