Blais se défend d'avoir livré des versions contradictoires

QUÉBEC - Accusée de ne pas avoir dit «toute la vérité» devant la coroner sur sa gestion de la première vague de la COVID-19 dans les CHSLD, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, se défend de tenter de protéger le gouvernement.

L'opposition a relevé quatre versions rapportées par la ministre, qui est de nouveau au centre de la controverse depuis l'hécatombe qui a fait plus de 5000 morts dans les CHSLD au printemps de 2020.

La ministre avait d'abord déclaré qu'on ne l'écoutait pas dans la cellule de crise, ensuite elle a dit devant la coroner qu'elle parlait et qu'elle avait été entendue, mais dans un livre qui vient tout juste de paraître, elle soutient qu'elle hurlait pour empêcher le transfert des aînés des hôpitaux vers les CHSLD.

«Pendant qu'elle hurlait et qu'elle hurlait, il y avait des gens qui décédaient dans des conditions horribles dans les CHSLD», a dénoncé la députée péquiste Lorraine Richard en mêlée de presse à l'Assemblée nationale, mardi.

«La ministre des Aînés n'a pas dit toute la vérité à l'enquête de la coroner, et elle était sous serment. (...) Je suis horrifiée et je me demande qui, qui au cabinet du premier ministre (...) lui a conseillé de ne pas dire toute la vérité à l'enquête de la coroner, mais de plutôt protéger son gouvernement.»

«Mme Blais a menti», a tranché la cheffe de l'opposition officielle, Dominique Anglade.

«Elle nous a dit qu'elle savait et qu'elle avait alerté les autorités, puis qu'elle avait alerté plusieurs personnes, puis que personne ne l'écoutait. Puis, dans un autre cas, elle est arrivée devant la coroner et avait dit: "personne ne savait, finalement, on n'était pas au courant".»

Le leader parlementaire libéral, André Fortin, a ainsi compté quatre versions différentes du témoignage de Mme Blais, incluant le retour à la version énoncée pendant l'enquête de la coroner Géhane Kamel, en janvier.

En mêlée de presse mardi après-midi, Mme Blais a dit qu'elle donnerait les mêmes réponses à la coroner si on lui reposait les mêmes questions.

À l'époque, plutôt que de dire qu'elle hurlait, elle avait dit: «Tout le monde sait que quand c’est le temps de parler, je parle. Si je n’avais pas été entendue du premier ministre, on n’aurait jamais eu autant d’investissements pour améliorer les soins aux aînés.»

Au plus fort de la crise en 2020, une directive avait mis fin aux transferts des aînés des hôpitaux vers les CHSLD, mais les transferts avaient continué, et c'est pour cette raison qu'elle avait hurlé, afin d'y mettre fin, a justifié Mme Blais au cours de la mêlée de presse mardi.

Elle a ajouté qu'on ne lui avait pas demandé de protéger le gouvernement.

«Jamais, jamais», a-t-elle assuré.

À voir en vidéo