Nouvel espoir pour les lésions graves à la moelle épinière

MONTRÉAL - Des patients qui avaient subi de graves blessures à la moelle épinière ont pu se tenir debout et recommencer à marcher quelques heures seulement après avoir reçu un nouvel implant révolutionnaire, ont récemment annoncé des chercheurs suisses dans les pages du journal médical Nature Medicine.

Cet implant offre un nouvel espoir aux patients dont la moelle épinière avait été lourdement endommagée, voire complètement sectionnée, et qui étaient donc confinés à un fauteuil roulant.

«C'est une énorme avancée scientifique», s'est enthousiasmée Marina Martinez, qui est professeure au département de neurosciences de l'Université de Montréal.

Lors d'un essai clinique mené au Centre hospitalier universitaire vaudois et à l'École polytechnique fédérale de Lausanne, des chercheurs suisses ont implanté à trois patients un dispositif qui envoie des signaux électriques vers des nerfs qui sont autrement coupés du reste de l'organisme. Ces patients ont ensuite été en mesure de se tenir de bout, de marcher, de pédaler et de battre des jambes dans une piscine.

Même si leurs résultats sont très impressionnants, les chercheurs précisent que le dispositif ne permet pas de guérir les blessures à la moelle épinière.

Ils préviennent aussi que le dispositif est, pour le moment, trop complexe pour être utilisé au quotidien, et qu'il trouverait principalement une application dans un contexte de réadaptation. Les patients qui en ont profité jusqu'à présent l'utilisent d'ailleurs pour se «pratiquer» à marcher, ce qui renforce leurs muscles et améliore leur santé — et peut, dans certains cas, restaurer un peu de mouvement.

Le dispositif pourrait aussi un jour être utilisé conjointement avec des thérapies de régénération de la moelle épinière, comme des thérapies qui feraient appel aux cellules-souches.

«Ce sont des électrodes qui vont couvrir une partie de la moelle qui va être responsable de l'activation des muscles du tronc et des jambes», a dit Mme Martinez, dont les propres travaux ont porté sur un dispositif qui permettait à des rats ayant subi une lésion médullaire de réapprendre à marcher en décodant en temps réel les intentions de mouvement de l’animal.

«C'est pour ça qu'on a une amélioration assez spectaculaire de la posture et de la marche, donc les deux à la fois. Et ça, c'est quelque chose qui n'avait pas été fait par le passé.»

Mme Martinez souligne aussi que les travaux des chercheurs suisses, qui ont une longue feuille de route en la matière, ont permis d'aider deux patients dont la moelle épinière avait été entièrement sectionnée, et qui étaient donc incapables de bouger les jambes. «La blessure de la moelle épinière était très complète, et ces patients sont capables de récupérer la marche», a-t-elle souligné.

Les résultats les plus «impressionnants» ont toutefois été obtenus chez le patient dont la moelle épinière conservait encore quelques fibres intactes, a dit Mme Martinez.

«Là, on voit vraiment un effet assez spectaculaire sur la modulation immédiate du mouvement, a-t-elle souligné. Dès que le stimulateur est mis en marche, le patient va être capable de marcher, avec de l'aide évidemment et ça reste de la marche involontaire, mais c'est quand même quelque chose d'assez remarquable d'un point de vue technologique.»

On pourrait maintenant examiner si cette technologie pourrait aider des patients à récupérer l'usage de leurs bras, et non seulement les fonctions motrices, a dit Mme Martinez en conclusion.

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