Robert Lepage reçoit des critiques dithyrambiques à son retour à Paris

Paris — C'est un des principaux événements de la saison théâtrale parisienne: La Trilogie des dragons, la pièce-culte de Robert Lepage, prend l'affiche ce soir au Théâtre national de Chaillot, à Paris, précédée par une critique unanimement enthousiaste.

Cette semaine, l'ensemble de la presse de référence célèbre la reprise de ce spectacle «mythique et mythologique», qui a fait connaître Lepage sur la scène internationale.

«Il faudrait être fou pour manquer l'événement», a prévenu hier le magazine L'Express, qui retrace dans un long portrait la carrière de Lepage. «À 47 ans, il est plus décoré qu'un général de l'Armée rouge. Sa curiosité est intacte, son énergie éclatante, sa créativité sans frein», a ajouté l'hebdomadaire.

Hier, Le Monde a annoncé en une le retour du «magicien de l'ère multimédia» et de sa Trilogie, cette oeuvre séminale qui contient tout son travail ultérieur.

«Il faut être Robert Lepage, a écrit le quotidien dans un article dithyrambique, pour traverser avec autant de grandiose simplicité l'histoire du XXe siècle en tissant les destinées individuelles avec la grande histoire, pour jouer avec autant de liberté et de culot avec les codes du mélodrame et pour offrir enfin une oeuvre-monde où l'Occident se regarde au miroir de l'Orient et où le cycle de la vie semble inscrit au coeur même de la narration.»

«Et l'on comprend alors qu'elle soit devenue un mythe du théâtre contemporain, cette Trilogie», a encore dit Le Monde, pour qui la capacité de Lepage «à greffer sur la branche principale de son fleuve narratif des courants multiples est à la fois vertigineuse et limpide».

Îuvre-fleuve, cette «colossale Trilogie des dragons» (Télérama) dure près de six heures, mais on s'y abandonne «comme à un rêve qui abolit le temps, et ouvre les portes de la mémoire et de l'éternité», a souligné Le Monde.

Le Figaroscope a été «envoûté»: «Le temps file sans qu'on s'en aperçoive. Ce n'est pas la moindre qualité de ce spectacle de plus de cinq heures transformées en pur bonheur. Robert Lepage, le magicien, a encore frappé.»

Bref, 20 ans après la création de la Trilogie, «la magie opère à nouveau», a résumé Le Nouvel Observateur: «Lepage joue avec les formes, pour ne pas s'égarer dans le labyrinthe d'une modernité folle de vitesse. Attachez vos ceintures: ce théâtre impur, naïf et sophistiqué capte les ondes du monde tel qu'il va [mal] tout en le réenchantant. Nous sommes tous Québécois.»

Présentée dans une nouvelle version, La Trilogie des dragons sera à l'affiche à Chaillot pendant trois semaines. En novembre, Robert Lepage présentera par ailleurs Le projet Andersen, à la Maison des arts de Créteil, toujours dans le cadre du Festival d'automne.