Début de saison grand public au Théâtre du Centre Saidye Bronfman

Source John Roumeliotis
Eran Goodyear, Marina Matic, Melanie McInenly, Damien Atkins, Catherine Friesen, Emilie Josset et Ashley Burton dans une scène de Cabaret.
Photo: Source John Roumeliotis Eran Goodyear, Marina Matic, Melanie McInenly, Damien Atkins, Catherine Friesen, Emilie Josset et Ashley Burton dans une scène de Cabaret.

Cabaret.
Comédie musicale mise en scène par Steven Schipper. Livret de Joe Masteroff, d'après la pièce de John Van Druten et les nouvelles de Christopher Isherwood.
Musique: John Kander.
Paroles: Fred Ebb.
Chorégraphies: Tracey Flye.
Direction musicale: John Gilbert. Avec 18 interprètes et six musiciens. Une production du Théâtre du Centre Saidye Bronfman présentée au théâtre Leanor and Alvin Segal jusqu'au 2 octobre 2005.

Le Théâtre du Centre Saidye Bronfman inaugure sa saison 2005-06 en force avec Cabaret. La comédie musicale de Masteroff avait été présentée l'an dernier au théâtre du Rideau Vert dans une mise en scène de Denise Filiatrault qui tirait le meilleur parti possible des lieux et des interprètes. À son tour, ce théâtre que dirige Bryna Wasserman, du Centre Saidye Bronfman, la met à l'affiche dans une production maison brillamment mise en scène par Steven Schipper. Ceux qui auront vu Cabaret au Rideau Vert se retrouveront quelque peu en pays de connaissance puisque les costumes créés par François Barbeau pour cette production ont été conservés pour la production du Saidye Bronfman.

Reconnaissons que l'oeuvre de Masteroff, Kander et Ebb, rendue célèbre dans le monde entier grâce à l'adaptation cinématographique réalisée par Bob Fosse en 1972, occupe vraiment une place à part dans le répertoire des comédies musicales. Cabaret réalise une osmose rêvée entre la musique, les rebondissements dramatiques, les passages chorégraphiés et l'intérêt de son argument à caractère sociopolitique qui raconte les histoires personnelles de deux couples parallèles d'âges différents tout en évoquant un moment déterminant de l'histoire du XXe siècle, soit la montée du nazisme en Allemagne avant l'éclatement de la Deuxième Guerre mondiale. Tout cela dans le droit fil d'une certaine rectitude politique, évidemment, comme le veut la tradition du genre.

La distribution anglophone retenue par Steven Schipper se montre tout à fait à la hauteur et gagne la faveur du public dès les premiers airs. Damien Atkins en maître de cérémonie et Naomi Costain (Sally Bowles) en chanteuse du Club possèdent le charisme de l'emploi (dans ce cas-ci, il faut du «chien»), comme les garçons et les filles du Kit Kat Club, qui offrent en général une excellente performance. Les couples formés d'une part par Clifford Bradshaw (Cameron MacDuffee) et Sally Bowles ainsi que par leur logeuse Fraulein Schneider (Kathleen McAuliffe) et son amoureux Herr Schultz (Michael Rudder) suscitent la sympathie. Aussi, comme dans la production du Rideau Vert, l'air A Pineapple for Me, chanté ici par Kathleen McAuliffe, constitue un joyau du spectacle dont la conception générale, par ailleurs, plaira à un large public.

Un orchestre dirigé par le pianiste John Gilbert et réunissant cinq autres musiciens multi-instrumentistes juchés en mezzanine au-dessus de la scène soutient les chorégraphies et les parties chantées. L'espace scénique du théâtre du Saidye Bronfman étant plus vaste que celui du Rideau Vert, les chorégraphies d'ensemble élaborées par Tracey Flye peuvent se déployer davantage, ce qui donne des scènes spectaculaires.

À suivre, la suite de la saison au Saidye, qui présentera The Importance of Being Earnest (en coproduction avec la Soulpepper Theatre Company), A Doll House, la reprise d'Everybody's Welles (en coproduction avec le Théâtre PaP), My Old Lady et enfin God of Vengeance, par le Dora Wasserman Yiddish Theatre.

Collaboratrice du Devoir