Théâtre - Un FTA ouvert sur le monde

Claude Poissant et Marie-Hélène Falcon ont pris part à la conférence de presse annonçant la programmation du Festival de théâtre des Amériques, qui aura lieu du 25 mai au 8 juin.
Photo: Jacques Grenier Claude Poissant et Marie-Hélène Falcon ont pris part à la conférence de presse annonçant la programmation du Festival de théâtre des Amériques, qui aura lieu du 25 mai au 8 juin.

En plus de faire une bonne place à des disciplines comme la danse et la vidéo, la 11e édition du festival accueille, du 25 mai au 8 juin, quatre productions du Moyen-Orient.

C'est devant une foule curieuse rassemblée au café-bar de la Cinémathèque québécoise, rue Saint-Denis, que la directrice artistique du Festival de théâtre des Amériques (FTA), Marie-Hélène Falcon, dévoilait hier en fin d'après-midi la programmation complète de l'événement. Du 25 mai au 8 juin, la onzième édition du FTA offrira une vingtaine de spectacles dans huit salles du centre-ville et ouvrira le grand chantier de répétition de la prochaine pièce de Wajdi Mouawad en plus de tenir une série de rencontres et débats, quatre lectures publiques organisées avec le Centre des auteurs dramatiques (CEAD) et six projections de films et vidéos sur le théâtre, à la Cinémathèque. Ouf!

On connaissait déjà depuis quelques mois certains des points forts de la programmation comme le spectacle d'ouverture, Nous étions assis sur le rivage du monde de l'auteur franco-béninois José Pliya, qui sera mis en scène par Denis Marleau, et la venue du metteur en scène français Alain Françon avec deux spectacles: e (un roman-dit) de Daniel Danis et Si ce n'est toi du dramaturge anglais Edward Bond. On savait aussi que le chorégraphe Benoît Lachambre (avec 100 Rencontres), la célèbre Needcompany et son metteur en scène flamand Jan Lauwers (La Chambre d'Isabella) de même que le metteur en scène Claude Poissant (Le Traitement de Martin Crimp) et les Torontois de la Necessary Angel Company (Half Life) seraient présents. Mais on a appris hier la venue du controversé metteur en scène italien Danio Manfredini avec Cinema Cielo, une libre adaptation du roman Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet et la création d'un tout nouveau spectacle de Marie Brassard, une habituée du FTA, Peepshow, une sorte de fenêtre ouverte sur l'intime. Autre nouvelle intéressante, la danse sera encore plus présente qu'on ne le pensait à cette édition du festival qui accueillera par ailleurs quatre productions venant du Moyen-Orient.

C'est dans la section Nouvelles Scènes du festival qu'on retrouvera trois spectacles chorégraphiés. Il s'agit de La Pornographie des âmes de Dave St-Pierre qui sera présenté à la Cinquième salle de la PdA; et de deux pièces de Stéphane Gladyszewski, In Side et Aura, donnés en rafale à Tangente. Nouvelles Scènes permettra aussi aux amateurs de revoir deux des moments forts intéressants de la dernière saison: d'abord le fascinant déambulatoire, Je ne sais pas si vous êtes comme moi, préparé par la Cellule lumière rouge du collectif Mise au jeu (voir Le Devoir des 1er et 4 juin 2004) et Les Apatrides de Marilyn Perreault (Masque de la Révélation) mis en scène par Marc Dumesnil qu'on pourra voir au Monument-National. Résolument tournée vers les nouveaux créateurs et les nouvelles formes, la section présentera aussi au Studio du Monument-National Le Doux Parfum du vide de Pascal Lafond (prime à la création du Fonds Gratien Gélinas) qui jette un regard étonnant sur la surconsommation et sur la superficialité qui caractérisent notre époque si peu épique; Robert Bellefeuille signera la mise en scène.

Quant aux quatre spectacles en provenance du Moyen-Orient, ils s'inspirent souvent des nouvelles technologies pour mettre en relief un imaginaire que le FTA a peu fréquenté jusqu'ici. Le tout s'amorce au Théâtre Prospero avec Biokhraphia, une sorte de «dialogue subversif entre bande magnétique et bande vidéo» de la Libanaise Lina Saneh qui remet en question le mensonge et la manipulation. Rahib Mroué, un complice régulier de Saneh, travaille un peu dans le même sens dans Looking for a missing employee: dans ce collage, «l'absence de l'acteur, de l'auteur, du texte, la disparition du héros, du personnage et du sujet [...] sont liés à l'absence de l'État, des institutions légales, de la justice et de la logique». L'Égyptienne Amal El Kenawy fera, elle, appel à la vidéo-performance dans The Room pour dénoncer les ambiguïtés du mariage. Et d'Iran enfin, le jeune dramaturge Amir Reza Koohestani — il est né avec la révolution en 1978 — propose Dance on glasses, un spectacle résolument moderne et poétique qui s'inspire du tazieh, une forme traditionnelle de théâtre en Iran.

Durant tout le festival, a tenu à rappeler Mme Falcon, le café-bar de la Cinémathèque servira cette année de lieu de ralliement aux festivaliers.