Spectacle - Irrésistible pastiche

La renaissance du cirque qui a eu lieu dans les années 80 a entraîné un formidable mouvement créateur dans le monde du chapiteau. Parallèlement aux grands déploiements des gros cirques, plusieurs petits spectacles hybrides sont apparus qui amalgament l'humour, le jeu théâtral, la musique et la chanson aux techniques du cirque. La Tohu (Cité des arts du cirque) ouvre sa scène aux créateurs qui investissent ce créneau.

On a pu y voir, par exemple, Les Sept Doigts de la main, septuor de jeunes acrobates québécois qui ont créé un spectacle plein de fraîcheur, puis, en décembre dernier, l'excellent Typo de Jamie Adkins, un duo destiné à toute la famille.

En 1994, Philippe Copin, Jean-Philippe Cochey-Cahusac et Michel Navarro, trois profs au Lido, l'École de cirque de Toulouse, ont formé un trio qu'ils ont appelé Les Acrostiches. Pourquoi ce nom? Parce qu'un acrostiche est une sorte de «poème physique», que le mot est amusant, qu'il commence comme «acrobatie» et qu'il finit comme «pastiche» et «postiche», expliquent les trois lurons. L'année suivante, leur premier spectacle, intitulé Personnellement vôtre, était créé; joué plus de 550 fois à ce jour, il se promène encore de par le monde. En 2000, leur deuxième spectacle voyait le jour. Encensé de façon unanime par les critiques et destiné aux petits comme aux grands, Comme un p'tit air de cirque a été récompensé par plusieurs prix et distinctions. À partir de mardi prochain, la Tohu présente ce savoureux mélange de rigueur, d'improvisations simulées et de numéros étonnants d'imagination. «Les Acrostiches s'en donnent à corps joie, jonglent avec le hasard et le vertige, apprivoisent l'inédit, trichent à vue, traversent les miroirs, galopent dans les nuages et finissent toujours par retomber, félins et facétieux, sur la pointe fine d'un accord parfait», peut-on lire dans leur impressionnant dossier de presse.

«Comme un p'tit air de cirque mise beaucoup sur l'humour; les trois personnages se confrontent, comme au théâtre, explique Michel Navarro, joint par téléphone. Le jeu d'acteur occupe une place aussi importante que la jonglerie, le main à main, l'acrobatie et le chant au sein d'un univers minimaliste. Comme on n'est que trois, on triche en ajoutant des mannequins et d'autres astuces qui nous font ressembler à un petit cirque.» A priori, l'humour des Acrostiches s'accompagne de poésie et de clins d'oeil humoristiques, sans que les trois interprètes soient, à proprement parler, des clowns. «On crée des situations burlesques et on laisse également une place à l'improvisation, ce qui nous permet de maîtriser les imprévus, comme un décor qui s'écroule, par exemple (ce qui nous est déjà arrivé)!»

Rien n'arrête Les Acrostiches. En plus d'être chanteurs de charme, de flonflons et d'opéra, tous trois sont polyvalents et chacun pratique les disciplines des autres, même si l'un est spécialisé dans les équilibres, l'autre dans les portées et le troisième en jonglerie. «Le pivot de Comme un p'tit air de cirque, c'est la communication entre nous pendant le spectacle. Le rire du public demeure cependant un point d'appui important, car on utilise les réactions des spectateurs et on joue un peu avec eux.» Chaque représentation de ce spectacle exigeant requiert trois heures d'échauffement.

Comme un p'tit air de cirque, à la Tohu, 2345, rue Jarry Est, du 12 au 23 avril 2005. Info: (514) 376-TOHU. Sans frais: 1 888 376-TOHU. Voir aussi: info@tohu.ca ou .