Théâtre - Deux classiques et un (presque) inconnu

Une fois les cadeaux déballés, les premières piles épuisées et les bibittes en plastique plus ou moins montées, tout le monde s'arrête. Et l'on respire...

Mais les enfants sont là pour une dizaine de jours encore, et lorsque vous aurez eu le temps de récupérer un peu, vous aussi, la sempiternelle question des «activités» du temps des Fêtes reviendra vous hanter. Que faire? Après le ski de fond, les balles de neige et les mêmes films de Noël qui reviennent chaque année à la télé, que faire d'intelligent avec les enfants? Hum? Eh bien, réjouissez-vous! Deux grands rendez-vous vous attendent en théâtre jeunes publics entre les deux dindes (ou entre Noël et le jour de l'An, si vous préférez). Et même un troisième, si vous insistez vraiment...

Deux classiques, d'abord. Dans la petite salle Jean-Claude Germain du Théâtre d'Aujourd'hui, Les Petits Orteils, de Louis-Dominique Lavigne, vous propose un spectacle tout en intelligence, en finesse et en sensibilité destiné aux enfants âgés de quatre à huit ans. Cette production du Théâtre de Quartier, mise en scène par Lise Gionet, tourne depuis déjà 12 ans; on en a donné plus de 400 représentations en français, et la version anglaise, Tiny Toes, a elle aussi roulé sa bosse un peu partout au Canada et aux États-Unis. Ce succès s'explique, bien sûr, par la qualité du texte de Louis-Dominique Lavigne, qui raconte de façon touchante l'histoire de Mathilde, une petite fille de quatre ans qui attend avec impatience, chez son grand-père, l'arrivée des «petits orteils» qui poussent dans le ventre de sa maman. Mais il tient aussi à la vivacité de la mise en scène de Lise Gionet et à la présence exceptionnelle de Sylvain Hétu et Dominic La Vallée, qui ont développé au fil des années une relation particulière avec leurs personnages. Les représentations se sont amorcées le 20 décembre mais leur rythme s'accélère à compter du 27 jusqu'au 30 décembre, alors que deux spectacles sont donnés chaque jour à 13h et à 15h. C'est ce qu'on appelle «un incontournable» et mieux vaut réserver votre place, au (514) 282-3900.

On peut employer les mêmes qualificatifs — «classique» et «incontournable» — pour décrire Une Lune entre deux maisons, de Suzanne Lebeau, qui garde aussi l'affiche à la Maison Théâtre, du 26 jusqu'au 29 décembre. La production, mise en scène par Sylvain Hétu (le même, oui, qui joue dans Les Petits Orteils), reprend ce texte magnifique créé à la fin des années 1970 qui devait lancer la carrière internationale du Théâtre le Carrousel. On y raconte l'histoire toute simple de deux êtres aux antipodes l'un de l'autre qui deviennent pourtant des amis. C'est la langue de Suzanne Lebeau qui frappe ici, en se plaçant à la hauteur des préoccupations des enfants. Elle est bien appuyée par la mise en scène vive d'Hétu, qui, lui, réussit à coller fidèlement au projet de l'auteur en faisant du spectacle une sorte de remarquable Godot pour enfants. Le public visé ici est celui des trois à cinq ans. Et, encore une fois, mieux vaut réserver votre place, au (514) 288-7211.

Reste le troisième spectacle: ça porte le titre de Le Bug du père Noël et c'est présenté au petit studio du Monument-National, du 26 au 30 décembre à 15h30. C'est une production destinée aux enfants de trois à dix ans par une compagnie, La Masquerêverie, dont je ne connais absolument rien sauf qu'elle a été fondée en 1979 et qu'elle est spécialisée dans la création de masques. Il s'agit du quatrième spectacle de Noël produit par La Masquerêverie. On y raconte la catastrophe qui se produit lorsque l'ordinateur tombe en panne dans l'atelier du père Noël. Bon. J'hésitais un peu à vous recommander un spectacle que je n'ai pas vu, mais Le Bug du père Noël semble avoir reçu un accueil très positif dans les salles de la périphérie de Montréal. Alors, prenons le risque...