Cabaret: bilan et perspectives pour le Rideau Vert

Avec des salles remplies à 80 % de leur capacité, la reprise de Cabaret a connu un joli succès, selon la direction du Théâtre du Rideau Vert (TRV). Mais l'organisme n'est pas au bout de ses peines. Dans l'attente d'une réponse des gouvernements concernant le versement d'une nouvelle tranche de subvention, la rencontre avec les créanciers qui devait avoir lieu au début du mois a été reportée en janvier.

«Cela a très bien fonctionné, estime la directrice générale, Lorraine Beaudry à propos de Cabaret. La pièce a connu le succès qu'elle avait eu au printemps. Et le théâtre a continué de vivre.» Après avoir atteint la 100e représentation, la pièce mise en scène par Denise Filiatrault s'est arrêtée le 27 novembre dernier. «On avait épuisé le bassin de spectateurs», justifie la directrice. Mais les recettes de billetterie (partagées avec le producteur Zone 3) que le TRV n'a pas voulu révéler, ne comblent certainement pas le trou financier de trois millions qui mine l'institution.

Cabaret poursuit toutefois sa lancée puisque la France est intéressée à acheter la production. «Le propriétaire du théâtre Mogador a été emballé par la pièce. Mais rien n'est encore signé. On est en pourparlers.» Et en mai, la pièce part en tournée au Québec, ce qui signifie aussi de nouveaux revenus pour le TRV, qui a coproduit la pièce avec Zone 3. Une production de cette ampleur continue-t-elle d'être rentable en tournée? «Oui, c'est assez lourd, reconnaît la directrice, mais c'est accueilli par des salles qui ont une jauge beaucoup plus intéressante que la nôtre.» Pour la première moitié de 2005, le TRV louera sa scène pour des productions déjà en marche. Bachelor y tiendra notamment l'affiche en mars.

D'ici là, le TRV poursuit ses démarches de redressement. La direction devait rencontrer ses 130 créanciers le 2 décembre pour leur faire une proposition, en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. Mais dans l'attente d'une nouvelle enveloppe gouvernementale d'environ 800 000 $, «il y a eu une prolongation de 45 jours pour faire la proposition, révèle Mme Beaudry. Ça ira donc à la mi-janvier».

De mauvaises saisons au guichet et des dépenses de fonctionnement exagérées au cours des dernières années ont plongé le théâtre dans une crise financière majeure, l'obligeant à hypothéquer ses immeubles du Plateau Mont-Royal pour plus d'un million de dollars auprès de la Banque nationale du Canada, son principal créancier. En juillet, les trois ordres de gouvernement lui versaient 835 000 $ de subventions pour l'année 2004-05, malgré l'absence d'une saison. Livrée sur une base annuelle plutôt que pluriannuelle, cette aide est aussi conditionnelle au repositionnement du théâtre sur le plan artistique. Les dettes de l'institution montréalaise s'élèvent à trois millions de dollars.