«Archipel»: ensemble dans l’immensité

Les artisans de la pièce Archipel: Maryse Poulin à l’univers sonore (en haut à gauche), Louis-Charles Sylvestre à la dramaturgie et au texte, Paola Huitrón et Citlali Germé Trevino à l’interprétation, ainsi que Sabrina Baran (devant à droite) à l’idéation et à la mise en scène
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Les artisans de la pièce Archipel: Maryse Poulin à l’univers sonore (en haut à gauche), Louis-Charles Sylvestre à la dramaturgie et au texte, Paola Huitrón et Citlali Germé Trevino à l’interprétation, ainsi que Sabrina Baran (devant à droite) à l’idéation et à la mise en scène

Quatre ans après la création de Contes du littoral, une immersion dans l’univers créateur de Jacques Ferron, Sabrina Baran, codirectrice générale et directrice artistique du théâtre de marionnettes L’Illusion, imagine un recommencement du monde au milieu de la mer, dans un archipel inventé, intemporel, peuplé de nombreuses créatures, un univers tenu à bout de bras par trois sœurs étoiles.

« Archipel, c’est un long voyage parti d’une petite étincelle qui est née quand j’étais moi-même sur un archipel au Japon », raconte l’idéatrice de la pièce au bout du fil. Une étincelle qui s’appelle Et moi je suis une île, d’Anthony Phelps, un roman qui a servi de point de départ et d’inspiration à Archipel. « C’est un grand voyage qu’on a fait pour cette création-là, qui a germé il y a environ quatre ans. Un long parcours qui nous a menés à ce spectacle qui va être présenté au festival Petits bonheurs en mai », souligne avec excitation Sabrina Baran.

Le spectacle est un voyage poétique au cœur de l’immensité, fait en compagnie de trois interprètes, « trois femmes — qu’on appelle nos sœurs étoiles parce qu’elles portent en elles un peu l’humanité —, une musicienne, une danseuse contemporaine et une marionnettiste, qui arrivent dans cet espace particulier, notre archipel, et qui le créent devant les enfants, devant les spectateurs », explique la metteuse en scène.

Un espace mouvant, dit-elle, réalisé à partir d’arches de bois transformées tout au long du spectacle. « Les trois interprètes imaginent un genre de recommencement du monde où tout bouge, dans lequel on découvre différentes formes de vie […] On se rend ainsi jusqu’à une forme qu’on appelle Gaïa, l’esprit de notre archipel, qui se promène à travers tout l’espace », raconte Baran. Dans ce parcours poétique et métaphorique, poursuit-elle, les sœurs étoiles inventent et découvrent tout à la fois un monde et se rendent compte, au final, de la beauté et de la force que peut apporter le fait d’être ensemble.

La mer, ce fil rouge

Tout comme dans les dernières créations de Baran, Ondin et Contes du littoral en tête, la présence de l’eau est omniprésente dans ce nouveau spectacle. « Je pense qu’effectivement c’est ce qui lie mes créations. Pour Ondin, j’ai exploré le fond des eaux, pour Contes du littoral, cette mer était à l’horizon, et pour Archipel, la mer, c’est un peu ce qui nous lie. Elle est à peine évoquée dans la pièce, mais, effectivement, ça fait partie de ce lien, de ce qu’on vit quand on regarde l’horizon immense et vaste, qui peut nous mener vers autre part. Ça reste ça. En tant que créatrice, les moments les plus inspirants dans ma vie ont toujours été liés à l’eau, à la mer », explique Baran. Elle établit d’ailleurs une corrélation entre l’enfance et ce sentiment éprouvé devant l’étendue de la mer, cette façon de se sentir petit devant l’immensité du monde qui se dresse devant nous.

Ces tout-petits qui seront tout yeux tout oreilles lors du festival Petits bonheurs restent d’ailleurs, selon Baran, le plus exigeant et le plus authentique de tous les publics. « Ce qu’ils ont de particulier, c’est qu’ils ont une capacité impressionnante d’être présents à 100 % et qu’ils captent l’essence de ce qu’on dit, ressentent les choses. » C’est un public qui ne doit jamais être sous-estimé, jamais tenu pour acquis, à qui il faut faire confiance et qui demande aux créateurs et aux interprètes d’être vrais, francs, souligne-t-elle. « Chaque fois que je crée pour eux, jamais je ne vais abandonner une idée en me disant qu’ils ne comprendraient pas. Quand on crée pour les tout-petits, on va vers l’essence de ce qu’on veut dire. Tous les détails sont importants, il ne faut jamais se relâcher. »

Le spectacle s’offre justement comme un voyage sensoriel au cœur d’un archipel réinventé, où tout est à faire, à imaginer, à découvrir. « Un grand voyage avec plein de détails, de profondeurs. Et ce que ça donne au final, c’est un spectacle en douceur, en lumière, qui est une célébration de la vie. » Un spectacle de marionnettes, objet de tous les possibles, qui permet d’aller au-delà du réel, d’inventer un nouveau monde, tout un archipel.

À voir aussi

Pour les tout-petits, Racines, une création d’Élie Marchand, met en scène le monologue intérieur d’un enfant qui ne parle pas encore, mais qui est submergé par ses émotions et qui tente de comprendre la distance qui se crée entre lui et son parent. Pour les 18 mois et plus. Les 6, 7 et 8 mai.

 

La Marche du crabe propose Hiatus, un spectacle sans paroles alliant art du cirque, théâtre et danse, le tout porté par un univers musical. Un moment privilégié pendant lequel le plaisir de jouer est présenté par deux personnages qui s’amusent avec des blocs de bois, des vêtements… tout ce qui se trouve autour d’eux. Pour les 2 ans et plus. Les 6, 7, 8 et 9 mai.

 

Alliant marionnette, théâtre d’ombres et musique, Pomelo, le petit éléphant rose, convie les petits à un tout nouveau spectacle sans paroles imaginé par la compagnie Ombres folles. Une traversée du jardin pendant laquelle le pachyderme découvre la nature, les saisons, la vie qui l’entoure. Et pour ceux qui tomberont sous le charme de Pomelo, ils pourront le retrouver dans l’album Pomelo est amoureux de Ramona Badescu et Benjamin Chaud (Albin Michel), qui a servi d’inspiration à la pièce. Pour les 3 ans et plus. Les 6 et 7 mai.

 

Heures du conte, ateliers de musique, bricolage, coloriage, le festival regorge d’activités à découvrir à petitsbonheurs.ca

Archipel

Idéation et mise en scène : Sabrina Baran. Dramaturgie et texte : Louis-Charles Sylvestre. Marionnettes : Sophie Deslauriers et Laurence Gagnon Lefebvre. Interprétation : Paola Huitrón, Citlali Germé Trevino et Maryse Poulin. Une création de L’Illusion. Dans le cadre du festival Petits bonheurs, à la maison de la culture Maisonneuve, les 13, 14 et 15 mai. Pour les 3 ans et plus.



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