Magie et démesure au Théâtre de la Dame de Cœur

Marie-Julie Gagnon
Collaboration spéciale
Éloïse Caron, la chargée de production, confectionne des marionnettes géantes pour la nouvelle création Victor et le cadeau des songes.
Photo: Théâtre de la Dame de Cœur Éloïse Caron, la chargée de production, confectionne des marionnettes géantes pour la nouvelle création Victor et le cadeau des songes.

Ce texte fait partie du cahier spécial Culture Montérégie

Créé en 1975 à Montréal, le Théâtre de la Dame de Cœur est aujourd’hui bien ancré dans son milieu, à Upton, en Montérégie. C’est tout un écosystème qui s’active pour créer des spectacles hors du commun dans un espace surdimensionné. Le mot-clé : surprendre.

Cofondateur de la compagnie de recherche et de création, Richard Blackburn raconte sa genèse. « Nous avons fait le choix d’aller nous installer en région. C’était un projet un peu fou, si l’on recule de 44 ans. Nous avons trouvé un site abandonné, nous nous y sommes installés et nous l’avons squatté pendant 10 ans. Nous avons établi une relation avec les gens du milieu. Nous avons quitté nos appartements de Montréal pour nous installer ici à temps plein et nous avons développé notre façon de travailler. Notre objectif était très simple : aller à la rencontre d’un nouveau public. Nous souhaitions trouver une nouvelle manière de pratiquer notre métier, nous laisser influencer par l’environnement et nous éclater sur le plan scénographique. »

Pari réussi, puisque l’entreprise collectionne les succès. Aujourd’hui, neuf bâtiments se trouvent sur le site — qui est le leur depuis plus de trente ans. Dès le début, le territoire a fortement influé sur la direction artistique.

« L’espace et les plaines où nous nous trouvons, au bout de la Montérégie,font qu’on s’est intéressés à la surdimension. Pourquoi reprendre un théâtre “normal” alors que nous pouvons être dehors, dans la nature ? […] C’est ce qui fait qu’on se retrouve avec une salle de spectacle avec bancs pivotants, bretelles chauffantes aux sièges et une immense toiture — signée Pierre Thibault — au-dessus de nous, mais pas de murs. Cela nous permet de faire un théâtre en quatre dimensions. »

Quatre dimensions ? « L’un des avantages du théâtre est de pouvoir exister en temps réel autour du public, au-dessus du public et à travers le public », explique le directeur général et artistique. À ces volets s’ajoute la temporalité. « La notion de temps est importante, enchaîne-t-il. Nous voulons faire vivre une expérience au public, des événements qui se passent dans l’histoire appartiennent à une notion de temps. Par exemple, faire traverser un oiseau de 30 pieds à travers la salle, qui se déploie et tourne. Le temps peut alors se dilater et se contracter. »

La création d’un nouveau spectacle prend environ trois ans. Rien n’est laissé au hasard. « Il faut se mettre dans l’état d’esprit de ce qu’on n’a jamais fait », explique M. Blackburn.

Des histoires pour les familles

Composé de créateurs multidisciplinaires, le noyau du Théâtre de la Dame de Cœur a développé ses propres méthodes de travail au fil des ans, incluant des maquettes et de l’animation en stop motion. L’objectif est de faire passer un bon moment autant aux enfants qu’aux adultes et de limiter les risques.

Dans la nouvelle création qui sera présentée à l’été 2022, Victor et le cadeau des songes, les spectateurs seront plongés dans un univers onirique. Le jour de son anniversaire, un jeune homme ambitieux rencontre en rêve un hamster ratoureux qui veut l’aider à réussir sa vie. Aidé de sa grand-mère magicienne, il vivra une aventure aussi étonnante qu’essentielle. « C’est vraiment une allégorie que nous proposerons au public », conclut Richard Blackburn.

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