Le dramaturge Lars Norén n’est plus

Le dramaturge Lars Norén en 2017
Photo: Fredrick Sandbertg Archives Agence France-Presse Le dramaturge Lars Norén en 2017

Le dramaturge Lars Norén, grande figure du théâtre suédois, est mort mardi à 76 ans des suites de la COVID-19, a annoncé son éditeur. « L’importance de Lars Norén comme auteur et dramaturge est presque impossible à résumer en quelques phrases, mais il était l’un des plus grands de notre temps », a déclaré Eva Bonnier, son éditrice au sein des Éditions Albert Bonnier, dans un communiqué.

Célèbre dans son pays comme à l’étranger, souvent placé dans la lignée des géants August Strindberg (1849-1912) et Ingmar Bergman (1918-2007), Lars Norén avait commencé par la poésie dans les années 1960, avant de se concentrer sur le théâtre à la fin des années 1970, comme auteur et metteur en scène.

Outre au Dramaten de Stockholm, cet auteur prolifique avait fait des mises en scène à de nombreuses reprises à l’étranger, dont à la Comédie-Française, à Paris. Il y avait monté sa propre pièce Poussière, sa dernière, en 2018, une plongée dans les tourments de la fin de vie et de la démence.

Au Québec, des pans de son œuvre ont été montés. Récemment, Brigitte Haentjens s’était attelée à Sang, furieuse réécriture de l’histoire d’Œdipe. En 2011, elle s’était aussi mesurée à sa pièce Le 20 novembre. Pour Premier Acte, en 2017, Olivier Lépine s’était quant à lui mesuré à Froid, douloureuse histoire de violence et de racisme qui avait pris une résonance toute particulière au moment où le Québec subissait encore les secousses du choc de l’attentat contre le Centre culturel islamique.

Ses œuvres qui l’ont révélé incluent La nuit est la mère du jour (1982), Le chaos est le voisin de Dieu (1983), Calme (1984), ou encore Bobby Fischer vit à Pasadena (1990).

Successeur de Bergman à la tête du Théâtre national, Lars Norén a écrit des pièces souvent difficiles et crues, telles Les démons, La veillée ou Sourire des mondes souterrains, dans lesquelles il traite de la violence physique et sociale.

Il avait fait scandale à la fin des années 1990 avec la pièce 7 : 3, pour laquelle il avait recruté des prisonniers dangereux purgeant de longues peines, dont deux néonazis jouant leurs propres rôles, avec de nombreux propos haineux et antisémites. Mais le drame s’était poursuivi hors de la scène : profitant de la levée d’écrou, un des acteurs amateurs, Tony Olsson, avait commis de nombreux braquages. Dont un tragique au lendemain de la dernière de la pièce, qui s’était terminé par la mort de deux policiers dans la commune de Malexander, dans le sud-est du pays.

« 7 : 3 jettera toujours une ombre sur sa production théâtrale, et ses créations ultérieures n’eurent pas la même signification culturelle majeure que dans les années 1980 et 1990 », expliquait le critique de Dagens Nyheter Johan Hilton dans la nécrologie du quotidien mardi.

Avec Le Devoir

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