«We Will Rock You»: épopée rock

Truffé de références à la musique populaire récente et de clins d’œil à notre ère exagérément numérique, le spectacle fait sourire sans jamais émouvoir.
Photo: Annerin Theatricals Truffé de références à la musique populaire récente et de clins d’œil à notre ère exagérément numérique, le spectacle fait sourire sans jamais émouvoir.

Créé à Londres en 2002, We Will Rock You y a tenu l’affiche du Dominion Theatre jusqu’en 2014. En septembre dernier, dans la foulée du succès obtenu par le film Bohemian Rhapsody, une production canadienne de la comédie musicale a entamé à Winnipeg une tournée nord-américaine d’une centaine de représentations. C’est ce spectacle, mis en scène par JP Thibodeau, qui est donné en ce moment à la Place des Arts et qui le sera sous peu au Grand Théâtre de Québec.

Entre Mamma Mia!, un spectacle inspiré par les tubes de groupe Abba dont le rayonnement ne cesse de croître depuis sa création à Londres en 1999, et Jagged Litte Pill, une production qui s’inspire de l’album culte d’Alanis Morissette ayant pris l’affiche l’automne dernier sur Broadway, le juke-box musical ne semble pas près de mourir. C’est dans cette tradition que s’inscrit We Will Rock You, une comédie musicale élaborée par le dramaturge britannique Ben Elton à partir de 24 chansons de la formation Queen.

Malheureusement, la dramaturgie de l’œuvre est pour le moins schématique. Dans un futur où tous les humains ont été uniformisés, une dystopie où les instruments de musique et les compositeurs sont interdits, un groupe de rebelles entreprend de réhabiliter le rock à partir de vestiges sur lesquels ils veillent jalousement. Il est bien entendu impossible de résister à We Are the Champions, Radio Ga Ga, I Want to Break Free, Somebody to Love, Another One Bites the Dust et We Will Rock You, mais il reste que l’action n’est guère plus qu’un prétexte à enligner les succès.

Bien qu’elle évoque à la fois Starmania et Footloose, avec une touche de Phenomia9, la fable avance poussivement, en manquant cruellement de rebondissements, vers l’inévitable reconquête du rock. Dans un décor plutôt simpliste et des costumes qui citent avec plus ou moins de bonheur la belle époque du space opera, les numéros se suivent et se ressemblent… beaucoup. Truffé de références à la musique populaire récente et de clins d’œil à notre ère exagérément numérique, le spectacle fait sourire sans jamais émouvoir.

Dans cette histoire prévisible, il y a des méchants (la diabolique Killer Queen et son second, le commandant Khashoggi) et des gentils (les bohémiens Oz, Brit et Buddy), mais il y a surtout un couple de héros romantiques (Galileo et Scaramouche). Alors que tous les membres de la distribution s’en tirent assez bien, les interprètes de Galileo (Trevor Coll) et Scaramouche (Keri Kelly) offrent les plus belles performances vocales de la soirée.

We Will Rock You

Livret : Ben Elton. Musique et paroles : Queen. Mise en scène : JP Thibodeau. Direction musicale : Russell Broom, sous la supervision de Stuart Morley. Chorégraphies : Angela Benson. Une production d’Annerin Theatricals. À la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts jusqu’au 12 février. À la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec le 14 février. En anglais sans sous-titres.