L’expérience en avant sur les scènes de Québec

Jocelyn Pelletier portera à La Bordée Les mains d’«Edwige au moment de la naissance» ; on surveillera le souffle que pourra apporter le bouillant metteur en scène à ce texte de Wajdi Mouawad.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Jocelyn Pelletier portera à La Bordée Les mains d’«Edwige au moment de la naissance» ; on surveillera le souffle que pourra apporter le bouillant metteur en scène à ce texte de Wajdi Mouawad.

La saison théâtrale à Québec voit se succéder à la mise en scène de nombreux noms familiers. En ouverture au Trident, Maryse Lapierre pilotera la relecture des Plouffe, d’après l’œuvre de Roger Lemelin, dans une adaptation d’Isabelle Hubert, tandis que c’est Jean-Philippe Joubert qui a été retenu pour défendre ensuite leRoméo et Juliette de Shakespeare ; il sera intéressant de voir la façon dont ils souhaitent relire chacun de ces classiques.

Des textes plus récents seront aussi servis par des metteurs en scène chevronnés. C’est le cas de l’Eldorado du Français Laurent Gaudé : son récit de migrants en Méditerranée sera dirigé par Marie-Josée Bastien, qui signe également l’adaptation de ce roman de 2006. Jocelyn Pelletier, quant à lui, portera Les mains d’Edwige au moment de la naissance ; on surveillera le souffle que pourra apporter le bouillant metteur en scène à ce texte de Wajdi Mouawad. À La Bordée également, Olivier Normand a pour sa part été retenu pour piloter Rouge, un texte du dramaturge et scénariste états-unien John Logan (Sweeney Todd, Skyfall). Cette pièce, sur la vie du peintre Mark Rothko, risque par ailleurs d’offrir un intéressant duel d’acteurs (Michel Nadeau et Steven Lee Potvin).

 

Si des hommes d’expérience comme Robert Lepage et Kevin McCoy reprennent également du collier (voir encadré), la liste se prolonge avec Martin Genest et Alexandre Fecteau. Au Périscope, ils présenteront respectivement L’écrit, un texte d’Agnès Zacharie, et Tout inclus, texte de François Grisé et dramaturgie d’Annabel Soutar ; le premier ranimera le souvenir d’Hiroshima dans le bus jaune d’Ubus théâtre, tandis que le second propose une incursion dans l’univers méconnu des CHSLD.

Et de jeunes pousses

De son côté, Premier Acte poursuit dans sa promotion des nouvelles voix. Les noms moins connus de Samantha Clavet (Envies) et d’Angélique Patterson (Tranche-cul) seront notamment mis en valeur, avec les mises en scène d’À l’affiche, de l’États-Unienne Annie Baker (Pullitzer 2014), et de Food club, dont la jeune dramaturge signe également le texte. Entre autres titres retenus par la petite salle de l’avenue de Salaberry, il faudra finalement surveiller la création de .ES – Chapitre 1 – Soi, mise en scène collective des Reines, dont le chantier présenté au dernier Carrefour exposait déjà une réflexion forte sur le pouvoir et la féminité.

Prise 2

Plusieurs pièces montées dans les dernières années se voient offrir cet hiver une nouvelle présence à l’affiche. C’est le cas d’Hypo, de Nicola-Frank Vachon : créée à Premier Acte en octobre 2017, la pièce sous forme de périple en Islande atterrira au Périscope fin février.

Le directeur artistique Michel Nadeau— qui reprenait l’hiver dernier Sauver des vies de Pascale Renaud-Hébert et, l’hiver précédent, Mme G de Maxime Beauregard-Martin — continue quant à lui d’offrir une seconde vie à des créations ayant connu un beau succès dans une mesure limitée. Créée il y a deux ans à Premier Acte, Made in Beautiful (La Belle Province), d’Olivier Arteau, reprend en avril, à La Bordée, sa folle lecture de la récente histoire du Québec.

Le Diamant, qui reprenait déjà Les sept branches de la rivière Ōta et 887 à l’automne, continue de son côté de revisiter le répertoire d’Ex Machina fin mars avec Quills, née sur la scène du Trident il y a trois ans et dans laquelle Robert Lepage emprunte les traits du corrosif marquis de Sade. Le théâtre de la place D’Youville offrira également un nouvel espace à Ailleurs et à Norge, de Kevin McCoy. Créés en 2011 et en 2015, ces deux premiers volets d’un « triptyque migratoire » profiteront de la création du dernier volet, Le devisement du monde, pour reprendre l’affiche en février.