Sur le chemin de la curiosité avec «Les idées lumière»

Avec «Les idées lumière», le metteur en scène Jean-Philippe Joubert cherche à éveiller les sens des enfants.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Avec «Les idées lumière», le metteur en scène Jean-Philippe Joubert cherche à éveiller les sens des enfants.

Dès l’enfance, le metteur en scène et directeur artistique de la compagnie Nuages en pantalon, Jean-Philippe Joubert, s’est intéressé à la science et à tout ce qui entoure les découvertes et mystères scientifiques. Il en aurait même fait sa carrière s’il n’avait pas un jour opté pour l’art et le théâtre. Cette curiosité et ce goût pour la science ne l’ont jamais quitté. Avec sa toute nouvelle création, Les idées lumière, il joint avec un plaisir évident ces deux pôles en apparence éloignés.

« À l’origine du spectacle, il y a d’abord cet intérêt d’enfant. Mais dans les dernières années, j’ai été conseiller à la mise en scène pour des spectacles scientifiques où je suis entré en contact avec des vulgarisateurs. C’est comme ça qu’est venue l’idée de la pièce. Ensuite, je l’ai proposée à l’équipe, notamment à Véronique Côté, qui a écrit le texte », nous confie Jean-Philippe Joubert.

Mais, s’il fait de la science le centre du spectacle, à travers neuf expériences présentées sur scène comme autant de petits sketches, Les idées lumière, c’est avant tout une pièce sur l’émerveillement. « Le fil conducteur est assez ténu. On a d’abord deux acteurs, ou deux scientifiques, on ne sait pas trop à quelle discipline ils appartiennent. Puis, ils nous racontent des histoires à partir de phénomènes physiques et chimiques. Mais c’est un jeu d’évocation, de réflexion, et non d’explication. On va se demander comment les phénomènes stimulent notre intelligence, nos émotions. Au final, c’est surtout un spectacle sur la curiosité », résume Jean-Philippe Joubert.

Appuyé des conseils de vulgarisateurs scientifiques — il a fait appel aux gens de la boîte de vulgarisation Zapiens Communication scientifique —, Joubert a choisi différentes expériences transposables sur la scène. La création d’un nuage, la présentation d’une chanson permettant de voir la vibration de la voix, l’étonnante traversée existentielle d’un jujube comptent parmi ces numéros qui sont présentés dans différentes formes, allant de la poésie à des maquettes, le tout projeté sur un immense écran.

Créer des espaces de pensée

À l’instar de sa pièce pour enfants L’hôpital des poupées ou de ses créations pour adultes, il y a dans le parcours de Joubert un désir de susciter la réflexion chez le spectateur. « Dans Les idées lumière, il y a beaucoup de correspondances avec la philosophie pour enfants. Ce n’est pas le thème central du spectacle, mais l’idée de stimuler, d’éveiller les consciences y est. C’est ce qui me guide et me nourrit quand je crée. Et c’est ce que j’aime au théâtre en général. Cette pause, ce temps qui me permet de réfléchir et de poursuivre la pensée au-delà de la représentation. »

L’idée d’unir théâtre et science dans une pièce jeunesse, c’est aussi pour Joubert une question d’ouverture, de découverte et de partage. Faire des liens entre les disciplines et entre les humains participe de sa vision du théâtre. « La curiosité est un moteur important. J’aime apprendre. J’aime profiter de mon métier pour découvrir de nouvelles choses. J’ai appris beaucoup sur la finance et le marché de l’art quand j’ai écrit L’art de la chute. Même chose ici, j’ai découvert plein de trucs sur la science. Après, c’est un grand plaisir de partager ça avec le public. »

Les idées lumière est ainsi une façon d’appréhender le monde autrement. De changer de lorgnette afin de le regarder sous un autre angle. « Ça prend plein de points de vue différents pour comprendre le monde ou du moins s’approcher d’une compréhension du monde. Parfois, on emprunte la voie du conte, d’autres fois, celle du mouvement, de la danse ; ici, on a opté pour la science. C’est juste des mécanismes d’entrée, des façons différentes de voir [le monde] », explique Joubert.

Dans cette toute nouvelle création, la science est présentée sous un angle lumineux, point de départ de la théâtralité qui suggère et provoque l’émerveillement. La science avant le verbe, dans tout ce qu’elle a de magique, de mystérieux, d’étonnant, de stupéfiant.

Les idées lumières

Idéation et création : Véronique Côté, Claudia Gendreau, Marie-Hélène Lalande et Jean-Philippe Joubert. Texte : Véronique Côté. Mise en scène : Jean-Philippe Joubert. Une production de Nuages en pantalon. Au théâtre Les Gros Becs jusqu’au 13 novembre et à la Maison Théâtre du 19 au 30 novembre.