De retour à la pêche aux rires en humour

Peu d’humoristes sont aussi bien équipés que Martin Petit pour se fondre à un écosystème comique qui s’est beaucoup transformé depuis sa précédente première.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Peu d’humoristes sont aussi bien équipés que Martin Petit pour se fondre à un écosystème comique qui s’est beaucoup transformé depuis sa précédente première.

Il appartient peut-être, sur papier, à la génération des Mario Jean et Jean-Michel Anctil — une cohorte au style dont a tenté de se distancer la relève actuelle —, mais peu d’humoristes sont aussi bien équipés que Martin Petit pour se fondre à un écosystème comique qui s’est beaucoup transformé depuis sa précédente première il y a huit ans.

N’a-t-il pas compté, à l’instar de Louis-José Houde, parmi les pionniers d’un retour à une forme de stand-up relativement épurée, construite autour d’un micro (de feu) et de textes bien foutus ? Après être allé à la pêche aux poissons au petit écran pendant cinq saisons, l’ex-Bizarroïde reprend donc sur scène la pêche aux rires avec un désir avoué de se mesurer, dans son quatrième spectacle solo intitulé Pyroman, à des sujets tabous, une ambition qui, ainsi formulée, fait en général craindre le pire.

Ce serait pourtant mal connaître le jeune quinqua, pas tellement du genre à embrasser bêtement le discours alarmiste de ceux pour qui « on ne peut plus rien dire ». Des retrouvailles le 15 octobre à l’Olympia.

Après le Web, la scène

Ils ont tous les deux 26 ans, se sont tous les deux fait connaître grâce au Web, et étrennent tous les deux leur premier spectacle depuis un petit moment déjà, au point où on se demande ce qu’ils peuvent bien encore avoir à peaufiner.

« Quand tu joues, faut que tu te mettes à la place de l’autre et, moi, je trouvais que ma personnalité était toujours plus intéressante », nous confiait la première, Rosalie Vaillancourt, au sujet de son bref passé de comédienne.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Hilarante, Rosalie Vaillancourt l’était déjà lors du rodage d’Enfant roi au Zoofest, en 2018. Un spectacle qui arrivera à maturité dans la cour des grands, où la petite peste trouvera bien le moyen de semer le trouble.

Qu’elle ne compte pas sur nous pour la contredire : intéressante (et hilarante), elle l’était déjà lors du rodage d’Enfant roi au Zoofest en juillet 2018. Un spectacle qui arrivera à maturité le 13 novembre dans la cour des grands — le Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts —, où la petite peste trouvera bien le moyen de semer le trouble.

Le second, Julien Lacroix, repartait en 2017 avec trois statuettes du Gala Les Olivier, dont celles de Découverte et de Numéro de l’année. Qu’il soit parvenu au statut de vedette essentiellement grâce au Web et aux réseaux sociaux, tout en patientant jusqu’à cet automne pour révéler un premier spectacle officiel devant la presse, en dit long sur l’importance de plus en plus relative de ce passage obligé dans la carrière d’un humoriste.

Ce qui ne diminue pas pour autant notre enthousiasme à l’idée de découvrir (jusqu’ici tout va bien) le 24 septembre au Monument-National.

Une (autre) belle soirée

Ils incarnent en quelque sorte le parfait contraire de Vaillancourt et Lacroix. C’est, par exemple, sans profil Instagram que Simon Gouache parvenait à écouler 65 000 billets de son premier spectacle, un succès largement attribuable à une des technologies les plus infaillibles qui soient : le bouche-à-oreille.

Une belle soirée : voilà très exactement les trois mots qu’ont prononcés tous ceux et celles qui ont y assisté, et voilà le titre figurant sur la nouvelle affiche de cet humble virtuose. Nous vous dirons au lendemain de sa première (le 8 octobre au MTelus) s’il s’agit là de fausse représentation.

Tout aussi discrète sur les réseaux sociaux, Korine Côté présente elle aussi un second tour de piste, dont elle effectuait le rodage l’an dernier en pleine grossesse.

Sans emboîter le pas à Ali Wong, qui consacrait son plus récent spécial Netflix aux joies et désagréments de la parentalité, la jeune maman évoquera forcément sa nouvelle vie de maman dans Gros plan, le 22 octobre au Monument-National.

De la visite

« La vie, c’est beau. La vie, c’est con et c’est compliqué », lance d’un même souffle dans Ma vie encore plus rêvée le vétéran fantaisiste français Michel Boujenah, qui visite le vaste Québec à l’occasion d’une tournée de quinze dates du 30 octobre au 17 novembre.

Révélée grâce au concours La France a un incroyable talent en 2017, la Belge Laura Laune explique quant à elle pourquoi Le diable est une gentille petite fille le 30 octobre à l’Olympia.

Déroulons enfin le tapis pour l’homme le plus drôle au monde, John Cleese, qui franchira le cap des 80 ans le 27 octobre, une excellente raison de fêter avec lui au Théâtre St-Denis le 18 novembre.

Le Monty Python chercherait toujours le sens de la vie (ou le Meaning of Life), si l’on se fie du moins au titre de son spectacle, Why There Is No Hope.

Cheech & Chong au pays de la légalisation

Durant une bonne partie de leur comédie culte Up in Smoke (1978), Richard « Cheech » Marin (aujourd’hui 73 ans) et Tommy Chong (81 ans) roulent à bord de leur Love Machine à la recherche d’herbe euphorisante. Souhaitons-leur que les succursales montréalaises de la SQDC soient dûment approvisionnées le 23 septembre, alors que s’arrête au Théâtre Maisonneuve leur tournée Ô Cannabis, une célébration musico-comico-enfumée de la légalisation canadienne de la marijuana.