Théâtre jeunes publics - Les aventures de Galilée

La pièce Le Cabaret de Galilée traite de l’importance de Galilée dans l’histoire des sciences, ce qui est fort louable.
Source: Petit Théâtre Chaplin
Photo: La pièce Le Cabaret de Galilée traite de l’importance de Galilée dans l’histoire des sciences, ce qui est fort louable. Source: Petit Théâtre Chaplin

Depuis quelques éternités déjà, Raymond Pollender et son Théâtre du petit Chaplin se consacrent à un théâtre didactique d'inspiration scientifique destiné spécialement aux enfants. On en a parlé ici à quelques reprises — et toujours en bien — au fil des spectacles jalonnant les dix dernières années de la compagnie. Associés au Jardin botanique depuis un an ou deux, Pollender et son petit Chaplin n'ont pas pour autant trouvé la stabilité puisque la dernière vague de restrictions budgétaires dans le secteur culturel a sérieusement amputé les budgets de la compagnie tout en remettant dangereusement en question toute la saison. Et le spectacle que j'ai pu voir hier dans la magnifique petite salle art déco du Jardin botanique sent malheureusement les conditions difficiles dans lesquelles il a vu le jour.

Il s'agit en fait d'une sorte de cabaret tournant, le titre le dit, autour du personnage de Galilée tenu par Bernard Carez. Deux jeunes «animateurs» (Marie-Ève Paquin et Marc Beaudin) viennent tour à tour présenter un sujet comme le feraient des présentateurs télé et un pianiste (Pollender) rythme tout cela discrètement. On nous parle ici de l'importance de Galilée dans l'histoire des sciences, ce qui est fort louable, en découpant la représentation en trois grands segments: l'entrevue de Galilée, une sorte d'histoire des machines volantes et, finalement, une séance d'improvisation avec l'aide des jeunes spectateurs. Bon. Le moins que l'on puisse dire c'est que la démonstration est plutôt floue. D'une part, parce qu'on y greffe à peu près n'importe quoi. Mais surtout parce qu'il faut investir toute la bonne volonté du monde (et même plus) pour réussir à comprendre ce que disent les deux jeunes comédiens qui avalent la moitié de leur texte en n'arrivant jamais à dépasser la caricature grossière.

C'est un peu triste parce que toute la compagnie a investi bénévolement dans ce spectacle, ce qui malheureusement ne garantit pas sa qualité. Triste aussi parce que Bernard Carez livre ici une performance qui nous renvoie à ses belles années avec les Mimes électriques; vif d'esprit, inventif, drôle, il sauve le spectacle à lui seul lorsqu'il joue à improviser «les aventures de Galilée» à partir des suggestions des enfants. Les enfants qui, il faut le dire, embarquent complètement lorsque Carez livre son petit numéro et qui ne parlaient que de cela d'ailleurs à la sortie du spectacle. Mais est-ce bien suffisant?