«Broue» revient sur scène sous une «nouvelle administration»

<p><em>Broue</em> a été jouée près de 4000 fois avant que les Marc Messier, Michel Côté et Claude Meunier ne tirent le rideau une dernière fois l’an dernier après 38 ans.</p>
Photo: Communications Papineau-Couture

Broue a été jouée près de 4000 fois avant que les Marc Messier, Michel Côté et Claude Meunier ne tirent le rideau une dernière fois l’an dernier après 38 ans.

La taverne Chez Willie rouvrira ses portes sous une nouvelle administration l’été prochain au Théâtre du Vieux-Terrebonne.

Les auteurs et comédiens de la mythique pièce Broue ont en effet annoncé, vendredi, que leurs bras meurtris tendaient la « grosse tablette » à un nouveau trio pour qu’à son tour, il la porte bien haut.

« Pour nous, les auteurs, la période de rodage de Broue est terminée ; on peut désormais passer aux choses sérieuses », a déclaré sans rire Jean-Pierre Plante, déclenchant l’hilarité chez tous les autres présents à l’annonce dans une microbrasserie, signe d’une époque où il ne reste des tavernes — établissements autrefois interdits aux dames — que le nom sur certaines façades.

Jean-Pierre Plante a ensuite dévoilé l’identité des « trois jeunes comédiens de la relève, des talents bien de chez nous qui nous ont promis de battre le record du nombre de représentations de l’équipe originale ».

Or, Broue, dont la première a été présentée au printemps de 1979, a été jouée près de 4000 fois avant que les Marc Messier, Michel Côté et Marcel Gauthier ne tirent le rideau une dernière fois l’an dernier après 38 ans.

C’est donc dire que, si jamais ces « trois jeunes comédiens de la relève » réussissaient l’exploit, Benoît Brière, Martin Drainville et Luc Guérin quitteraient la taverne à l’âge, respectivement, de 91, 92 et 96 ans…

Aussi sérieux qu’à l’habitude, Claude Meunier — qui est aussi au nombre des auteurs avec Jean-Pierre Plante, Francine Ruel, Louis Saïa et les trois comédiens — a ainsi expliqué la décision des auteurs de léguer leur patrimoine théâtral à ces jeunes talents apparemment fort prometteurs : « La poursuite de Broue, c’est pas juste une question de gros sous : c’est d’abord et avant tout une question d’argent. »

« Il y a aussi la question d’appropriation culturelle, c’est-à-dire : est-ce qu’on peut faire jouer des gars chauds et typiquement québécois par n’importe qui ? »

« La réponse est oui ! », a lancé Michel Côté.

Broue demeure un phénomène inédit et inégalé dans le paysage culturel québécois.

Tout près de 3,4 millions de spectateurs ont assisté à cette représentation très colorée de différentes variantes de l’homme des tavernes québécois confronté à la fois à un référendum imminent et, surtout, à l’entrée des femmes dans cet antre qui était jusque-là le dernier refuge de sa masculinité.