«Ripopée» – La magie clownesque

<em>Ripopée</em>, c’est l’histoire de quatre clowns qui vivent un voyage inattendu, non pas celui qui nous déplace sur le plan géographique, mais bien celui qui nous ouvre à l’autre, nous invite à le découvrir.
Photo: Benoit Lemay Ripopée, c’est l’histoire de quatre clowns qui vivent un voyage inattendu, non pas celui qui nous déplace sur le plan géographique, mais bien celui qui nous ouvre à l’autre, nous invite à le découvrir.

Passionnée par le thème du voyage, la metteuse en scène Christine Rossignol l’exploite de façon symbolique dans Ripopée, une toute nouvelle création qui prendra d’assaut les planches du théâtre les Gros Becs pendant la relâche scolaire.

Ripopée, c’est l’histoire de quatre clowns qui vivent un voyage inattendu, non pas celui qui nous déplace sur le plan géographique, mais bien celui qui nous ouvre à l’autre, nous invite à le découvrir. Jointe par Le Devoir, Christine Rossignol explique que le spectacle est avant tout « le voyage du moi intime au moi social, le voyage de l’ordinaire à la fantaisie, de l’objectif personnel à la réalisation ». Tout pour elle est prétexte au voyage intérieur. Que ce soit « l’écho de notre étonnement, notre friction avec la réalité, nos émotions sont des voyages qui nous mènent à d’autres émotions ». Le clown, personnage central de la pièce, est d’ailleurs et surtout investi de cette notion par « sa façon de suivre ses élans et d’aller dans la fantaisie qui demande un abandon». « Un voyage en soi », ajoute-t-elle.

La petite troupe de voyageurs qui s’installent sur la scène participe et témoigne de cette ouverture à l’autre. Le public les regarde prendre place, puis le spectacle démarre au moment où les quatre comparses prennent conscience de l’auditoire. C’était important pour la créatrice de briser ce quatrième mur, symbole, dit-elle, du passage « de ce moi intime au moi public ». Mis en scène en collaboration avec Michel Dallaire, la matérialisation de cette épopée philosophique dévoilera un décor qui rend compte de cet échange. Une roulotte réalisée par la scénographe Huguette Lauzé « s’ouvre et tourne selon différents angles. Elle est à la fois le lieu de vie et de représentation des comédiens ». L’objectif est ainsi, comme le souligne Rossignol, de « décloisonner ces deux fonctions afin de rendre lisible que le clown, quoi qu’il fasse, reste lui-même ».

L’essentielle entité clownesque

D’ailleurs, au-delà de la mise en scène et du thème, ce qui caractérise le plus Ripopée ce sont justement les clowns. Ils sont, dira la créatrice de Terzettto, « la matière première de toute écriture clownesque ». Les artistes collaborent avec les idéateurs et les metteurs en scène à chaque création de pièce. On leur demande d’« improviser afin de trouver une écriture qui serve mieux leur personnage ». Sur scène, ils donnent ainsi l’impression que tout est irréfléchi, « que le ressort du spectacle est lié à la spontanéité des personnages, à leur capacité de voyager avec le moment présent alors que tout est écrit minutieusement ». Ripopée repose ainsi sur le jeu des clowns, leurs actions, puisque, comme le souligne Rossignol, « sa vraie narration, c’est ce qu’il est, ce qu’il vit et la transparence de ses comportements ».

Forte d’un bagage de trente années dans l’art clownesque, Christine Rossignol avoue devoir beaucoup à cet univers : « J’y ai fait et y fais encore bon nombre de mes apprentissages : la rigueur, la pugnacité, l’humilité, le lâcher-prise, la générosité, la prise de risque… Et au bout, qui sait ? Peut-être y trouverais-je un brin de sagesse, comme celle que l’on croise dans les yeux des vieux clowns… Je n’en suis pas encore là… Je suis en chemin… »

Ripopée

Idée originale, direction artistique et mise en scène : Christine Rossignol. Direction de personnage : Michel Dallaire. Auteurs et interprètes : Ariane Cabana, Julie Dionne, Philibert Hébert-Filion, Myriam Sutton. Une production du Théâtre de l’Aubergine. Présentée au théâtre les Gros Becs du 27 février au 11 mars. 5 à 11 ans.