Le Festival international des arts de la marionnette à Saguenay est entre bonnes mains

«Landru» est un spectacle-procès inspiré de l’histoire d’Henri Désiré Landru, qui aurait tué dix femmes et un garçon entre 1915 et 1919.
Photo: Diana Gandra «Landru» est un spectacle-procès inspiré de l’histoire d’Henri Désiré Landru, qui aurait tué dix femmes et un garçon entre 1915 et 1919.

Le Festival international des arts de la marionnette à Saguenay (FIAMS) s’ouvrait mardi à la salle Pierrette-Gaudreault. On y présentait Landru, premier spectacle mis en scène par le Français Yoann Pencolé, diplômé de l’École supérieure nationale des arts de la marionnette de Charleville-Mézières (ESNAM) en 2008.

Le spectacle-procès est inspiré de l’histoire d’Henri Désiré Landru. L’homme, qui aurait tué dix femmes et un garçon entre 1915 et 1919, a été condamné à la peine de mort et guillotiné en 1922, et ce, même si les corps des victimes n’ont jamais été retrouvés. Sur scène, trois narrateurs-marionnettistes approchent avec une bonne dose de dérision cette affaire sordide dont l’horreur se juxtapose à celle de la Première Guerre mondiale.

La plupart des protagonistes sont représentés par des têtes manipulées avec beaucoup de finesse. Il y a bien entendu Landru le barbu, séducteur et excellent orateur, mais aussi l’inspecteur Belin, Sherlock Holmes du dimanche, sans oublier le fils de l’accusé, désopilant et attendrissant, et la maîtresse de Landru, tombée des nues et fort émouvante. Quant à la multitude, celle des soldats aussi bien que des villageois réclamant la tête du criminel, elle s’incarne par le truchement d’un théâtre d’ombres qui suscite l’émerveillement. En somme, un spectacle informatif et divertissant, drôle et critique, glauque et poétique.

Au Foyer des loisirs d’Arvida, on présentait Fastoche, un texte de Laura Sillanpää mis en scène par Pierre Tual et Yngvild Aspeli, trois autres talentueux représentants de la promotion 2008 de l’ESNAM. Sur scène, un acteur, Pierre Tual, un pianiste, Guillaume Hunout, et des marionnettes des plus attachantes. À la veille de ses 30 ans, Jonathan, pétri d’angoisse, s’enferme pour fuir le monde et la réalité, un plan qui sera sérieusement contrecarré par l’apparition mystérieuse d’un vieillard et d’un enfant qui refusent de partir. S’engage alors une pièce à trois voix où il sera question de courage, celui de vieillir, bien entendu, mais aussi celui de prendre des risques, celui d’aimer, celui d’être soi-même et de prendre son envol, si possible avant que la mort vienne. Chantant, jouant et manipulant les deux très belles marionnettes de taille humaine (en même temps), Tual porte cette attendrissante méditation sur la vie avec une vigueur et une précision impressionnantes.

Au Petit Théâtre de l’UQAC, La Tortue noire, une troupe saguenéenne en activité depuis une dizaine d’années, présentait, en première mondiale, Mémoires d’un sablier, une coproduction avec la compagnie mexicaine Luna Morena. Le spectacle mis en scène par Miguel Angel Gutiérrez aborde lui aussi, quoique d’une tout autre manière, la question du vieillissement. Vidéo, objets, matériaux, corps et marionnettes font surgir plusieurs belles images, mais on peine à trouver une cohérence à cet ensemble de fragments. La dernière portion, plus maîtrisée, pourrait servir de point de départ à une réorganisation des pièces du puzzle.

Parmi ceux qui présenteront des spectacles jusqu’à dimanche, mentionnons le Théâtre CRI, la DudaPaiva Company, le Théâtre Motus, le Théâtre À Bout Portant, la compagnie Tenon Mortaise et le Clan des Songes. À l’intérieur comme à l’extérieur, pour les enfants aussi bien que pour les adultes, l’édition 2017 du FIAMS a encore beaucoup à offrir.

14e Festival international des arts de la marionnette à Saguenay

En divers lieux à Jonquière, à Arvida et à Chicoutimi, jusqu’au 30 juillet