«Projet BBQ» – Un souper rassembleur

Christopher Trudel, gérant du Coin de la patate, et la conceptrice de «Projet BBQ», Claude Breton-Potvin
Photo: Francis Vachon Le Devoir Christopher Trudel, gérant du Coin de la patate, et la conceptrice de «Projet BBQ», Claude Breton-Potvin

Cinq lieux, cinq auteurs, cinq dégustations : c’est la proposition de Projet BBQ, qui prendra la forme d’un parcours menant les spectateurs d’un restaurant à l’autre, d’un morceau de théâtre à un autre. Rencontre avec la metteure en scène Claude Breton-Potvin, et Christopher Trudel, du Coin de la patate.

Présenté l’an dernier aux Chantiers et intégrant cette année la programmation du Carrefour international de théâtre, Projet BBQ se voulait une occasion, pour la femme de théâtre qui se décrit comme une « foodie », de parler de notre relation à la nourriture : « Le nom décrit bien ce que je veux faire : c’est un souper entre amis, un souper de quartier où famille, amis, connaissances se rassemblent, et où on parle de tout et de rien. »

Le Pied bleu et le Cercle s’inscriront au menu, de même que les Belles Tartes et la Bécane à bouffe, ainsi que le Coin de la patate. « On fait cinq restaurants… on goûte à plein de choses », se souvient Christopher Trudel, gérant de l’établissement dont l’offre gastronomique pourra sembler moins relevée. Fiché au carrefour des principales artères de la basse-ville que sont le boulevard Charest et les rues Saint-Vallier et Saint-Joseph, le commerce a pourtant bien sa place dans le projet.

« Quand on l’a fait, l’an passé, les gens ont bien aimé, nous autres aussi… On prenait des photos, c’était plein… C’était structuré, pas écrit sur le bord d’une napkin ; et aussi, ça nous a donné un coup de pouce pour la publicité… »

La cabane à patates comme métaphore

Au-delà de notre relation à la nourriture, c’est peut-être davantage l’idée de communion qui donne le coeur du projet : un désir bien visible dans la bande d’auteurs dont s’est entourée Claude Breton-Potvin (Joëlle Bond, Steve Gagnon, Isabelle Hubert, Anne-Marie Olivier et Érika Soucy), mais également dans le nombre de comédiens, 17, qui donneront vie aux cinq tableaux.

« Je pense qu’on manque de rassemblements », explique celle qui, avec sa collègue Ariane Sauvé, avait présenté aux Chantiers en 2013 un premier projet, Athéna BLAST, qui rassemblait 27 comédiennes. « Chacun de notre bord, on est dans nos vies, ça va vite, on est sur notre téléphone… C’est cliché, mais c’est vrai ; on est souvent de notre côté. Et c’est rare qu’on se rassemble tout le monde en même temps pour avoir un bon moment. Et je trouve que souvent, au théâtre, on a accès à ça. »

« C’est aussi comme ça que je choisis mes projets : j’essaie de créer des équipes, de faire un trip de gang. J’aime ça m’entourer du plus grand nombre de gens possible, qu’on travaille à un projet commun ; je trouve ça inspirant, je trouve ça beau. Je trouve qu’on se le permet pas souvent. »

La cabane à patates, tout à coup, prend des airs de métaphore. « Des patates, laisse planer Christopher Trudel, s’il y a bien quelque chose qui peut rassembler des gens… » À la jonction des quartiers Saint-Sauveur et Saint-Roch, la petite bâtisse se fait carrefour d’une mixité certaine, accueillant, à toute heure du jour, sa clientèle diverse. « Que tu sois un avocat de la Couronne ou quelqu’un de la construction, des patates, des poutines, tout le monde aime ça… »

Projet BBQ

Les 29 et 30 mai, et 5 et 6 juin en divers lieux.