«Kinky Boots», taper du pied (dans une botte coquine)

L'action de «Kinky Boots» s’appuie sur une rencontre entre deux univers que tout oppose.
Photo: Matthew Murphy L'action de «Kinky Boots» s’appuie sur une rencontre entre deux univers que tout oppose.

En 2013, lors de la 67e cérémonie des Tony Awards, Kinky Boots a obtenu six victoires, dont celle de la meilleure comédie musicale. Après avoir visité Ottawa et avant de se rendre à Vancouver, Edmonton et Calgary, la création de Harvey Fierstein (livret) et Cyndi Lauper (paroles et musique), inspirée d’un film réalisé en 2005, s’arrête quelques jours à Montréal.

Kinky Boots appartient à ce qui est en voie de devenir un genre en soi. Comme dans The Full Monty, Billy Elliot et Pride, l’action, qui se déroule en sol britannique, s’appuie sur une rencontre entre deux univers que tout oppose. Pour sauver de la faillite la fabrique de chaussures qu’il a héritée de son père, Charlie va s’associer à Lola, une drag queen qui ne laissera aucun des employés de l’usine de Northampton indifférent. Ensemble, ils vont créer des bottes… très coquines.

L’intrigue, particulièrement schématique, sert d’abord et avant tout à relier de flamboyants numéros. C’est que Lola ne voyage jamais sans ses copines, six drag queens qui accompagnent énergiquement chacun de ses irrésistibles hymnes, de Land of Lola à What a Women Wants en passant par Sex Is in the Heels. S’ajoute à cela un amour naissant entre Charlie et une de ses employés, puis un combat de boxe saugrenu entre Lola et Don, un ouvrier rustre et étroit d’esprit.

La figure de la drag queen est récurrente en comédie musicale. Dans Cabaret, The Rocky Horror Show, Rent et Hedwig and the Angry Inch, le personnage porte un puissant message d’ouverture et de fraternité. Dans Kinky Boots, la leçon de Lola, sans cesse martelée, finit par donner à la représentation des allures de camp de vacances. Reste que la prestation de J. Harrison Ghee vaut le déplacement. Doté d’une voix superbe, d’un pas assuré et de ce qu’on pourrait appeler le physique de l’emploi, le comédien fait preuve d’un rare magnétisme.

Kinky Boots

Livret : Harvey Fierstein. Paroles et musique : Cyndi Lauper. Direction musicale : Stephen Oremus. Mise en scène et chorégraphie : Jerry Mitchell. Avec J. Harrison Ghee, Curt Hansen, Rose Hemingway et 30 autres interprètes. Une présentation de Broadway Across Canada et Evenko. À la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts jusqu’au 8 janvier. En anglais.