À voir à la télévision le samedi 21 février - Le théâtre comme la vie

Il a eu la piqûre du théâtre en traînant dans la rue Sainte-Catherine pour se sauver du rituel du chapelet en famille. Il n'a pas de méthode particulière pour diriger les comédiens, sinon qu'il les écoute. Mais il a beaucoup utilisé les planchers inclinés dans ses mises en scène, justement pour forcer les acteurs à ne pas être «paresseux», dit-il.

Et son rêve le plus fou, ce serait de monter un collage de textes sur la guerre de Troie, qu'il a découvert en Grande-Bretagne et qui exige 63 acteurs pendant dix heures...

Sauf erreur, c'est la première fois que René Homier-Roy reçoit un metteur en scène de théâtre dans cette série souvent fort intéressante. Durant les premières minutes de la rencontre, on ressent un malaise: André Brassard est resté partiellement paralysé après un accident cardiovasculaire. Son rythme et son timbre de voix sont altérés. «Ma tête marche mais mon corps ne marche plus», dit-il avec tristesse.

Mais plus l'émission avance, plus on retrouve son ironie, son sens de la formule, son intelligence. Brassard livre quelques anecdotes (pour combler huit rôles dans la première production des Belles-soeurs, il lui a fallu contacter 53 comédiennes, plusieurs fuyant devant l'audace du texte!), parsème la conversation de citations de Bergman, de Borges, de Brecht et surtout de Jean Genet, «qui [lui] a appris à vivre», dit-il. Et il décrit le «sentiment de rage» qui l'a toujours habité et qui continue de l'habiter. Passionné par son travail à l'École nationale de théâtre, il réplique, lorsqu'il se fait demander à quoi sert une telle école, que «ça doit servir d'abord à vivre».

Viens voir les comédiens: André Brassard

Artv, 20h