Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines

L’ambitieux spectacle de la troupe Titanick est présenté trois soirs en plein air. Son esthétique évoque l’univers de Terry Gilliam.
Photo: David Affriat Le Devoir L’ambitieux spectacle de la troupe Titanick est présenté trois soirs en plein air. Son esthétique évoque l’univers de Terry Gilliam.

Coup de coeur du festival Juste pour rire en 2002 avec son spectacle Titanic, la troupe Titanick revient avec Firebirds, ambitieux spectacle présenté trois soirs en plein air et dont l’esthétique évoque l’univers de Terry Gilliam. Soutenu par la fanfare française Le SNOB et une cinquantaine de comédiens amateurs recrutés à Montréal, cinq pilotes y rivalisent sans vergogne afin de gagner la faveur du public.

« Notre inspiration provient des pionniers de l’aviation du XIXe siècle », explique le directeur artistique Uwe Köhler. « En faisant des recherches, nous avons découvert jusqu’à quel point ils osaient défier la mort pour réaliser leur rêve de voler. Ils ont conçu toutes sortes d’étranges créations en s’inspirant des oiseaux, des abeilles, des mouches. »

Afin de voler, les pilotes devront obtenir la permission d’un mystérieux personnage suspendu dans les airs, l’ange noir. « C’est le personnage principal du spectacle, une figure mythique qui règne sur le ciel. Il se moque des pilotes, mais bénit leurs machines volantes. À Münster, ville très catholique où je vis, le prêtre invite chaque année les gens à venir faire bénir leur automobile. Je trouve cette tradition si ridicule que j’ai voulu l’intégrer au spectacle. »

Est-Ouest

Fondée en 1990, un an après la chute du mur de Berlin, la troupe Titanick réunit des artistes de Münster, située dans l’Ouest, et de Leipzig, ville de l’Est.

« À Münster, nous voulions renouveler l’art de la rue, mais c’était difficile de trouver des artistes qui allaient nous amener ailleurs. Nous sommes donc partis à Leipzig ; nous nous sommes dit qu’avec la chute du mur, les artistes de l’Est auraient l’esprit bien ouvert. De fait, nous y avons découvert d’extraordinaires musiciens, acteurs, techniciens qui avaient eux aussi envie de raconter des histoires de façon visuelle en combinant la musique, la machinerie et les effets spéciaux. »

En 26 ans d’existence, Titanick a créé une quinzaine de spectacles pour un total de plus de 1000 représentations à travers le monde. « Firebirds est très différent de ce que nous avons fait auparavant, mais d’un spectacle à l’autre, ce que nous aimons explorer, c’est la relation entre l’homme, la nature et la technique. »

Derrière l’exubérance du spectacle, le foisonnement des couleurs et les feux d’artifice, la troupe propose à sa manière un regard sur l’histoire. Dans les années à venir, Uwe Köhler annonce que Titanick apportera une dimension plus sociale et plus politique à ses spectacles.

« Notre prochain spectacle est très influencé par la crise des réfugiés. L’Allemagne a recueilli beaucoup de réfugiés et cela a pour effet de changer la société ; il y a autant de peur de leur côté que du nôtre. Nous avons donc combiné l’histoire d’Alice au pays des merveilles avec celle d’une petite Syrienne réfugiée en Allemagne. Évidemment, le tout est raconté de façon très visuelle. »

Firebirds

Titanick (Allemagne), scène Vidéotron (Quartier des spectacles) 22, 23 et 24 juillet, 21 h