Une fois au chalet

Florence Longpré
Photo: Annie Éthier Florence Longpré

Dans la veine de Texas de François Létourneau, pièce-hommage à Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper présentée à SPASM en 2007, Les vacances de Peggy Sue, écrite et mise en scène par Florence Longpré (Chlore) et Pascale Renaud-Hébert (Julie, tragédie canine), puise son inspiration dans le cinéma d’horreur.

Par un beau week-end d’été, quatre amis (Richardson Zéphir, David Laurin, Jean-Alexandre Giguère et Pascale Renaud-Hébert) se retrouvent dans un chalet pour s’éclater. Or le chalet en question est construit sur les vestiges d’un ancien cimetière.

« Il y a plein de clins d’oeil au cinéma d’horreur, mais pas à des films en particulier. On est en plein dans le gros cliché, dans la parodie de films d’horreur d’ados où les gens sont beaux, où il y a une histoire d’amour. Les acteurs parlent même à la manière des doublages français ; tout est exagéré », explique Florence Longpré à quelques heures de la générale.

C’est à la demande de l’humoriste Richardson Zéphir, qui souhaitait faire du théâtre, que Pascale Renaud-Hébert et celle que l’on connaît pour son personnage de Gaby Gravel ont écrit Les vacances de Peggy Sue. Pour les besoins de la pièce, les deux jeunes dramaturges ont dû alors regarder plusieurs films d’horreur. Spontanément, on pourrait penser que toutes deux sont friandes du genre.

« Ce qui est drôle, c’est qu’avec Pascale, on est très, très peureuses, admet Florence Longpré en riant. On n’est pas capables de regarder toutes seules des films d’horreur, c’est donc pour ça qu’on a formé un petit cinéclub d’horreur. Des fois, on fait des sleepover parce qu’on n’est pas toujours games de retourner à la maison toutes seules. On est complètement ados ! »

Comédie de genre

Malgré les frissons que provoquent chez elle les films d’horreur, Pascale Renaud- Hébert planche sur une pièce où elle s’interroge sur la peur au théâtre.

« Parmi tous les sentiments qu’on peut avoir au théâtre, la peur est vraiment difficile à provoquer chez le spectateur, explique Florence Longpré. Dans Les vacances de Peggy Sue, je ne crois pas que le public va avoir peur, parce qu’on est dans la parodie. Si on poussait la chose plus loin, et peut-être qu’on le fera, on essaierait de réussir à aller chercher l’humour et l’horreur, de réussir à faire passer le spectateur du rire à un vrai sentiment de peur. »

Si l’on retrouve dans la pièce toutes les recettes propres au genre, cela ne signifie pas qu’elle ne réserve aucune surprise au public amateur de films d’horreur. Ainsi, la fameuse Peggy Sue du titre n’est peut-être pas la survival girl classique.

Outre les revirements de l’intrigue, la scénographie de la pièce pourrait en surprendre plusieurs. Ayant participé à La BD s’improvise, spectacle au cours duquel des bédéistes dessinaient en direct les décors, Renaud-Hébert et Longpré ont eu l’idée de reprendre le concept en invitant Saymone Phanekham à bord. La musique étant primordiale dans un film d’horreur, Fi Set accompagnera les acteurs au piano.

« On ne sait pas trop encore ce que ça va donner. C’est vraiment un laboratoire où on a mixé ensemble plein de métiers, et c’est ce qui est thrillant. J’ai hâte de voir le résultat, je suis très curieuse… Mais j’ai aussi peur. »

Les vacances de Peggy Sue

Les 13, 23 et 27 juillet, 22 h Studio Hydro-Québec au Monument-National