Planches de salut

Les comédiens impressionnent, aussi à l’aise avec les mots qu’avec les mouvements, voire les acrobaties.
Photo: Catherine Asselin-Boulanger Les comédiens impressionnent, aussi à l’aise avec les mots qu’avec les mouvements, voire les acrobaties.

La plus récente production de la compagnie Omnibus met en scène les préoccupations intimes, sociales et artistiques de dix jeunes interprètes doués. Dirigé par Réal Bossé, le portrait de génération s’intitule Plywood. C’est que, pour déployer leur imaginaire, exprimer leurs rêves et leurs angoisses, les acteurs créateurs, cinq hommes et cinq femmes, ont décidé de faire appel à… trois feuilles de contreplaqué de 4 pi sur 8 pi.

Il s’agit peut-être, pour ces représentants de la génération Y, d’une manière de reconstruire, ou à tout le moins de rénover un monde en déliquescence. Avec trois planches, on peut créer des murs d’incompréhension, des remparts infranchissables, mais aussi des passerelles entre les êtres, des tréteaux, autant de promontoires pour de nouvelles idées. Le parti pris scénographique, d’une appréciable sobriété, produit, dans son dialogue avec les dix corps en mouvement, mais aussi avec la lumière de Mathieu Marcil et la musique de Ludovic Bonnier, un riche dialogue.

Suite de vignettes

Malheureusement, le dispositif ne trouve que bien peu d’écho dans le propos du spectacle, d’une minceur étonnante. On assiste à cette suite de vignettes, 50 dialogues ou adresses au public, en espérant sans cesse que l’accumulation des fragments donne de l’ampleur au tableau, que le tout soit plus grand que la somme des parties. Or cela ne se produit jamais. Les membres de cette cohorte en quête de sens abordent le travail, l’amour et l’état du monde de manière convenue. On juxtapose la réalité des hommes et celle des femmes en multipliant les clichés. Même la restitution du Printemps érable s’avère anecdotique.

Le spectacle est peut-être défendu par des comédiens en quête d’auteur, il reste que ceux-ci impressionnent, aussi à l’aise avec les mots qu’avec les mouvements, voire les acrobaties. On retrouve Anne Sabourin, Jennyfer Desbiens et Xavier Malo, qui nous avaient éblouis dans Rêves, chimères et mascarade, spectacle créé par Bossé, avec Pascal Contamine et Christian LeBlanc, en 2009. Puis on en découvre d’autres, comme Simon Landry-Désy et Andréanne Théberge. Ne serait-ce que pour aller à la rencontre de ce groupe de comédiens charismatiques, Plywood vaut le détour.

Plywood

Maîtrise d’oeuvre : Réal Bossé. Création, textes et interprétation : Sarah Beer, Jennyfer Desbiens, Charles Fournier, Simon Landry-Désy, Noémi Lira, Xavier Malo, Bryan Morneau, Anne Sabourin, Andréanne Théberge et Olivier Turcotte. Une production de la compagnie Omnibus. À l'Espace Libre jusqu’au 30 avril.