Wajdi Mouawad sur La Colline

Wajdi Mouawad, en 2011
Photo: La Presse canadienne Wajdi Mouawad, en 2011

Il s’en va là-haut siffler son art sur La Colline. L’homme de théâtre québécois, ancien directeur artistique du Théâtre de Quat’Sous à Montréal et du Théâtre français du Centre national des arts d’Ottawa, Wajdi Mouawad a été nommé mercredi par le président français, François Hollande, à la tête du prestigieux théâtre national La Colline, à Paris.

L’établissement de la rue Malte-Brun dans l’Est parisien est voué à la diffusion d’un répertoire varié et à la création d’oeuvres contemporaines françaises et étrangères. Le nouveau directeur a été choisi par la ministre de la Culture française, Audrey Azoulay, pour les dimensions « lyrique, populaire et métissé » qu’il va pouvoir amener à l’institution.

Contacté par Le Devoir, le nouveau directeur de La Colline, une adresse prisée dans la sphère culturelle européenne, n’a pas souhaité se prononcer publiquement sur cette nomination, préférant réserver ses premiers mots sur cette autre entrée en scène pour l’équipe de l’institution théâtrale qu’il va rencontrer vendredi prochain.

Wajdi Mouawad prend la tête de La Colline et succède ainsi à Stéphane Braunschweig, parti il y a quatre mois pour diriger une autre adresse prestigieuse du théâtre parisien : l’Odéon. Il était en compétition pour ce poste contre des candidatures imposantes, dont celles de Julie Brochen, ex-directrice du Théâtre national de Strasbourg, du comédien Arthur Nauzyciel, directeur du Centre dramatique national d’Orléans et de l’auteur et metteur en scène Pascal Rambert, directeur du Théâtre de Gennevilliers.

Répertoire varié

Dans les dernières semaines, La Colline a livré des textes aussi variés que Le canard sauvage d’Henrik Ibsen, À ce projet personne ne s’opposait de Marc Blanchet et Alexis Armengol, La cerisaie de Tchekhov ou encore Scène de la vie conjugale d’Ingmar Bergman. Les obsessions créatrices de Wajdi Mouawad liées à l’identité, à la mémoire et à l’héritage, qu’il trame sur plusieurs continents, ont séduit la ministre de la Culture qui s’est réjouie de voir cet « engagement et ce trajet qui est le sien » teinter sa direction du théâtre, un des cinq théâtres dits subventionnés de France, dont la Comédie-Française fait également partie.

Depuis quelques années, le créateur d’Incendies, de Forêt, de Littoral et, plus récemment de Soeurs, livré en 2015 sur les planches du Théâtre d’Aujourd’hui, partage sa vie entre le Québec et la France où, il est, entre autres, artiste associé au Grand T, théâtre de Loire-Atlantique à Nantes.

Artiste et créateur engagé et allergique aux compromissions, Wajdi Mouawad a refusé avec fracas en 2005 de recevoir le Molière — une instance de valorisation du théâtre en France — du meilleur auteur francophone pour sa pièce Littoral, et ce, pour dénoncer publiquement « l’indifférence » des directeurs de théâtre, en France, quant à la création contemporaine.

Il a également mis en relief, malgré lui, les contradictions de plusieurs intellectuels, en France et au Québec, en 2011, en se retrouvant sous un feu nourri de critiques après avoir eu l’idée de confier à Bertrand Cantat, alors en phase de réinsertion sociale après avoir purgé une peine de prison pour l’assassinat de Marie Trintignant, la musique et son interprétation dans sa trilogie Sophocle intitulée Des femmes.

1 commentaire
  • François-Xavier Inchauspe - Abonné 7 avril 2016 08 h 26

    Wajdi Mouawad sur la Colline

    Juste un petit commentaire pour rétablir les faits. Il me semble que Wajdi n'habite plus au Québec depuis plus de cinq ans. Il ne partage donc pas vraiment sa vie entre la France et le Québec.Nous nous réjouissons de sa nomination.