Des marionnettes partout!

Le Blind Summit Theatre d’Angleterre présentera «The Table», qui met en scène un Moïse en pleine crise manipulé selon la technique du bunraku.
Photo: Lorna Palmer Le Blind Summit Theatre d’Angleterre présentera «The Table», qui met en scène un Moïse en pleine crise manipulé selon la technique du bunraku.

Vous prenez des Anglais d’Angleterre, des Anglos du Canada et des Polonais de la vieille Europe. Vous pimentez d’un beau gros morceau de Pire Espèce, d’un autobus déguisé en avion, de Belzébrute même, puis vous saupoudrez enfin d’une causeuse tenue Tenon Mortaise… Et l’air de rien, vous avez déjà l’essentiel de la programmation éclatée de la onzième édition du Festival de Casteliers, consacré à la marionnette pour petits et grands.

Du 2 au 6 mars dans l’arrondissement Outremont, ce sera d’ailleurs extrêmement difficile de ne pas se mettre au diapason de la marionnette, puisqu’on peut déjà en voir plus de 120 — appartenant à la collection de Micheline Legendre — depuis le 17 février dans les vitrines d’une trentaine de commerces de tout le quartier.

De Beckett à Louis Riel

Louise Lapointe, la fondatrice et directrice de l’événement, n’est d’ailleurs pas peu fière de sa programmation. « On est toujours très excités à quelques jours de l’ouverture d’un festival, dit-elle, mais cette année, j’avoue que je suis particulièrement heureuse. Nous accueillons en effet six compagnies qui ne sont jamais venues à Casteliers, dont deux qui s’illustrent depuis longtemps sur la scène internationale : le Blind Summit Theatre d’Angleterre et le Teatr Animacji de Pologne. »

La compagnie anglaise donnera trois représentations de The Table, qui met en scène un Moïse en pleine crise manipulé selon la technique du bunraku. S’il faut en croire le programme du festival, le spectacle — présenté en anglais avec surtitres français au Théâtre Outremont pour un public de 13 ans et plus — « combine l’humour noir de Beckett et la technologie d’empaquetage à plat de chez Ikea ». Quant aux Polonais du Teatr Animacji, ils proposent Oh ! L’Oie, l’Oie, un spectacle acclamé partout depuis 2014 ; cette histoire loufoque raconte les malheurs d’une oie déprimée (dès 7 ans à l’école Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont).

Toujours aussi enthousiaste au bout du fil à quelques jours de l’inauguration, Louise Lapointe poursuit en parlant du travail très original de la compagnie Mind of a Snail de Vancouver — théâtre d’ombres colorées et masques —, qui s’amène avec Caws&Effect (dès 7 ans) et une courte forme, Buddy, un spectacle pour adulte utilisant la projection vidéo et l’art du cirque. Quant à la compagnie anglophone montréalaise RustWerk ReFinery, elle présente au festival Louis Riel. Une bande dessinée, une adaptation théâtrale très physique (dès 12 ans) du roman graphique de Chester Brown.

Vortex marionnettique

Casteliers accueille aussi deux compagnies québécoises pour la première fois. D’abord l’Ubus Théâtre de Québec, qui a transformé son célèbre autobus jaune en avion pour Caminando&Avlando, une histoire ponctuée d’exils racontée avec l’invention et les techniques diverses qui caractérisent la compagnie. Puis Tenon Mortaise qui reprend ici Carré de sable, qui avait séduit les enfants de 2 à 6 ans l’été dernier au Festival de marionnettes à Saguenay (FIAMS).

Mais Casteliers fait place à d’autres compagnies d’ici habituées du festival, comme la Pire Espèce, qui revient avec son remarquable Petit bonhomme en papier carbone, et Belzébrute qui présente sa version pour enfants de l’histoire de M. Patate (Monsieur qui ?, dès 8 ans). Sans oublier La causeuse, un spectacle silencieux à la croisée de la danse, du mime et du théâtre d’objets (dès 13 ans) proposé par la compagnie Sens Equivoc’ de Montréal.

À tout cela il faut aussi rajouter un spectacle d’ouverture haut en couleur à l’Outremont, le mercredi 2 mars ; après la première de The Table,on pourra assister à On ne badine pas avec l’amour… de la marionnette un spectacle mettant en vedette les soeurs Lapointe et Carl Béchard. Cette année, on aura même droit dans le cadre de Ciné-Casteliers à un documentaire sur Yeung Faï, un maître chinois en exil.

Louise Lapointe précise que l’événement sera ponctué d’une série de courtes formes, d’ateliers aussi — la Grande Bibliothèque propose par exemple aux enfants quatre ateliers de fabrication de marionnettes le dimanche 28 février —, de rencontres et de tables rondes. On trouvera bien sûr tous les renseignements possibles, les coordonnées des spectacles, les lieux et les tarifs sur festival à casteliers.ca

À voir le vortex d’activités qui prend forme dans le quartier Outremont, qui doutera du fait que la marionnette vit une véritable renaissance un peu partout à travers le monde ?

Festival de Casteliers

Festival des arts de la marionnette. Du 2 au 6 mars dans l’arrondissement Outremont.