Puiser au répertoire

Christian Saint-Pierre Collaboration spéciale
Le Périscope propose une relecture du «Vinci» de Robert Lepage, avec Olivier Normand, Frédéric Dubois et Pierre Philippe Guay.
Photo: Le Périscope Le Périscope propose une relecture du «Vinci» de Robert Lepage, avec Olivier Normand, Frédéric Dubois et Pierre Philippe Guay.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

On semble s’être concertés pour délaisser cet automne, dans les théâtres de la Vieille Capitale, les pièces immortelles de Molière, Shakespeare ou Tchekhov. On a, peut-être pour se souvenir du chemin parcouru tout en se projetant dans l’avenir, préféré quelques joyaux issus du répertoire québécois.

En septembre, Frédéric Dubois célèbre les 30 ans du Périscope en mettant en scène Vinci. Ce sera la première relecture d’un texte de Robert Lepage. Olivier Normand incarne Philippe, le photographe qui apaise ses angoisses en marchant dans les pas d’un certain Léonard. Le spectacle sera ensuite présenté à travers le Québec jusqu’en décembre.

Toujours en septembre, à la Bordée, Jean-Philippe Joubert met en scène Bousille et les justes, une pièce de Gratien Gélinas qui marque la fin de la période duplessiste et préfigure la Révolution tranquille. Christian Michaud incarne Bousille, le simple d’esprit qu’on pousse au parjure.

En novembre, au Périscope, on présente Sauvageau Sauvageau, un parcours dans la vie et l’oeuvre d’Yves Sauvageau, l’auteur de Wouf Wouf, mort en 1970 à 24 ans. Signé Christian Lapointe, mettant en vedette Paul Savoie et Gabriel Szabo, le spectacle est coproduit par le Théâtre Blanc et le Théâtre d’Aujourd’hui (où il sera créé en septembre).

Quelques créations

En marge de cet engouement pour notre répertoire, on trouve un habituel parti pris pour la création. En septembre, au Périscope, Steve Gagnon, Marie-Josée Bastien et Harold Rhéaume reprennent L’Éveil, un spectacle de danse-théâtre, vibrant hommage à l’adolescence créé l’automne dernier. En octobre, à Premier Acte, Marie Gilbert met en scène Crépuscule, un texte d’Odré Simard sur la réalité des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

En novembre, toujours à Premier Acte, Nicolas Gendron présente Et au pire, on se mariera, un spectacle inspiré du premier roman de Sophie Bienvenu. Kim Despatis incarne Aïcha, une adolescente qui a le coeur à vif. En décembre, au Périscope, pendant une seule semaine, Anne-Marie Olivier et Véronique Côté reprennent Faire l’amour, une pièce de théâtre documentaire sur le sexe dans ce qu’il peut avoir de plus beau et de plus terrible.

Trois textes contemporains

L’automne donnera également l’occasion d’entrer en contact avec trois auteurs étrangers contemporains. En septembre, le Trident s’associe au Théâtre Niveau Parking pour produire Le dieu du carnage. Dirigé par Michel Nadeau, l’explosif huis clos de la Française Yasmina Reza sera notamment défendu par Marie-Josée Bastien et Hugues Frenette. Toujours en septembre, à Premier Acte, Guillaume Pepin signe la mise en scène de Trois nuits avec Madox, une pièce du Français d’origine roumaine Matéi Visniec où s’exprime l’absurdité de la condition humaine. Finalement, en octobre, au Périscope, il ne faut pas rater Tribus, une pièce de la Britannique Nina Raine mise en scène par Frédéric Blanchette. Créé à La Licorne l’automne dernier, le spectacle aborde avec beaucoup de justesse la question de l’incommunicabilité au sein d’une famille pour le moins dysfonctionnelle. Bonne saison !

Pleins feux sur Marie-Hélène Gendreau et Édith Patenaude

Sorties du Conservatoire d’art dramatique de Québec il y a une décennie à peine, Marie-Hélène Gendreau (à gauche) et Édith Patenaude ont le vent dans les voiles. Si bien que cet automne, elles n’auront pas un instant pour souffler.

En octobre, à La Bordée, Marie-Hélène Gendreau met en scène Trainspotting, une adaptation du roman d’Irvine Welsh. Lors de sa création à Premier Acte en 2013, le spectacle avait obtenu un accueil exceptionnel. En novembre, à Premier Acte justement, Gendreau met en scène et tient un rôle dans une pièce où Anne-Julie Royer fait entendre les multiples voix intérieures d’une femme : Sur la montagne, nue.

En octobre, au Périscope, Édith Patenaude présente, avec ses complices des Écornifleuses, dans le décor du spectacle en cours, Le monde sera meilleur, une réflexion à la fois intime et citoyenne. En novembre, sous la bannière du Trident, Pateneaude met en scène 1984, une adaptation du roman dystopique de George Orwell coproduite par le TDP. Finalement, au Périscope, du 3 au 5 décembre, c’est sous sa direction artistique que se déroule le 5e Festival du Jamais Lu Québec.