Une saison nommée désir

Pour la rentrée hivernale 2016, Céline Bonnier réapparaîtra en Blanche DuBois pour la reprise d’«Un tramway nommé désir», le classique de Tennessee Williams.
Photo: Caroline Laberge Pour la rentrée hivernale 2016, Céline Bonnier réapparaîtra en Blanche DuBois pour la reprise d’«Un tramway nommé désir», le classique de Tennessee Williams.

Monia Chokri, Céline Bonnier et Béatrice Dalle (oui, oui, la Béatrice Dalle de 37°2 le matin) seront, dans l’ordre, les trois actrices sur les devants de la scène de l’Espace Go. La saison 2015-2016 du théâtre le plus féminin de Montréal aura, à travers ces trois visages, des héroïnes en accord avec ce qui se défend là depuis 35 ans.

Trente-cinq ans, c’est le temps qui se sera écoulé depuis que Ginette Noiseux a pris les commandes d’une compagnie fondée peu de temps auparavant, en 1979, comme le Théâtre expérimental des femmes. L’Espace Go de Noiseux a été porté par de « nouveaux modèles d’héroïnes : émancipées, subversives, audacieuses, irrévérencieuses, désobéissantes, libres ».

Désir à nu

Les trois spectacles maison de 2015-2016 répondront à cette ligne directrice. Les héroïnes incarnées par les Chokri, Bonnier et Dalle seront des personnages forts, liés par le thème du « désir à nu ».

Monia Chokri (Les amours imaginaires), associée davantage à l’écran qu’à la scène, reprendra dans Peep Show un rôle créé — et écrit — par Marie Brassard. Ce « Petit chaperon rouge des temps modernes », comme le présentent les outils de communication de l’Espace Go, ouvrira la saison en septembre dans une version révisée par Marie Brassard elle-même.

Pour la rentrée hivernale 2016, Céline Bonnier réapparaîtra en Blanche DuBois pour la reprise d’Un tramway nommé désir, le classique de Tennessee Williams tel que mis en scène en 2015 par Serge Denoncourt. L’ensemble de la distribution demeure le même, excepté pour le premier rôle masculin. Patrick Hivon prendra alors la peau de Stanley Kowalski.

Égérie, pour ne pas dire fantasme du cinéma français des années 1980, Béatrice Dalle montera en avril sur les planches montréalaises. Elle y incarnera des figures féminines de la mythologie, abandonnées dans leur passion amoureuse. La pièce Les lettres d’amour, mise en scène par le réputé David Bobée, du Centre Dramatique National de Haute Normandie, mélangera des textes d’Ovide, poète de l’Antiquité, à l’auteure québécoise Évelyne de la Chenelière, artiste en résidence à l’Espace Go. On y promet « une véritable tempête », à laquelle participeront le circassien Anthony Weiss et le groupe électro folk Dear Criminals.

Les autres productions

Six autres productions seront à l’affiche, boulevard Saint-Laurent. Trois d’entre elles seront des créations du théâtre Petit à Petit : Five Kings — L’histoire de notre chute, drame d’Olivier Keimed inspiré de Shakespeare et mis en scène par Frédéric Dubois ; Saint-André-de-L’épouvante, premier texte dramatique de Samuel Archibald (Arvida), dirigé par Patrice Dubois ; Révolution à Laval, comédie de Guillaume Lagarde mise en scène par Sébastien Dodge.

C’est à l’Espace Go que se poursuivra le cycle dramaturgique (et numérique) mis en scène par Mani Soleymanlou : après Un, Deux, Trois puis la très masculine Ils étaient quatre, voici Cinq à sept — toutes des pièces supportées par sa compagnie Orange noyée. La différence, avec Cinq à sept, c’est qu’elle donne voix uniquement à des filles — d’où l’Espace Go. Et que le texte n’est pas de Soleymanlou, mais de Fanny Britt.

Le Théâtre de l’Opsis, lui, présentera Bientôt viendra le temps, une comédie de la Danoise Line Knutzon, mise en scène par Luce Pelletier. Enfin, le Théâtre Incliné se tourne vers un texte de Daniel Danis, La morsure de l’ange. La mise en scène de José Babin et Alain Lavallée comprendra des jeux d’ombres, des marionnettes et un volet vidéo.

À voir en vidéo