Les femmes en question(s)

«Si vous entrez à Espace libre, c’est pour assister au spectacle de ceux et celles qui lancent au ciel des questions qui leur reviendront toujours en questions», résume Geoffrey Gaquère, directeur artistique de la compagnie.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir «Si vous entrez à Espace libre, c’est pour assister au spectacle de ceux et celles qui lancent au ciel des questions qui leur reviendront toujours en questions», résume Geoffrey Gaquère, directeur artistique de la compagnie.

Onze. C’est le nombre d’oeuvres sur lesquelles Geoffrey Gaquère a jeté son dévolu pour la saison à venir d’Espace libre. « Si vous entrez à Espace libre, c’est pour assister au spectacle de ceux et celles qui lancent au ciel des questions qui leur reviendront toujours en questions », résume le nouveau directeur artistique. On le remarque d’emblée, les « escales théâtrales » proposées se feront souvent à travers des regards féminins.

C’est un nouveau texte d’Evelyne de la Chenelière qui ouvre la saison 2015-2016. Seule en scène, cette dernière interprète dans Septembre une mère qui, venue chercher sa fille à l’école, se prend au piège du rêve éveillé, entre chimères et pulsions morbides. Mise en scène de Daniel Brière. Du 8 septembre au 2 octobre.

Marie-Louise Bibish Mumbu et Philippe Ducros interprètent Bibish de Kinshasa — qu’elle a écrit et qu’il met en scène — ou les réminiscences d’une journaliste qui revit différents épisodes de sa vie au Congo. Du 6 au 24 octobre.

Avec Spécialités féminines, la troupe Omnibus poursuit son exploration du corps, cette fois spécifiquement celui de femmes. L’argument ? « Comment on fait ici en 2015 pour grandir, pour aimer, pour vieillir ? De la petite fille à la mère en passant par l’adolescente, c’est sous plusieurs coutures que nous est donné à voir, et aimer, le genre féminin. » Du 28 octobre au 14 novembre.

Brigitte Poupart met en scène l’oeuvre collective Table rase, dans laquelle six jeunes femmes se réunissent dans un chalet pour faire bombance, mais surtout pour remettre en question leurs existences, le monde… Du 18 novembre au 5 décembre.

Bilingue et décliné en trois parties (exposition, représentation, discussion), Like Mother, Like Daughter/Telle mère, telle fille, du Why Not Theatre de Toronto, réunit des mères et des filles juives engagées dans un dialogue intergénérationnel auquel les spectateurs sont ensuite invités à se joindre. Du 3 au 10 février.

Inspiré par les tristes expériences de sa grand-mère, Native Girl Syndrome, de Lara Kramer, plonge au coeur du drame de l’itinérance chez les femmes autochtones. « Ce spectacle n’est ni de la danse ni du théâtre : c’est de la vie », d’expliquer la dramaturge et chorégraphe. Du 10 au 19 mars.

Et aussi…

10 au 19 décembre : La LNI s’attaque aux classiques, ou lorsque des improvisateurs de haut vol satirisent amoureusement les maîtres Tchekhov, Brecht, Shakespeare et Cie.

12 au 30 janvier : La vague parfaite, ou lorsque des surfeurs hédonistes du Théâtre du futur se soucient davantage de leurs corps musclés que du tsunami qui vient.

23 février au 19 mars : Animaux, ou lorsque le rapport de l’humain à l’animal se colore d’ambiguïté sous l’oeil aiguisé du Nouveau théâtre expérimental.

5 au 30 avril : Plywood, ou lorsque Réal Bossé et Omnibus s’intéressent à ce bois composite rugueux et plein d’échardes pour mieux commenter la société par le jeu de la métaphore.

11 au 21 mai : Pôle Sud, documentaires scéniques, ou lorsqu’Anaïs Barbeau-Lavalette et son conjoint, Émile Proulx-Cloutier, explorent le quartier Centre-Sud où Espace libre a pignon sur rue.