Comme sur des roulettes

Antoine Bertrand et Luc Guérin sont pour beaucoup dans l’efficacité de cette machinerie comique.
Photo: François Laplante Delagrave Antoine Bertrand et Luc Guérin sont pour beaucoup dans l’efficacité de cette machinerie comique.

Une pièce qu’on transpose au cinéma, c’est assez courant. Mais un film qu’on adapte pour le théâtre, c’est plus rare. Le Québec serait le deuxième, après l’Allemagne, à porter à la scène Intouchables, le film réalisé et scénarisé en 2011 par Olivier Nakache et Éric Toledano.

Inspiré d’un fait réel, la relation entre Philippe Pozzo di Borgo, homme d’affaires devenu tétraplégique à la suite d’un accident de parapente, et Abdel Yasmin Sellou, son aide à domicile d’origine sénégalaise, le long-métrage arrive au deuxième rang du box-office français et est le film français le plus vu hors de France.

Évacuant la délicate question de l’immigration, privilégiant celle des classes sociales, le spectacle mis en scène par René Richard Cyr se déroule dans une ville qui pourrait très bien être Montréal. Au coeur de la pièce, deux hommes que tout oppose. Alors que le noble Philippe habite une maison immense dans un quartier riche, Louis, le mal dégrossi, a grandi entre les quatre murs d’un minuscule logement situé dans un quartier des plus modestes.

Le premier parle bien, gère une petite fortune, aime la peinture et la musique classique. Le second parle mal, sort de prison, vit de l’aide sociale et n’a que du mépris pour l’art. Heureusement, la vie, qui a plus d’un tour dans son sac, obligera les deux hommes, séparés par un véritable gouffre social, à ouvrir leurs coeurs, à laisser tomber les armures, à devenir des amis, en somme à se rencontrer à mi-chemin.

Vous aurez compris que la pièce, qui tient à vrai dire de la fable, avec une morale édifiante à la clé, ne brille pas par sa finesse ou son originalité. N’y allons pas par quatre chemins : le spectacle est pétri de clichés, animé par des ressorts comiques terriblement usés, enseveli sous les bons sentiments et prévisible à un point tel que c’en est navrant.

Faute d’être novateur, le spectacle de deux heures dirigé par René Richard Cyr a le mérite d’être sans temps morts. Tout y est d’ailleurs littéralement sur roulettes. Luc Guérin et Antoine Bertrand sont pour beaucoup dans l’efficacité de cette machinerie comique. Sans pour autant se priver de flirter avec la caricature, les comédiens insufflent à leurs personnages une appréciable dose d’humanité.

Intouchables

D’après le film d’Olivier Nakache et Éric Toledano. Adaptation de Emmanuel Reichenbach. Mise en scène et collaboration à l’adaptation de René Richard Cyr. Une coproduction de 9207-7569 Québec inc. et Management Encore inc. Au Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 26 avril, à la salle Pierre-Mercure du 6 au 10 mai et à L’Étoile du 20 au 24 mai.

1 commentaire
  • Louise Boisvert, Centre De Service Scolaire Des Navigateurs - Abonnée 28 mars 2015 10 h 07

    Faute à corriger svp

    C'en est navrant. Pas s'en est.