Pour qu’on entende ces voix qu’on entend peu

L’initiateur de la rencontre des Laissés Pour Contes, Pierre Chamberland.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir L’initiateur de la rencontre des Laissés Pour Contes, Pierre Chamberland.

Cela a commencé par une veillée de contes urbains entre amis : comédiens et dramaturges non pas tant néophytes que dans la marge de la marge. Durs métiers. Décelant non seulement un intérêt, mais un potentiel, l’initiateur de ladite rencontre, Pierre Chamberland, décida d’officialiser celle-ci en l’ouvrant au public. Ainsi sont nées les soirées Les Laissés Pour Contes, dont la troisième édition se déroulera à l’Usine C de Montréal du 22 au 25 janvier.

Les Laissés Pour Contes, c’est avant tout une vitrine pour les talents émergents, qualificatif galvaudé s’il en est en culture, mais qui revêt néanmoins un sens bien réel pour qui s’en réclame. Contes urbains, jungle urbaine… Jungle théâtrale ?

On n’est jamais si bien servi...

« Là je vais énoncer une évidence, mais elle n’en est pas moins vraie : il y a énormément d’artistes qu’on n’entend pas, pour toutes sortes de raisons, rappelle Pierre Chamberland, directeur artistique et fondateur. Soit ça ne fait pas assez longtemps qu’ils roulent leur bosse, soit ils ne connaissent pas les bonnes personnes, soit ils n’ont pas suivi un parcours traditionnel… À la base, c’est un milieu dans lequel il est difficile de percer. Je sais de quoi je parle. »

Autrement dit, on n’est jamais si bien servi que par soi-même. Et la désignation « Les Laissés Pour Contes » de prendre là tout son — double — sens.

« J’ai monté les deux premières éditions tout seul, mais cette année, je suis épaulé par Patrick Renaud à la mise en scène et par Kévin Bergeron à la direction de production. Le projet en bénéficie. Ce sont d’autres têtes, d’autres énergies qui s’ajoutent », se réjouit Pierre Chamberland, un acteur et auteur qui a développé sa passion pour le théâtre hors des écoles, participant çà et là à une foule d’ateliers et cumulant désormais un vrai bagage professionnel, à l’instar de nombre de pairs qui jouent ou soumettent des oeuvres, d’ailleurs.

Un genre qui plaît

« Chaque année, on lance un appel de textes via différents sites et sur les réseaux sociaux — les réseaux sociaux pallient à bien des campagnes publicitaires. Il y a aussi beaucoup de bouche-à-oreille. Bref, on fonctionne avec les moyens du bord, mais jusqu’à présent, ça va quand même bien. On rejoint de plus en plus de gens. Si, pour les éditions 2012 et 2014, on n’était pas enseveli sous le nombre de textes reçu, faute d’être connu justement, pour cette édition-ci en revanche, il y a une réelle poussée. Du coup, la sélection a été plus longue que d’habitude, mais ça, c’est un beau problème », concède M. Chamberland.

On l’aura compris, l’événement Les Laissés Pour Contes s’est rapidement imposé auprès des créateurs avides de faire entendre leur voix, et ce, dans un créneau particulièrement accommodant pour ceux-ci. On n’a qu’à penser aux désormais incontournables Contes urbains fondés par Yvan Bienvenue, présentés à La Licorne en décembre chaque année. Et le genre, visiblement, plaît suffisamment pour justifier plusieurs manifestations. À preuve : le public embarque.

Affichant d’ores et déjà complet le 22 janvier, les représentations qui devaient se terminer le 24 se sont vu ajouter une supplémentaire, le 25.

1 commentaire
  • Jules Leblanc - Inscrite 21 janvier 2015 15 h 33

    Bravo!

    De tout coeur avec vous!