Des inquiétudes sous l’abondance

Le classique Petit Pierre, de Suzanne Lebeau, est à l’affiche de la Maison Théâtre jusqu’à la fin de janvier.
Photo: Jacques Driol Le classique Petit Pierre, de Suzanne Lebeau, est à l’affiche de la Maison Théâtre jusqu’à la fin de janvier.

Quand on prend un peu de distance et que l’on regarde, de l’extérieur, la situation du théâtre pour jeunes publics, tout semble baigner dans l’huile. Depuis une dizaine d’années, le nombre de spectacles, de compagnies et de représentations a considérablement augmenté, et seules encore quelques régions du Québec n’ont pas intégré les réseaux de diffusion élaborés durant la même période. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’après des années de patients développements, la scène jeunes publics en est venue à occuper une position enviable. Bravo.

Pourtant, quand on examine tout cela d’un peu plus près, la situation est moins rose…

Ce ne sont surtout pas les spectacles qui manqueront cet hiver. Comme à l’habitude, à Montréal et en périphérie, à Québec et partout en région, la qualité et la quantité seront au rendez-vous. À la Maison Théâtre, on pourra voir ou revoir pas moins de huit spectacles, dont le classique Petit Pierre de Suzanne Lebeau (jusqu’à la fin de janvier) et le déroutant Vipérine de Pascal Brullemans (en mars).

Aux Gros Becs à Québec ce sont pas moins de neuf productions qui sont proposées aux publics de tous les âges : comme la version chorégraphiée par Pierre-Paul Savoie de Les chaises (en février) ; Ik Onkar, en mars, la création pour ados de la Catapulte et Play, un spectacle bébé de la compagnie française La boîte à sel (en mai).

Ailleurs, signalons, parmi les quatre productions présentées à l’Arrière Scène à Beloeil,
Emmac(dès le 18 janvier) de la compagnie Danse-Cité et Terrier, en mai, le nouveau spectacle des Incomplètes produit par le Gros Mécano. Quant au théâtre de l’Illusion, il participera au festival Casteliers avec sa version récente de l’opéra Philémon et Baucis tout en présentant deux autres spectacles en mars et en mai. Ouf.

Ce n’est pas tout, bien sûr, mais cette abondance cache une profonde inquiétude quant aux axes de développement des jeunes publics. À Québec, on le sait, le projet Diamant ne prendra pas forme… et les Gros Becs, le plus important diffuseur après la Maison Théâtre, sont toujours à la recherche d’un lieu décent.

À Montréal, la Maison Théâtre n’a toujours pas de confirmation ($) pour la construction de sa nouvelle salle alors que le temps presse de plus en plus. On peut même se demander si l’important projet du Carrousel et du Théâtre Le Clou se fera comme prévu. Sans parler du fait que les réseaux de diffusion ne couvrent toujours pas le Québec dans son ensemble. Conclusion ? Il faut rester plus vigilant que jamais !

Essentiels festivals

Festival de Casteliers. C’est du 4 au 8 mars que le Festival de Casteliers accueillera une douzaine de spectacles de marionnettes pour marquer sa 10e édition. On pourra y voir autant de productions pour les enfants que pour la famille tout entière. Soulignons, entre autres, le tout nouveau Ogo de la compagnie Les petites âmes et deux spectacles du Tof Théâtre de Belgique tout comme des Français de Label brut.

Petits bonheurs. Bonne nouvelle : il y aura une 11e édition du festival Petits bonheurs, début mai. Yeah ! Selon nos sources, on y accueillera une bonne douzaine de spectacles, dont plusieurs de l’étranger. Il faut saluer la résilience de l’équipe de Pierre Larivière, qui enrichit tout le secteur.