Une nouvelle donne

<em>Abeilles, habillez-moi de vous</em>, produit par la compagnie française Pour ainsi dire, qui sera sur la scène des Gros Becs en novembre, est un récit sur la pudeur et la solitude.
Photo: Patricia Leiva Abeilles, habillez-moi de vous, produit par la compagnie française Pour ainsi dire, qui sera sur la scène des Gros Becs en novembre, est un récit sur la pudeur et la solitude.

On se pince tellement la chose était impensable il y a encore quelques années. Mais ça y est : maintenant, la plupart des joueurs du secteur « jeunes publics » travaillent ensemble !

Fini les bâtons dans les roues et les empêchements de tournées, en rond ou non. Plus de chasses gardées. Plus d’exclusivités. Plutôt un même combat : celui de l’accès du plus grand nombre d’enfants, petits et grands, aux spectacles. Ouf : il était temps.

Bien sûr, il aura fallu le désengagement progressif de l’État pour que cette nouvelle cohésion se dessine : le secteur fait de moins en moins partie des priorités, et c’est bien triste. On se demande même si les projets soutenus par l’ancien gouvernement à Montréal (la nouvelle Maison Théâtre) et à Québec (les nouveaux Gros Becs) prendront forme. Sans parler de l’avenir de Petits Bonheurs…

N’empêche, ce « délestage » a changé la donne à plusieurs niveaux. Maintenant, par exemple, un spectacle étranger peut s’amener ici à l’invitation de plusieurs organismes — un diffuseur, un festival, une compagnie —, alors que c’était impossible pour toutes sortes de raison dites « stratégiques » il y a peu de temps. C’est ce qui fait qu’Abeilles, habillez-moi de vous, un des plus récents textes du prolifique Philippe Dorin produit par la compagnie française Pour ainsi dire, s’amène en novembre aux Gros Becs, à Québec, et que le spectacle sera ensuite programmé à l’Arrière Scène à Beloeil, et peut-être même — on n’a pu nous le confirmer, mais… — au festival Coups de théâtre qui prend l’affiche du 16 au 23 novembre.

De même, l’irrésistible Chübichaï, une fantaisie en pâte à modeler créée en France et qui a fait un tabac à Petits Bonheurs l’an dernier, revient à la Maison Théâtre puis aux Gros becs dès la fin septembre. Mieux encore : la toute nouvelle production du Théâtre La Catapulte destinée aux ados, Ik Onkar, passera d’abord par le Réseau Scènes en octobre avant de s’installer aux Gros Becs puis à la Maison Théâtre, plus tard en mars.

On se pince encore… et on comprend surtout qu’une compagnie — et encore plus une compagnie étrangère ! — verra toujours plus d’intérêt à tourner à travers le Québec plutôt que de jouer à un seul endroit… même trois ou quatre fois dans le cadre d’un festival prestigieux. D’autant plus que les enfants sont les premiers à profiter de cette diffusion accrue des spectacles. Tout cela est fort réjouissant, certes, mais ne peut faire oublier qu’il y a encore plein de petits spectateurs à travers le Québec qui n’ont toujours pas accès au théâtre. Un vrai drame.

Sinon, ce début de saison se fera, encore plus que d’habitude, sous le signe de l’abondance. En plus de Coups de théâtre, dont on ne connaît pas encore la programmation, mais qui présentera 17 spectacles dans une demi-douzaine de salles montréalaises, plus d’une vingtaine de productions de qualité visant les enfants de tous les âges prendront l’affiche. Vous aurez l’embarras du choix, mais nous vous suggérons ci-contre quelques incontournables.

À ne pas rater

L’éternelle fiancée du docteur Frankenstein, de la Cordonnerie de Lyon. Un bel exemple du travail de cette compagnie unique en son genre ; dans les grandes salles du Réseau Scènes autour de Montréal dès la fin d’octobre.

Ma mère est un poisson rouge, de l’Avant-Pays. La production a remporté le prix Roseq-Rideau 2014. Sur le Réseau Scènes dès la fin de septembre.

Suites curieuses, de Cas Public. Un premier spectacle pour les enfants dès 2 ans. Cinquième salle, fin décembre.