Un sans-faute un peu trop long

Scène des Chroniques du laboratoire Unik
Photo: Louis Longpré Scène des Chroniques du laboratoire Unik

Tout commence avec de la bande dessinée, projetée sur le rideau noir du fond de la scène. Dans les cases ? Des expériences un peu folles, minutieusement numérotées, qui illustrent au crayon le pire. Il y a des éprouvettes, des explosions, des décharges électriques et un scientifique fou qui, avec ses précipités, va accélérer les mutations de ses cobayes et de sa personne : l’un a les jambes qui poussent. L’autre est écrasé par la gravité alors qu’un troisième attrape le quotient intellectuel d’une huître osant se l’ouvrir, comme dirait l’autre, en dehors des mois en « bre ».

 

La lumière se fait et les créatures des planches dessinées apparaissent en chair et en os sur celles du théâtre La Chapelle, dans un laboratoire à l’esthétique étrange, quelque part aux confins des mondes imaginés par Burton (Tim), Gilliam (Terry) ou les bédéistes Peteer et Schuiten, avec un peu de Cornemuse (l’émission narcoleptique pour enfants) dans le fond à gauche. Sur un fond musical inspiré des films de cape et d’épée, une nouvelle expérience va alors s’organiser, faisant sortir d’une boîte une ballerine athlétique avec un peu trop de jambes pour être honnête.

 

Sorte de théâtre sans mot, un peu cirque sur les bords, Les chroniques du laboratoire Unik, présentées actuellement dans le cadre du festival tout aussi éclaté et décalé Zoofest, proposent une heure d’incursion dans la frénésie d’un mélange des genres où les références au cinéma d’action et d’horreur rencontrent les codes de la bédé, du dessin animé et du spectacle acrobatique de rue. Le tout est orchestré avec une efficacité redoutable et une maîtrise des chorégraphies par le LaboKracBoom, une troupe d’artistes sherbrookois, qui est en arrière de cette proposition artistique.

 

Le propos est assez simple : une créature construite de toutes pièces qui prend rapidement le dessus sur son créateur. Mais il finit par s’étirer un peu en longueur, sans doute faute d’un autre ingrédient capable de donner au mélange une fluidité accrue afin d’enrayer la cristallisation.

Les chroniques du laboratoire Unik

Avec : Cyril Assathiany, Simon Durocher-Gosselin, Bruno Gagnon et Élise Legrand. Au théâtre La Chapelle, les 19, 20 et 21 juillet, à 20 h 30 ou 22 h.