Une inspiration pour les artistes

Émilie Corriveau Collaboration spéciale
Claude Poissant
Photo: Source Dominique Chartrand Claude Poissant

Ce texte fait partie du cahier spécial Festival TransAmériques

Événement international de création contemporaine amalgamant les disciplines et les courants artistiques, le FTA inspire chaque année la pratique de nombreux artistes.

Une bonbonne d’oxygène, selon Anne-Marie Cadieux

 

Passionnée de théâtre, la comédienne Anne-Marie Cadieux apprécie le FTA depuis sa création. En 1985, elle y voit la pièce Through the Leaves, de Franz Xaver Kroetz, et en ressort passablement marquée. « Je m’en souviens encore. Ça a eu un impact majeur sur ma façon de voir le jeu et le théâtre. Ça m’avait beaucoup parlé ! »

 

Spectatrice assidue depuis, elle considère le FTA comme un important témoignage des courants émergents à l’international. Comparant le Festival à une bonbonne d’oxygène, elle souligne que l’événement constitue un important ressourcement pour les artistes qui le fréquentent. « Le FTA ouvre des portes, il remet en question l’esthétique, il interroge les fonctions. Comme praticienne, il me permet de voir jusqu’où je peux aller. Ça me confronte aussi. Et ça me donne vraiment une énergie nouvelle ! Pour moi, c’est non seulement une superbe façon de découvrir la pratique contemporaine, mais également le monde dans lequel on vit. »

 

Tourner son regard vers l’autre, dit Claude Poissant

 

Claude Poissant découvre le FTA en 1985. « Le Festival arrivait tellement à point, se souvient le metteur en scène. À l’époque, le théâtre québécois avait vraiment besoin de s’ouvrir à l’international et d’arrêter de se regarder le nombril. Il fallait aller voir ailleurs ce qui se faisait parce qu’on était trop centrés sur nous-mêmes. »

 

Trente ans plus tard, Claude Poissant estime que le FTA est toujours aussi salvateur pour le théâtre québécois. Il croit que sa programmation bousculant les a priori a tout pour faire évoluer les pratiques, mais également, les mentalités. « C’est un festival d’une importance capitale. Le dépaysement que nous propose le FTA me semble toujours un grand pas vers l’ouverture. On se trouve devant des propositions qui nous transforment, nous étonnent, etc. Par leur finesse ou leur démesure, elles nous permettent de remettre en question la scène, les formes et les contenus. Elles nous donnent aussi des ailes pour contacter l’autre, pour se rapprocher de lui. Elles permettent d’évacuer les peurs et favorisent la tolérance. »

 

Propos recueillis par Émilie Corriveau, collaboratrice

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