Belles Soeurs: The Musical

Neil Bartram, Daniel Bélanger, René Richard Cyr et Brian Hill
Photo: Andrée Lanthier Neil Bartram, Daniel Bélanger, René Richard Cyr et Brian Hill

Après avoir connu le triomphe que l’on sait depuis sa création en 2010, le théâtre musical Belles Soeurs, inspiré de la pièce de Michel Tremblay, revivra dans une incarnation anglaise. Le Centre Segal de Montréal, qui présentera cette nouvelle mouture lors de sa saison 2014-2015, en a fait l’annonce jeudi.

 

« Après quatre ans de travail acharné, nous avons réussi à adapter et à structurer cette comédie musicale pour le marché anglophone, tout en gardant l’esprit original de la pièce », a assuré le producteur Allan Sandler.

 

Même son de cloche du côté de Neil Bartram et Brian Hill, qui signent l’adaptation entérinée par le dramaturge. « Nous avons toujours admiré l’oeuvre de Michel Tremblay et particulièrement Les belles-soeurs. À la première écoute du travail accompli par René Richard [Cyr] et Daniel [Bélanger], nous avons été profondément émus. Il était clair qu’il fallait rester près de la nature de l’oeuvre initiale tout en l’emmenant ailleurs. »

 

Basé à New York, le tandem a ses entrées à Broadway. En coulisse, on espère voir Germaine, Linda, Marie-Ange, Rose, Des-Neiges, Yvette, Gabrielle, Lise, Lisette, Thérèse, Olivine, Angéline, Rhéauna, Ginette, sans oublier la scandaleuse Pierrette, chanter un jour sur la mythique « Great White Way ».

 

À cet égard, la langue a beau changer, les noms et le contexte québécois sont préservés. Belles Soeurs : The Musical relèvera toutefois davantage de la formule américaine. Ce qu’avait sciemment évité René Richard Cyr. Il assurera pourtant la mise en scène.

 

Un public différent

 

« Avant de procéder à l’adaptation comme telle, on a fait faire une traduction pour une lecture publique à Toronto, a-t-il confié au Devoir. Grâce à la popularité de la pièce de Michel, tout le gratin du théâtre canadien était là et leurs commentaires à Allan étaient extrêmement positifs en ce qui a trait à la puissance de l’oeuvre et à la force des chansons, à l’impact de 15 femmes sur scène, etc. Sauf qu’ils s’entendaient tous pour dire que s’il souhaitait obtenir un gros succès, Allan devait passer du théâtre musical au “ musical ” pur, avec les codes qui vont avec, et que le public anglophone connaît et apprécie. Par exemple, nous, on commençait par une grande scène dialoguée alors que dans un musical, non, tu commences par une chanson. »

 

On a toutefois fait fi de certaines conventions, et pas des moindres, par souci d’intégrité. On pense au dénouement heureux, obligé dans la comédie musicale traditionnelle, qui n’a pas été infligé aux belles-soeurs.


« Au fond, c’est comme pour Céline Dion. Quand elle chante en français, on lui demande de l’intériorité et de la retenue, alors qu’en anglais, il faut qu’elle pousse au max […] Pour Belles Soeurs, c’est sûr que j’avais des craintes, mais au bout du compte, je me suis dit “ pourquoi ne pas l’essayer ? ” Je préfère regretter quelque chose que j’ai fait plutôt que quelque chose que je n’ai pas fait », conclut René Richard Cyr avec sa franchise habituelle.

 

Lorsqu’une oeuvre aborde des enjeux universels, elle n’en voyage que mieux. La pièce de Michel Tremblay a beau se dérouler dans un appartement du Plateau Mont-Royal au milieu des années 1960, ses 15 personnages féminins réunis à l’occasion d’une séance de collage de timbres primes sont affligés, et s’infligent, des tourments qui ont été joués — et qui ont résonné — dans plus de 25 langues. Pourquoi en irait-il autrement de la version musicale ?