Bref mais intense

Le texte <em>Dormeurs</em>, de l’États-Unien Christopher Shinn, avec Alexandre L’Heureux et Serge Mandeville sur scène, est aussi cru que sensible.
Photo: Alexandre Trudeau Le texte Dormeurs, de l’États-Unien Christopher Shinn, avec Alexandre L’Heureux et Serge Mandeville sur scène, est aussi cru que sensible.

Six ans que Serge Mandeville et Véronick Raymond organisent leurs réjouissants spectacles de courtes pièces. Les soirées Théâtre tout court misent sur l’essentiel : le texte et le jeu. Il arrive qu’on s’ennuie, mais jamais plus de dix minutes. Il arrive aussi qu’on fasse de surprenantes découvertes.

 

La 12e mouture réunit neuf textes québécois et un texte états-unien. Si plusieurs de ces pièces sont drôles, voire désopilantes, certains auteurs ont osé choisir l’étrangeté, provoquer les grincements de dents, dresser un vertigineux portrait de société. Certains, plus courageux encore, ont emprunté la voie du drame en abordant des sujets aussi inconfortables que la maladie, la vieillesse et le deuil.

 

Dans le texte de Jean-Marie Lelièvre, il est question de jeans, de cul, de magasinage et de prostitution. C’est plus ou moins efficace dramatiquement, mais pas dénué de vérité. Olivier Rousseau, pour sa part, met en scène l’infidélité d’un couple de garçons. C’est cocasse, sans plus. Amusante et rythmée, la pièce de Nathalie Doummar se déroule dans une fête prénatale qui tourne au vinaigre.

 

À partir d’un fait divers tragique, Julie-Anne Ranger-Beauregard traite de la ville et de la banlieue, du sens de la vie et de celui de la mort, mais plus encore de l’absolu qui devrait entourer l’amour. La pièce de Catherine Léger frappe fort et juste. Deux amies avinées discutent des rôles sexuels et sociaux jusqu’à ce que leurs échanges expriment le désarroi auquel le capitalisme condamne les êtres.

 

Romance entre une comédienne vieillissante et un jeune admirateur, la pièce de Stéphane Tremblay est portée par une douce nostalgie. Sarah Berthiaume donne quant à elle une fantaisie, une petite merveille d’irrévérence et de drôlerie. Le texte de l’États-Unien Christopher Shinn, traduit par Mandeville, est aussi cru que sensible.

 

Sébastien Rajotte a imaginé une improbable rencontre autour d’une trempette, un dialogue rempli d’irrésistibles ambiguïtés. La soirée se termine par un monologue de Véronique Grenier, le poignant témoignage d’une mère de famille revenue d’un séjour en hôpital psychiatrique.


Collaborateur

Théâtre tout court XII

À la Petite Licorne jusqu’au 1er mars. La 13e édition se tiendra au même endroit en juin prochain.