Les vraies affaires

Dans Autopsie d’une napkin, Erika Tremblay-Roy met en scène une famille naufragée.
Photo: Dominique Lafond Dans Autopsie d’une napkin, Erika Tremblay-Roy met en scène une famille naufragée.

Pas nécessaire de regarder longtemps, même de loin, pour saisir que cette deuxième portion de saison sera consacrée aux « vraies affaires ». À Montréal, comme dans la Vieille Capitale, et en périphérie des grands centres comme un peu partout au Québec grâce au réseau l’Aventure T, les enfants petits et grands se verront proposer plusieurs sujets de réflexion particulièrement « chauds ».

 

À la Maison Théâtre, dès le 15 janvier, les préados (dès 11 ans) ont rendez-vous avec la famille naufragée d’Autopsie d’une napkin d’Erika Tremblay-Roy. Si vous vous interrogez sur le pourquoi de la napkin, sachez que c’est le support sur lequel l’ado de la famille décrit la vie des gens qui jouent à être heureux autour d’elle.

 

Mi-mars célèbre le retour du Grand méchant loupde Jacqueline Gosselin. Cette production du DynamO Théâtre qui vise les 6 à 12 ans met en scène trois personnages tentant d’affronter et de vaincre leurs peurs. Début avril, sur le même registre et pour les enfants de la même tranche d’âge,
Les mains de mon père, de Serge Marois, propose un fort beau texte sur l’absence du père. Enfin, en avril, les 8 à 12 ans se voient invités à tout quitter pour changer le monde dans La ville en rouge de Marcelle Dubois.

 

Audaces, etc.

 

C’est cependant la programmation de l’Arrière Scène de Beloeil qui se montre la plus audacieuse. Tout débute dans quelques jours avec le nouveau texte de Simon Boulerice,
Tout ce que vous n’avez pas vu à la télé, qui s’adresse aux enfants de 10 ans et plus. Ici, des papas amoureux racontent à leurs deux fils blasés à quel point la vraie vie peut être plus stimulante que la télévision… La production fera le tour des Maisons de la culture dès la fin février.

 

Toujours à Beloeil et avant de s’installer plus tard aux Gros Becs à Québec, Bouches décousues et Erika Tremblay-Roy invitent ensuite les enfants de 7 à 11 ans à se pencher, dans Petite vérité inventée, sur la difficile étape de la séparation des parents.

 

Puis coup sur coup, fin mars, deux autres productions-chocs. Devant moi le ciel, de DynamO Théâtre parle d’exil, de résilience et d’ouverture aux 10 ans et plus. Alors qu’Un monde qui s’effacede Naomi Wallace, une production du Théâtre Bluff destinée aux ados de 14 ans, revient sur la guerre en Irak et l’occupation américaine, Harold Rhéaume, à la chorégraphie, et Laurier Rajotte, à la musique, épaulent Sébastien Harrisson à la mise en scène.

 

Du côté de Québec, chez nos amis des Gros Becs, notons deux spectacles qui vont exactement dans le même sens. En février, Conte de la neige, de Philippe Soldevila, parle aux 9 ans et plus d’exil et de construction d’identité. Et à la mi-avril, David Paquet et Benoît Vermeulen du Clou invitent les ados, dans
Appels entrants illimités, à trouver leur place dans un monde où les stimulations en tous genres envahissent la vie de tous les jours. Ouf !

 

Tout cela ne devrait pas nous faire oublier, en mai, la dixième et peut-être la dernière édition de Petits bonheurs, le festival des tout-petits du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Quelqu’un peut-il expliquer comment on peut regarder couler un tel bateau le sourire aux lèvres en prétendant le contraire ?

 

Collaborateur