Une magie toute simple

L’intérêt de la pièce est moins dans l’action que dans le comment elle s’incarne dans le mouvement des marionnettes.
Photo: Margo Ellen Gesser L’intérêt de la pièce est moins dans l’action que dans le comment elle s’incarne dans le mouvement des marionnettes.

À la naïveté charmante des petits contes de l’auteur américain Eric Carle, le Mermaid Theatre de Nouvelle-Écosse appose sa technique magique de la lumière noire. Résultat : La chenille qui fait des trous et autres petits contes est l’un des spectacles canadiens pour la famille les plus applaudis sur les scènes du monde où il tourne depuis 1999.

 

La Maison Théâtre l’accueille pour la deuxième fois. La pièce apparaît d’abord un peu simpliste avec sa narration élémentaire appliquée à un théâtre d’objets déployé très lentement. Destiné aux 3 à 7 ans, vraiment ?

 

On est ensuite captivé par son procédé. Le festin de couleurs vives, quasi irréelles, que déballent le décor et des personnages donne brièvement l’impression d’être devant des projections. Mais ceux-ci ont trop de corps pour vivre en aplat et se révèlent de véritables marionnettes qui ressemblent à des collages d’enfants en trois dimensions. Et elles sont manipulées par des fantômes — les marionnettistes vêtus de noir deviennent invisibles sous les ultraviolets auxquels recourt cette technique. Une magie qui fait mouche.

 

Le récit du caméléon Méli-Mélo déclenche particulièrement les rires des petits spectateurs avec ses couleurs changeantes et sa démarche un peu bancale, rythmée par la trame musicale de piano.

 

L’histoire se déploie en petites actions très simples. En visite au zoo, le caméléon voit défiler les animaux un à un et veut alors être gros comme l’éléphant, faire rire les enfants comme les phoques, avoir un panache comme le cerf. En s’affublant d’un trait propre à chacun, il devient si mélangé qu’il ne peut même plus manger. Avant, on aura vu un petit nuage adopter toutes les formes imaginables avant de se joindre à ses semblables dans le ciel. La pièce se termine sur le récit de la chenille qui fait des trous dans tous les fruits qu’elle croise pour tenter d’apaiser sa faim insatiable.

 

Au final, l’intérêt est moins dans l’action que dans le comment elle s’incarne dans le mouvement des marionnettes.

 

Eric Carle a écrit et illustré plus de 70 livres pour enfants, après avoir été designer graphique pour le New York Times et directeur d’une agence de publicité. Ses ouvrages exploitent joliment l’art du collage. Un musée lui est d’ailleurs consacré au Massachusetts. Le Mermaid Theater jouit d’une belle réputation à l’échelle mondiale pour ses adaptations théâtrales de livres pour enfants.

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